Sophie Bazin
1 mai 2014 - Non classé commentaires   //   2681 Views   //   N°: 52

« Migratrice comme les oiseaux »

#SophieBazin, photographe et plasticienne, est Mary-des-ailes quand elle travaille avec les enfants et Soa Hélène quand elle écrit… une touche à tout. Médecin de formation, c’est au hasard des rencontres qu’elle avoue avoir diversifié ses pratiques dans les arts plastiques : « Pour la peinture à l’huile, j’ai été formée par une voisine dont l’atelier était près de chez moi… » Bricoleuse et adepte des installations dans le paysage, elle travaille principalement trois matériaux : la paraffine, la ficelle et la plume. Avec l’écrivain #JoharyRavaloson, l’homme qui partage sa vie, elle est aussi l’initiatrice du mouvement artistique Dodo, héritier en partie du dadaïsme. Inspirée par tout ce qui est aérien, elle compare volontiers son mode de vie à celui des oiseaux migrateurs : « On connaît peu de pays, mais on va toujours aux mêmes endroits, régulièrement, comme les oiseaux… »

Volant à tire d’ailes d’une création à l’autre, c’est aussi une artiste des plus fugitives quand il s’agit d’afficher son œuvre de plasticienne : sa dernière exposition remonte à 2011, à l’hôtel #LeLouvre.

« Vava be »

(2003 – ficelle, oxyde de fer, colle, grillage, fer à béton)

 

« Cette forme de pirogue est intéressante, à la fois navette et navire pour passer d’un monde à l’autre. La bouche renvoie au discours (kabary) qui est très important à Madagascar… La pirogue est devenue récurrente dans mon travail.

L’an passé j’en ai fait une grande avec les élèves du collège de Toliara. La toute première que j’ai faite fut installée dans l’atelier de travail d’Olombelo Ricky. »

« La revanche des dodos »

(2013, papier mâché, carton)

 

« En 2013, lors du Leu Tempo Festival à la Réunion, on a travaillé avec les enfants sur le projet Mobilododo : je leur ai fait réaliser 800 dodos en carton, dans l’idée de mettre en scène la revanche des dodos.

On sait qu’ils ont été mangés jusqu’au dernier, en cinquante ans, par les premiers explorateurs de l’île Maurice. Là c’est leur revanche, on les a installés sur des barquettes de bambous, suspendus à hauteur d’homme : pour pouvoir pénétrer dans l’espace, les visiteurs se faisaient forcément taper par les dodos. C’est comme la planète, on ne commence à s’en soucier que quand on prend des claques dans la figure… »

« Fraternité »

(2009 – soga, acrylique, 2 x 3 m)

« Chez les Zafimaniry, où je me rends souvent, j’ai réalisé que la société traditionnelle perdure loin des axes routiers. Chez eux le lien de fraternité est très fort. Même si on est un étranger de passage, on devient immédiatement un membre de la communauté.

J’ai commencé par des toiles où figurent des gens de la même génération et souvent du même sexe : ce sont Neny Lisy et Neny Bozy (aujourd’hui décédée). Elles se connaissaient, mais n’habitaient pas le même village. Je trouvais que leurs visages s’accordaient bien. »

A LIRE AUSSI
COMMENTAIRES
Identifiez-vous ou inscrivez-vous pour commenter.
Fermer