Armelle Estève
15 septembre 2014 - Cousins-cousinesNo Comment   //   6391 Views   //   N°: 56

Hira gasy et hip hop

Si tous les rythmes malgaches l’imprègnent depuis son plus jeune âge, la sensibilité artistique d’Armelle l’amène maintenant à concocter d’audacieux mélanges de cultures. Quand le hip hop du Bronx rencontre le hira gasy des hauts plateaux, le tout à La Réunion

Armelle Estève est tombée dedans quand elle était tout petite. A savoir l’association culturelle Ny Valiha  (La Valiha) où se retrouvent de nombreux membres de sa famille et amis, dont sa maman malgache, et qui existe depuis 17 ans. Armelle en a maintenant 18 et n’a jamais quitté cet environnement, assistant à toutes les répétitions, participant à chaque spectacle de l’association, aussi bien à La Réunion qu’à Madagascar. Elle est montée sur la grande scène de FetyGasy les huit dernières années, a défilé pour présenter les créations de l’atelier de couture de Lalasoa d’Antsirabe, et coache les plus jeunes danseurs de l’association, tout comme ses aînés l’ont fait avant elle. Professionnellement, Armelle se destine à être expert-comptable. « Je me demande si mon obsession pour les chiffres est en rapport avec le nombre de pas de danse que j’ai compté depuis mon plus jeune âge », se plaît-elle à relever.

Si le salegy et ses rythmes endiablés n’ont plus de secret pour elle, c’est à travers les chants et les danses traditionnelles malgaches que la jeune fille continue à s’épanouir. La venue du groupe Voninavoko à La Réunion en 2013, formation créée dans les années 70  et reconnue patrimoine vivant de l’Unesco en 2007, a permis à Armelle et aux autres membres de l’association d’organiser un stage intensif afin de revisiter les vakodrazana et hira gasy traditionnels, en vue d’enrichir les spectacles de l’association. Eclectique, Armelle affectionne le « côté moderne et américanisé » des shows de Black Nadia ou de Stéphanie. Récemment, elle a été choisi pour participer en tant que danseuse au dernier clip de Judygasy (déjà présenté dans No Comment). Hymne à la beauté malgache dont Armelle est l’une des ambassadrices, le morceau Gasy ka manja est joué et chanté par quelques artistes expatriés à La Réunion : Haja, Warda Métis, Dadah, Sandr’yah, Maryah ou Benja Mahavanona. Armelle ne quitte donc jamais la danse. Son compagnon donne des cours de hip hop et partage avec elle sa passion pour ce mouvement culturel urbain. A l’occasion d’un des spectacles de l’association  Ny Valiha, ils ont présenté un duo mélangeant « les acrobaties les plus gracieuses de la danse hip hop et la musique traditionnelle malgache ». Audacieux, novateurs, Armelle et son compagnon continuent à imaginer des passerelles entre la culture originaire du Bronx new-yorkais et celle des verts pâturages des Hauts Plateaux.

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