Medair
14 novembre 2014 - Tribune commentaires   //   1928 Views   //   N°: 58

Les opinions exprimées dans cette page n’engagent que leurs auteurs. no comment® se désolidarise de tout contenu politique ou religieux, sectaire ou partisan.

Opération eau propre

Le projet Rano Tsara 2 prévoit la construction et la vente de 800 latrines sèches améliorées et de donner à 125 700 utilisateurs un accès à l’eau propre. Les populations isolées de l’Analanjirofo utilisent jusqu’à présent l’eau de puits contaminée ou l’eau de rivière pour leurs besoins.

« Nous ne craignons plus que les déchets se répandent en cas d’inondation »

Medair est une ONG d’aide d’urgence et de reconstruction suisse qui est intervenue pour la première fois à Madagascar en 2002 pour répondre aux effets ravageurs du cyclone Kesiny. En 2006, Medair a décidé de s’établir dans la région d’Analanjirofo (districts de Maroantsetra et Mananara-Nord) pour y mener un projet d’eau, d’hygiène et d’assainissement financé en partie par l’Union européenne. Dans le cadre de ce projet (Rano Tsara 2 – eau propre en malgache), Medair, s’attelle aux problèmes que causent l’eau sale et l’absence de structures d’assainissement chez les populations les plus vulnérables de Madagascar.

Débuté en 2013 dans la région d’Analanjirofo, Rano Tsara 2 prévoit la construction et la vente de 800 latrines EcoSan (latrines sèches à doubles fosses avec séparation de l’urine) améliorées. Améliorées car elles comportent un cabinet de douche adjacent à la latrine (d’où son surnom : kabone ladosy) et une aération supplémentaire pour un meilleur séchage des matières fécales. Un modèle inédit jusque-là. Medair prévoit également de donner à 125 700 utilisateurs un accès à l’eau propre. L’objectif de Medair est triple : équiper les populations d’infrastructures durables, former les artisans locaux sur la construction de ces infrastructures afin de les vulgariser et sensibiliser les communautés aux problèmes d’hygiène par des spectacles ambulants de marionnettes et ciné-mobiles et par la formation de volontaires villageois dont le travail est d’éduquer leurs voisins.

Dorice, bénéficiaire d’une latrine subventionnée à Maroantsetra, nous raconte : « Nous avons acheté notre latrine après avoir assisté à une sensibilisation faite par Medair. J’ai été convaincue que ma famille avait besoin de cette latrine parce qu’elle allait éviter la propagation des microbes autour de la maison et surtout qu’il n’y avait pas ou très peu d’odeur qui en émanait. Ça répondait à un réel besoin pour ma famille car les odeurs étaient source de conflits avec les voisins. De plus, nous ne craignons plus que les déchets se répandent en cas d’inondation comme c’est le cas avec les latrines traditionnelles. »

Des hommes comme Germain, Félicien ou Barthélémy, entrepreneurs locaux, vous diront que la venue de Medair est salutaire. Selon eux, l’approche qui vise à renforcer les capacités des entreprises locales est essentielle afin de développer l’économie locale en créant de l’offre et de la demande. Le projet va permettre à de nombreux ouvriers de gagner leur vie et nourrir leur famille. À terme, notre espoir est de quitter la région en laissant des infrastructures gérées par des communautés locales autonomes aux mentalités et comportements changés. Pour plus d’informations sur le travail de Medair à Madagascar ou dans le monde : http://relief.medair.org/

COMMENTAIRES
Identifiez-vous ou inscrivez-vous pour commenter.
Fermer