Spesialista : Hou la gado… la gadoga !
5 octobre 2015 - Cultures Music Musiques commentaires   //   2149 Views   //   N°: 69

Les vétérans du hip hop étaient en mode veille depuis pas mal de temps. Ils signent aujourd’hui leur grand retour avec deux nouveaux clips et un quatrième album programmé pour avril prochain. Au programme, de la « gadoga »… de la vraie vraie « gadoga » qui éclabousse comme il faut ! 

« Ô ry zazavavy iny e, andray aza hilaozanao aho » (Ô jeune fille, ne me quitte pas), tiré du titre Antson’ny manina, est sûrement une de leurs chansons les plus reprises par les petits comme par les grands. Un de ces rares groupes qui font vraiment l’unanimité des générations. Absents des scènes malgaches depuis quelques années, les membres du groupe Spesialista sont pourtant toujours actifs et toujours en quête de « nouvelles propositions musicales ». La preuve, ils viennent de sortir deux nouvelles créations qui sont déjà diffusées sur la toile. Ils ont également participé à la première édition de Tana Culture Fest en septembre dernier, initiée par Hanitra Rasoanaivo de Tarika Be, et préparent pour l’heure leur quatrième album.

Tix (auteur-compositeur, percussions et farara (pipeau), Baba (guitariste et chanteur), Jaigy (percussions et maracas), Hugues (kabôsy), Billy (basse) et Piu (valihy et trompette), n’ont donc pas chômé. « Nous avons donné de nombreuses représentations ces derniers temps, mais plutôt dans les campagnes, sans parler des cabarets. Et bien sûr, on écrit et compose toujours », souligne Billy alias Mbolatiana Raharisoa, le leader du groupe. Connus d’abord comme des danseurs hip hop dans les années quatrevingt- dix sous le nom de The Spesialist, les six membres du groupe ont pas mal tourné à l’époque dans l’océan Indien, en Afrique de l’Est et en Europe, notamment dans le cadre du Tana Cergy Théâtre Hip Hop avec le groupe Trafics de Styles de Cergy-Pontoise, en région parisienne.

A partir de 1995, il ajoute la composition musicale à leurs prestations. « Comme on joue tous d’un ou plusieurs instruments, passer à la musique était une suite logique. Les instruments traditionnels, en particulier, nous ont aidés à trouver notre style, car on a très vite débordé le cadre du rap. » Un rap qu’ils mélangent désormais au sôva, un art oratoire malgache proche du jijy sakalava et du hira gasy. Ce style nouveau est baptisé gadoga ou gadona gasy (tempo malgache) et dans la foulée, ils prennent le nom de Spesialista. « Quand on était dans le trip hip hop, on voulait un nom qui sonne américain, c’était à la mode. Mais Spesialista, ça nous plaît davantage, ça nous ressemble plus. »

Le groupe a sorti trois albums, Mandona 2000 (2000), Gadoga (2003) et Gadoga II (2006), puis plus rien depuis ! Un long silence discographique de dix ans, qui devrait s’interrompre en avril prochain avec la sortie programmée de leur quatrième opus. « On peut nous définir comme un groupe de world music. On mélange le traditionnel et le moderne, mais avec discernement, sans que l’un ou l’autre ne perde son identité. » Ainsi, Le style gadoga est boosté au reggae, au blues et au folk, avec toujours des très engagés où s’entrechoquent préoccupations environnementale, politique et sociale. « On transmet un héritage. Pour savoir où l’on va, mieux vaut savoir d’où l’on vient. » Paroles de spécialistes !

Spesialista (Billy Raharisoa) : 034 04 478 88

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