Ralava car wash
1 juillet 2013 - Métiers commentaires   //   1149 Views   //   N°: 42

Grâce à ses tarifs compétitifs, son sens de la communication et son coup de chiffon magique, Ralava le laveur de voitures ne manque pas de clients sur ce parking d’Ampefiloha. Un métier où il ne faut avoir pas peur de se mouiller, admet-il.

Il est 6 heures du matin, il fait à peine 10 °C. Brume sur la ville, on se les pèle. Ralava, 35 ans, et Toky, son associé, sont déjà devant la Bibliothèque nationale d’Ampefiloha, prêts à fonctionner avec leurs seaux, leurs éponges et tout l’attirail du laveur de voitures. Un boulot qu’ils font ensemble depuis cinq ans.

« Aux États-Unis ils ont les car wash automatiques, chez nous tout est à la main. Mais c’est passionnant de rendre une voiture propre comme un sou neuf, de la faire briller de tous ses chromes », lance Ralava, Herizo Ralaivao pour l’état civil. « Ce qui me plaît surtout, c’est d’être à l’air libre et de ne pas avoir un chef qui me gueule dessus à longueur de journée. Mon chef, c’est le client, quand il me confie sa voiture, c’est comme un contrat entre nous. » Un travail où il ne faut avoir peur de se mouiller, sinon plutôt rentable.

« Les bons jours, je me fais dans les 12 000 ariary, de quoi remplir la marmite. Je ne me plains pas. Moi à la base j’ai aucun diplôme. » Un assez bon chiffre d’affaires finalement pour un petit métier. Il faut dire qu’il est assez conciliant sur les tarifs. Chez lui, le lavage complet (intérieur et extérieur) est à 4 000 Ar pour une voiture de ville standard, 6 000 Ar pour un 4×4, 7 000 Ar pour un minibus et 10 000 Ar pour une camionnette. L’investissement en matériel est léger : deux seaux, trois 

chiffons et trois sachets de savons en poudre par jour. « L’eau, je l’ai gratuitement à la borne-fontaine. Tout le reste, c’est de l’huile de coude… Faut pas être fainéant dans ce métier… »

7 h 30, un gros 4×4 noir Nissan s’arrête devant lui. Son premier client de la journée. Le conducteur, un homme tiré à quatre épingles, sort sa tête de la vitre : « Tu peux me laver ma voiture vite fait ? J’ai un rendez-vous au bureau dans une heure. » « T’inquiètes, c’est comme si c’était fait », répond Ralava. À les entendre parler, c’est clair qu’ils sont familiers. « Il a un gros poste dans les assurances. Cela fait des années qu’il fait appel à moi pour laver sa voiture. Rien qu’à moi. Et pas radin sur le pourboire. » Tout en bichonnant la carrosserie, les vitres et le pare-brise, il échange avec le patrô (patron) les derniers potins du quartier, avant de passer aux faits divers et aux chiens écrasés dans les journaux.

« Par respect, j’appelle tous mes clients patrons. Chez moi, tout le monde est sur le même pied. La 2 CV ou le 4×4 de l’année, je ne fais pas la différence. » C’est sans doute pour cela que son service est si demandé sur ce parking où les clients se succèdent. En 40 minutes chrono, le véhicule est éclatant, les pare-chocs nickel. « Si mes clients me sont fidèles, ce n’est pas seulement à cause de mes tarifs, c’est aussi parce que je suis un maniaque de la propreté. On m’appelle Monsieur Propre, c’est dire ! » Et pour rien au monde il ne voudrait entacher une si belle réputation.

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