Quarante millions d’années sans femmes
9 mars 2013 - Cultures FombaNo Comment   //   906 Views   //   N°: 38

8 mars, journée mondiale de la femme. Il a fallu attendre 1975 pour que l’ONU reconnaisse qu’il y a des femmes dans le monde et qu’il n’y a pas d’État sans femmes.

Les hommes font la force des armées, certes, encore faut-il en produire. Rien que pour le si nécessaire processus de renouvellement de l’espèce, les femmes devraient avoir un statut spécial, très spécial et non pas seulement d’ordre honorifique ou sentimental.

Mais comme elles ont préféré être des déesses plus occupées à se peinturlurer et à se faire désirer qu’à prendre une part active à la marche du monde, elles n’ont qu’à s’en prendre à elles-mêmes si la planète a longtemps tourné sans elles.

L’humanité a donc vécu depuis trois ou cinq millions d’années sans femmes, ou entre 40 000 et 500 000 ans si on se réfère à l’apparition des premiers animaux à notre (vague) semblance. L’Homo sapiens ne connaissait rien à la mécanique automobile, comme les femmes au volant, mais il savait très bien fabriquer un biface ou des pointes de silex, un peu plus tard, voire produire du feu. Il était donc utile et nécessaire.

Il n’y avait plus que lui, la femme était reléguée au sérail et vouée au plaisir du seigneur et maître.

Même le lexique y met son grain de sel. Quand l’homme est-il apparu sur terre ? La bonne blague ! Comme s’il était apparu tout seul. Il y a combien d’hommes sur la terre ? Il n’y a pas que les hommes.

Qu’importe, on parle d’Homme pour parler de l’humanité, mot féminin, et pour parler d’un monde au masculin. Combien de millions d’années ou de 8 mars passeront encore pour renverser une tendance d’origine ?

Avec la malignité d’Ève, notre grand-mère, la femme aura tout fait pour échapper aux corvées dangereuses mais nécessaires, comme chasser et affronter les mammouths, ou les ancêtres des tyrannosaures aux dents longues, pour la pitance quotidienne. L’homme s’est payé sur son dos, et de fil en aiguille a été, lui aussi, à l’origine du partage du travail.

La femme assure tout ce qui est ennuyeux, le ménage, la cuisine, la corvée d’eau, la garde des enfants ou le portage. Les « civilisés », l’engeance onusienne ou droit-de-l’hommiste (!) s’insurge quand, dans des forêts vierges ou dans une savane à l’africaine, l’homme marche devant sa famille, son arme à la main et comme s’il se promenait, alors que sa femme ploie sous la charge du déménagement.

L’explication est simple, la femme se « sacrifie » pour que Monsieur ne laisse pas sa petite famille se faire surprendre par un lion mangeur d’homme. Il faut admettre qu’il y a tout de même des abus, dont une grande part de flemme et de frime.

Alors le 8 mars, c’est pour quoi exactement ? L’autonomie des femmes, le droit de vote, l’égalité des genres ou le combat contre les violences conjugales, et on en oublie la révolution du bikini, du porte-cigares, de l’amour libre ou de la femme libérée et bien d’autres choses encore. Comment la célébrer, cette fameuse journée ? En 1998, les soviétiques ont inauguré leur premier 8 mars par un concours de beauté. Qui a dit que les staliniens n’ont pas de coeur ?

 

Par Mamy #Nohatrarivo

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