Ni fous d’amour ni fous d’idées
3 février 2015 - FombaNo Comment   //   2111 Views   //   N°: 61

La violence fait partie des choses de la vie et, même, participe de l’amour.
L’amour brûle et comme la violence, ce n’est pas normal.
Car aimer, c’est alors prendre goût à la souffrance faute de laquelle l’intéressé(e) mourrait d’ennui.
Cette année 2015, la Saint-Valentin aura été précédée par la tragédie Charlie.
L’amour dont celle de l’humanité et du prochain, ou surtout de Dieu dont il est surtout question dans cette tragédie, ne se conjugue pas avec la méchanceté doublée de la bêtise.
Rien n’est pire que le terrorisme de la bêtise, mais le monde en a vu bien d’autres, et s’en est toujours sorti.

Car, rien ne l’étonne plus et c’est ce qui renforce une phénoménale capacité d’oubli et une mémoire sélective.

Le pays de la dolce vita, c’est aussi le pays de l’omerta, le silence complice devant les violences mafieuses.
Les États-Unis, c’est la technologie, la culture du droit, la magnificence des parcs nationaux, mais aussi d’une jeunesse qui mitraille tout ce qui bouge dans la cour de recréation. Madagascar, c’est le pays du moramora où la vie coule comme un fleuve tranquille, mais c’est aussi le pays des dahalo, grands voleurs de zébus et grands coupeurs de route devant l’Éternel.
Bref, tout pays est une carte postale, avec un côté cour et un côté jardin.
Il suffit de tomber sur le bon côté et c’est l’éblouissement. Mais c’est une question de chance.

Madagascar est une île et ses dirigeants en ont toujours fait un thème obligé de leurs discours.
Ils ont bien raison. La Grande Île est à l’abri des folies du monde.
Les Malgaches ne sont ni des fous d’amour, ni des fous d’idées ni – surtout pas – des fous de Dieu. Ce n’est pas dans la nature des liens. Ils sont fous du bien vivre ensemble.
Cela exclut l’ostracisme, l’exclusion, l’excès dont fait partie le fondamentalisme – bref, tout ce qui est colère contre l’Autre.
À bien connaître Madagascar, la polémique relève d’une invasion culturelle.
À Madagascar, on ne discute pas, on échange des idées. Car discuter, c’est agresser.
Une espèce de pacte de non-agression régit les relations avec les autres.

Si le Malgache proclame haut et fort son respect des Anciens, c’est parce que cela le sécurise d’avoir des valeurs séculaires dans son dos et qu’il croit partager par ses semblables.
L’idée du fihavanana, qui fait de tout le monde les parents de chacun et de tout le monde, constitue le pilier du savoir bien vivre ensemble à Madagascar.
Et l’Amour n’en est que le piment. D’où les Saint- Valentin.

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