Madatrek : Les Poussin en charrette
7 août 2015 - Escales commentaires   //   3404 Views   //   N°: 67

Le tour de Mada en charrette à zébus, il fallait y penser ! Alexandre et Sonia Poussin et leurs deux enfants se sont donné 16 mois pour faire le tour de l’île dans ce curieux attelage. Objectif, aller à la rencontre des populations, trop souvent déshéritées et des ONG qui les aident. 

Sarety milomano
« En début de saison des pluies nous avons pu de justesse traverser la Sakay et la Kitsamby en faisant flotter la charrette sur des bidons vides. »

À bord de leur charrette à zébus baptisée Fanantenana (espoir), la famille Poussin – Alexandre, Sonia et leurs deux enfants Philaé (11 ans) et Ulysse (8 ans) – sillonne depuis mai dernier les pistes de la Grande Ile. Objectif de ce voyage baptisé Madatrek : faire le tour de Madagascar en donnant la parole à la douzaine d’associations humanitaires ou environnementales qu’ils croiseront en chemin. « Un premier repérage en octobre dernier a été marqué par la détresse et l’isolement des populations des régions que nous avons traversées. Nous ne pouvons pas nous contenter de passer et d’en être les témoins impuissants », estime Alexandre Poussin, 45 ans, auteurréalisateur et grand voyageur devant l’Eternel puisqu’on lui doit déjà un tour du monde à bicyclette en 1994, la traversée de l’Himalaya (5 000 km) à pied en 1997 et celle de l’Afrique de l’Est (14 000 km) entre 2001 et 2004.

Cette fois, c’est donc en famille et en charrette à zébus qu’il reprend la route. « La charrette est autant un moyen de communication qu’un moyen de transport, le plus naturel et le plus neutre pour traverser les villages. Les Malgaches que l’on croise appellent notre attelage la calèche vazaha, pourtant c’est un modèle tout ce qu’il y a de plus traditionnel, que j’ai construit sur celui d’Alfred Randrianarimanana d’Imerintsiatosika. J’y ai apporté quelques modifications comme le bandage en pneu de camion pour rouler sur le sable ou les panneaux solaires pour recharger nos téléphones et appareils photo. »

A l’intérieur, un confort sans égal, avec éclairage et deux petits bureaux pour que les enfants puissent faire leurs devoirs tout en découvrant les paysages de la Grande Ile. « Même si notre charrette est un peu lourde, elle fait son chemin cahincaha, mora comme on dit ici. » Le périple devrait durer 16 mois, matière à un vrai travail de reporter et de documentariste. « Nous voulons raconter des histoires, mais pas comme des touristes de passage. Nous voulons comprendre les atouts et les maux qui frappent ce pays, et mettre nous aussi la main à la pâte pour l’aider. »

C’est ainsi que grâce à la plateforme de crowfunding Ulule, des levées de fonds sont organisées au profit d’associations partenaires comme Trait d’Union Humanitaire (location d’un dortoir pour les enfants des rues du tsena kely (petit marché) d’Antsirabe), Ar-Mada (programme de renutrition sur la rivière Tsiribihina) ou Humada.org (construction d’un bloc chirurgical à Salary Nord, dans le Sud-Ouest). A la date du 14 juillet, chacune de ces associations avaient déjà reçu 2 300 euros (7,3 millions d’ariary). « Grâce à cet argent, 250 enfants de l’école Tajondroa pourront par exemple manger de la viande avec leur vary sosoa pendant un an. »

Pour leur périple, les Poussin n’ont pas joué la carte de la facilité puisqu’ils ont choisi d’éviter la colonne vertébrale du pays, la nationale 7, soit beaucoup de fasika malemy (pépins) en perspective. Après avoir atteint Anakao et leur millième kilomètre début juillet, leur objectif est maintenant Tolagnaro (Fort-Dauphin) par les pistes côtières. Ce qui est sûr, c’est qu’ils risquent d’être souvent « charrette » ces prochains mois…

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Calèche’n va zaha
« Dans les villages, personne n’a jamais vu de vazahas en charrette, alors cela soulève beaucoup de questions… »

Lalana mandrakizay
« Aux abords de la forêt des Mikea au sud de Morombe, nous abordons les pistes sauvages et sablonneuses du Grand Sud. Fourrage pour nos zébus et trous d’eau sont notre souci quotidien. »

Mada Trek (Alexandre Poussin) : Alexander.poussin@gmail.com

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