Kazar : Old school metal gasy
4 juin 2012 - Cultures Music Musiques commentaires   //   1304 Views   //   N°: 29

C’est dans les vieux manches qu’on fait les meilleurs riffs. Demandez à Clapton, demandez à Santana ! Demandez à Kazar, inventeur à lui tout seul du « thrash metal gasy » ! Vingt-six ans après, on n’en croit toujours pas ses oreilles… 

Ouah, mais c’est qui ces vieux teigneux avec le t-shirt Metallica ? Le gamin qui vous pose la question doit avoir dans les 15 ans. À tout casser ! Le genre intransigeant comme on peut l’être à cet âge. A vous regarder de haut comme un « vieux croûton », parce que vous ne partagez pas son opinion que le rock a été inventé l’année dernière par un groupe d’ici nommé Beyond your Ritual. À chacun sa mythologie ! Inutile de lui rappeler que ces « vieux teigneux » sont les pères du « thrash metal gasy », il ne vous croirait pas ! Les premiers clones de Metallica dans l’océan Indien, avec son lourd ultra-saturé, rythmique badaboum, giclées de sueur dans tous les sens ! Un truc qui remonte à 1986. Pour dire qu’on a les souvenirs qu’on mérite et que Kazar reste à jamais la mémoire d’une génération.

Comme à ce fameux concert du 24 avril à l’ambassade américaine, à l’occasion du Earth Day. Ils étaient là, les vieux fans, et pas mécontents de s’y dégourdir les jambes. « Le chargé d’affaires culturelles de l’ambassade avait vu une vidéo de nous jouant God’s Promise à Mahamasina et ça l’avait intéressé. C’est seulement après, quand il a vu tous ces gens se pointer, qu’il a réalisé qu’on n’est pas vraiment des inconnus », se marre Milon, le chanteur de Kazar, vrai guitar hero à lui tout seul. Depuis qu’il a décidé de vivre à l’étranger, l’existence du groupe est suspendue à ses retours toujours trop brefs.

L’occasion quand même de renouer avec les fans et de démontrer que dans le gros son qui trou l’oreille Kazar est toujours à son affaire. À ses côtés aux cymbales, l’inusable Lallah, Erik Daveson à la basse, à la deuxième guitare Hervé, débauché pour l’occasion du groupe Crescendo Agrazab. Et cette année, une sacrée surprise ! Milon est arrivé avec une galette solo des plus inattendues.

Son titre Acoustic Tribute to Kazar ; vous ne rêvez pas : tribut acoutisque à Kazar ! Imaginez des standards comme Baroho, God’s Promise, Ends of the Devil Power joués de façon classique, jazz, fusion ou latino… Douze titres strictement unplugged où Milon a enregistré tout tout seul, y compris les maracas !

« La bossa nova et Mozart m’ont autant formé que le rock. Je suis redevable à tous ces styles », reconnaît le guitariste. Pas question pour autant de lâcher le one, two, three ! Kazar annonce déjà pour 2013 un troisième album « gavé au métal » dans la lignée d’Apocalypse (2001) et de Two (2004). « On ne craint pas l’épreuve du temps, affirme Milon. Notre nom vient de quasar, ces galaxies lointaines extrêmement lumineuses mais difficiles à capter. Pour preuve, certaines de nos chansons datant d’il y a 25 ans ne sont connues qu’aujourd’hui… » 

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