Joël Rafidison : Directeur commercial de Première Ligne
11 novembre 2015 - Éco commentaires   //   1878 Views   //   N°: 70

Quand le bâtiment va

L’Immobilier est l’un des rares secteurs qui ne connaît pas la crise à Madagascar. Son expansion est même fulgurante depuis 2009. De quoi accueillir avec optimisme cette 18e organisation du Salon de l’Habitat qui aura lieu du 12 au 15 novembre. Petit tour du propriétaire avec Joël Rafidison, directeur commercial de Première Ligne et organisateur de l’événement.

Comment se présente cette 18e édition du Salon de l’Habitat ?
Sous les meilleurs auspices. Nous comptons à ce jour 13 % de participants de plus par rapport à l’année dernière. En regroupant sur 12 000 m² tous les acteurs de l’immobilier, nous sommes en mesure de promouvoir toutes les activités liées à la construction, à la vente et à la location de terrains et de maisons. C’est aussi un événement international qui verra la participation d’exposants venus de l’Ile Maurice, de la Réunion, du Pakistan et de Chine.

Est-ce le signe que l’immobilier se porte bien à Madagascar ?
Tout à fait. Le secteur n’a jamais connu un essor aussi remarquable. Nous constatons que depuis 2009, la périphérie d’Antananarivo s’étend jusqu’à 15 à 18 kilomètres du centre. Les promoteurs immobiliers sont de plus en plus nombreux et les fournisseurs et magasins d’équipement prolifèrent. A Toamasina, cela commence à prendre la même ampleur, et à Mahajanga et Toliara de gros travaux sont sur

sur le point de commencer. Le plus impressionnant est que ces initiatives viennent du privé. Il faut savoir que le dernier projet de l’Etat abouti, en ce qui concerne les logements sociaux, remonte à 1960 et les tentatives de ces dernières années sont loin d’avoir été des succès.

Comment expliquez-vous ce boom, les Malgaches sont-ils plus riches ?
(Rires) Il y a en effet de « nouveaux riches », mais ce n’est pas la principale raison. L’immobilier est en fait le seul investissement sans risque et le seul bien sûr. Une maison ne se dévalorise jamais. Et dans une situation de crise, aussi bien politique qu’économique, les gens cherchent la sécurité. De plus, la demande en logements ne cessera jamais de s’accroître, en lien évidemment avec notre démographie. Pour ceux qui investissent, c’est une activité pérenne.

Au rythme actuel des constructions, ne risquons-nous pas d’atteindre rapidement le point de saturation ?
Il y a encore plein d’endroits où des familles vivent sans qu’il y ait à proprement parler de villages, tout est à faire. L’immobilier à Madagascar ne sera pas saturé dans les vingt, voire cinquante ans qui viennent. Nous aurons toujours besoin de construire et les constructions existantes auront toujours besoin d’être entretenues et rénovées.

Les constructions en cours sontelles destinées au grand public ?
Malheureusement, non. Le plus petit budget, à ma connaissance, est de l’ordre de trois cents millions d’ariary, ce qui n’est pas à la portée de tous. En fait, c’est à l’Etat de lancer des projets de logement sociaux. Et il faut s’y mettre maintenant car c’est à cause de ce manque de logements que le problème des constructions illicites se propage un peu partout.

Les nouvelles constructions qui empiètent sur les rizières, vous en pensez quoi ?
Je trouve que ce n’est pas forcément une mauvaise chose, en tout cas à Tana. La réalité est qu’on a besoin de logements dans la capitale. Mais il faut recourir au service des urbanistes afin de prévoir tous les problèmes possibles, comme les évacuations d’eau en cas d’inondations. Et bien sûr, normaliser les constructions en faisant intervenir davantage les architectes.

Immobilier rime avec électricité. Avec tous ces problèmes de délestage, comment le secteur s’en sort-il ?
Effectivement, le problème d’approvisionnement énergétique pénalise l’immobilier. L’électricité relève du domaine de l’incertain. Du coup les promoteurs investissent dans la mise en place de groupes électrogènes pour rassurer les futurs propriétaires. Mais là aussi, il faut que l’Etat fasse quelque chose. Non seulement pour les propriétaires aisés, mais surtout pour la majorité de la population qui ne peut pas s’offrir le luxe d’acheter des groupes.

Le Salon de l’Habitat en chiffres
Nombre d’exposants : 120 soit 13 % de plus que l’an dernier
Surface d’exposition : 12 000 m²
90 % de sociétés de droit malgache et 10 % de sociétés étrangères
20 000 à 25 000 visiteurs escomptés
En termes de communication : 24 panneaux d’affichage, 115 spots TV,
90 spots radio, 50 parutions presse écrite

Propos recueillis par #HildaHasinjo

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