Éric Dereumaux : « Les artistes malgaches ont gardé une identité »
6 décembre 2016 - Cultures commentaires   //   2423 Views   //   N°: 83

Pour sa première édition, le Prix Paritana déroulée à Madagascar. Organisé par Éric Dereumaux, galeriste et passionné d’art, ce prix a permis à trois artistes malgaches d’avoir une visibilité à l’international.

En quoi consiste le prix Paritana ?
Il consiste à promouvoir l’art contemporain malgache, au travers d’artistes malgaches. La résidence à Madagascar est le seul critère important. Pour le reste aucune restriction pour l’âge ou les supports de création. Nous voulons préserver un horizon de pratiques le plus large possible : dessin, peinture, sculpture, photographie, bande dessinée, art vidéo, art digital … Pour cela, l’idée d’un prix sous la forme d’une résidence longue de trois mois suivie d’une exposition dans un cadre international nous a paru la meilleure solution pour commencer, afin intégrer les réseaux internationaux de l’art contemporain. L’objectif du prix est de créer une émulation artistique et ainsi participer au dynamisme d’une scène artistique qui demeure mal connue en dehors de ses frontières. Des grands partenaires comme la Cité internationale des arts de Paris, la Fondation H en la personne de Hassanein Hiridjee et Air France nous ont suivi et permis la mise en place de ce prix. Sans eux, rien n’aurait pu voir le jour.

Pourquoi Madagascar pour le lancement de la première édition ?
Ce prix est dédié à Madagascar. Nous voulons, avec l’Association Paritana et ses partenaires, travailler sur trois éditions afin de créer une vraie dynamique. Cela nous permettra également devoir comment améliorer et développer ce prix au fil des éditions. A l’origine d’un intérêt pour Madagascar, une rencontre humaine, comme souvent. C’est suite à cette rencontre qu’est né le projet Paritana. Mais c’est réellement le constat de la vitalité de la scène contemporaine, ses spécificités en termes de création et son caractère secret, puisque peu de gens la connaissent, qui a conduit à mettre en place une réflexion de mise en valeur et à créer ce projet. Les prochaines éditions se feront donc également à Madagascar et c’est une bonne chose car nous avons eu de belles découvertes lors de l’étude des dossiers d’inscription.

Qui sont les lauréats de cette première édition ?
Je suis très heureux de voir à quel point cette première édition a suscité de l’intérêt car 82 artistes ont candidaté au Prix, ce qui est déjà un succès, par la quantité et aussi la qualité. De nombreux artistes méritent d’être soutenus, suivis, et conseillés afin qu’ils gardent cette généreuse envie de créer et nous surprendre. Nous avons été ravis par la richesse des pratiques artistiques (numérique, BD, dessin, tissage, récup, peinture, dessin, sculpture, photo, vidéo…), quelle diversité ! Nous remercions le Ministère de la Culture, le CRAAM (Centre de ressources des arts actuels de Madagascar) et l’Institut Français de nous avoir aidés à diffuser au plus grand nombre la création du Prix Paritana. Le premier prix est attribué à l’artiste plasticien Temandrota, le Prix de Soutien à la Création à l’artiste tisserande Mme Zo et la mention spéciale à Rina Ralay-Ranaivo qui travaille dans la vidéo.

Quelle sera la suite pour ces artistes ?
Le 1er Prix consiste en une résidence de trois mois à la Cité internationale de Paris. L’artiste y sera logé, aura un atelier pour travailler et une bourse afin de subvenir à ses besoins, le tout grâce à la Fondation H, et Air France offrira les billets d’avion. La Cité internationale de Paris mettra à disposition un espace pour une exposition personnelle, précédée d’une conférence table ronde avec des professionnels du monde de l’art. Grâce au soutien de l’Organisation internationale de la Francophonie, Madame Zo et Rina Ralay-Ranaivo auront une donation de 500 euros.

En tant que galeriste, quel est votre regard sur l’art contemporain à Madagascar ?
Le regard que j’ai est celui de la surprise, de la fraîcheur, de la spécificité. En réponse à cette mondialisation dévorante les artistes malgaches ont gardé une identité, et c’est particulièrement ce qui m’a donné envie de m’arrêter sur cette scène.

Les projets ?
Pérenniser et professionnaliser le Prix Paritana en le renforçant d’un comité et jury de professionnels actifs sur le monde de l’art ou acteurs du monde de l’art, une façon d’agrandir la « famille ». Et d’autre part que Paritana ne soit pas uniquement un Prix mais une agence : un support pour les artistes malgaches, afin de répondre à leurs questions, les orienter, les guider, les informer tout au long de l’année.

Contact
Eric Dereumaux : eric.drx@gmail.com

Propos recueillis par #AinaZoRaberanto

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