Camp Tsarasoa : Bienvenue au Permalodge
15 décembre 2014 - Nature commentaires   //   3789 Views   //   N°: 59

Le Camp Tsarasoa, dans la vallée du Tsaranoro, non loin d’Ambalavao, se veut depuis 2003 l’initiateur à madagascar d’un concept pour le moins novateur, celui de permalodge, mot-valise combinant permaculture et écolodge. suivez le guide.

La permaculture, contraction de l’anglaisagriculture (agriculture permanente), fait référence à unpermanent ensemble de pratiques visant à créer une production agricole « durable » et respectueuse du vivant. Combinant écologie, paysagisme et agriculture biologique, elle vise à créer un écosystème productif qui puisse être source de nourriture pour l’Homme, tout en laissant à la nature « sauvage » le plus de place possible. Cet art de vivre plutôt qu’une science, théorisé à la fi des années 1970, arrive à Madagascar grâce à la conviction et la ténacité de Gilles Gautier, le propriétaire de Camp Tsarasoa. « On occupe ce terrain depuis une dizaine d’années, mais pendant sept ans on n’a fait que travailler le sol. L’idée est de recréer l’œuvre de la nature par des associations végétales (le maïs et le haricot par exemple), de telle sorte que chaque plant va aider l’autre pour donner de meilleurs fruits ensemble que s’ils étaient plantés séparément. »

Venu dans la vallée du Tsaranoro dans les années 1990, son instinct de grimpeur expérimenté lui a fait immédiatement sentir tout le potentiel. « C’est un site de classe mondiale qui peut attirer les amateurs de sports de montagne, randonneurs, grimpeurs, parapentistes ou canyonistes… » Certes, L’homme tient du visionnaire : « Quand j’ai acheté ce terrain on m’a traité de fou, il n’y avait même pas de route, mais je savais qu’un jour il y aurait bien une vingtaine d’hôtels dans la vallée. Aujourd’hui on en est déjà à presque six !» Il est également à l’origine de la route reliant Camp Tsarasoa au village le plus proche. Bref, un travail de Titan et d’autant plus impressionnant qu’il n’était pas gagné d’avance. « À mon arrivée, on m’a dit que cette terre était tany maty (aride), car les zébus ne pouvaient plus y pâturer. C’est à ce moment que j’ai pensé à la permaculture, et maintenant j’ai ce verger de 1 500 arbres fruitiers, certains déjà hauts de deux mètres, dominant cette prétendue terre morte… »

Étale sur 15 hectares, avec une douzaine de bungalows, le Camp Tsarasoa ne cesse de s’agrandir, mais pas n’importe comment. «On bâtit au rythme de la nature. On n’a pas coupé d’arbres, on n’a même pas touché aux cailloux, on optimise juste ce qui nous entoure, même si c’est couvert de granit. » Tsarasoa sert aussi de base à l’association Wood en Stock qui plante des arbres dans la vallée. Pour les commodités, le camp dispose d’un restaurant certes, ses portes ne sont pas encore terminées, mais le confort est en constante amélioration. De quoi contenter les quelques centaines de visiteurs qui visitent Tsarasoa chaque année, et cela sans beaucoup communiquer. «J’ai une petite réputation dans le milieu des sports d’aventure… les grimpeurs du monde entier viennent ici. » Randonnées, trek, visite du pic Boby, parapente… les activités ne manquent pas.

Certains viennent même y faire du base jump (sauter du haut d’une falaise en parachute qu’on ouvre pendant le saut). Avec seulement douze employés permanents pour les pépinières (plus les saisonniers) et huit personnes affectées à la restauration et aux bungalows, Camp Tsarasoa propose la pension complète à partir de 60 000 ariary (trois repas et la nuitée). Il est aussi possible de camper. Le tout fonctionnant évidemment et intégralement à l’énergie solaire.

 

#JoroAndrianasolo
© Photos : David Bichet

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