Benoit Vorilhon : Communiquer plus vite, partout et en temps réel. Ce pays a tous les atouts pour devenir un tigre de l’océan Indien…
21 janvier 2012 - Médias commentaires   //   1559 Views   //   N°: 24

En s’associant à Canalsat pour compléter par la télévision son offre internet, Telma entend bien aller au bout de sa logique du tout communication. Un pas de plus vers la société « branchée », comme nous l’explique son jeune directeur des ventes directes.

DIRECTEUR DES VENTES DIRECTES DE TELMA

Depuis le 13 décembre, Telma est associé avec Canalsat pour proposer de l’internet et de la télévision satellitaire dans un même abonnement. Pourquoi ce choix ?
En nous associant avec Canalsat, nous proposons tout simplement le meilleur de l’internet à Madagascar, à savoir l’ADSL, et le meilleur de la programmation satellitaire, le tout pour le prix d’un abonnement télé. Comme vous le savez, Canalsat comme Telma sont chacun leaders dans leurs activités, et cette synergie commerciale va tout à fait dans le sens de ce qu’attendent aujourd’hui les familles malgaches : une offre de communication globale intégrant la possibilité de surfer, de recevoir des bouquets ou encore de jouer à des jeux vidéo de type Wii ou PlayStation. C’a toujours été la force du groupe Telma d’être à l’écoute de sa clientèle, et c’est ainsi que nous ne cessons de marquer des points, malgré un contexte économique assez morose ces dernières années.

L’année qui vient de s’écouler vous a-t-elle permis de consolider votre position de leader dans le domaine des NTIC ?
Premier opérateur de téléphonie convergente, nous sommes présents à la fois sur le fixe, le mobile, l’internet, mais aussi sur le mobile money avec Mvola, et sur chacun de ces produits nous constatons que nous ne cessons de consolider nos lignes. Nous restons le pourvoyeur de télécommunications le plus performant du pays, avec 85 % de la

population qui a potentiellement accès au réseau national Telma, mais aussi un précurseur dans bien des domaines : par exemple avec l’internet mobile à haut débit (3G+), les tablettes électroniques, ces outils à mi-chemin entre les smartphones et les ordinateurs portables, ou encore la recharge convergente fixe et mobile.

Diriez vous que Telma ramasse les fruits des investissements conséquents – on parle de 250 millions de dollars – qu’il a consentis depuis sa privatisation en 2004 ?
Absolument. Telma reste le plus grand investisseur privé du pays, et c’est l’une des constantes du groupe d’investir stratégiquement et massivement chaque année afin de développer, partout où il le faut, la compétitivité et la performance de son réseau. Grâce à cet effort gigantesque, Madagascar dispose aujour-d’hui d’infrastructures de télécommunications parmi les performantes au monde et qui serviront au développement du pays pour au moins les vingt prochaines années. C’est ça aussi le « Safidiko Malagasy » (Je choisis malgache) de Telma :

un engagement citoyen et une volonté de créer de nouvelles perspectives de développement économique et social pour le pays tout entier.

Le but de tous ces investissements était l’installation du haut débit et de la fibre optique à Madagascar. Qu’est-ce que cela a apporté ?
On peut communiquer plus vite, partout et en temps réel. A l’heure de la mondialisation des échanges et des services, c’est devenu une véritable exigence pour les entreprises comme pour les particuliers, et pour Madagascar une chance historique de se faire sa place dans le village global. On a d’abord complètement rénové le réseau métropolitain (celui du téléphone fixe) afin qu’il intègre les possibilités de l’ADSL et des technologies 3G+, soit ce qui se fait de mieux au monde en matière de haut débit. Ensuite, il y a eu le vaste chantier du « backbone national », l’ossature qui permet de faire circuler toutes ces technologies à travers le pays, et enfin le câble Eassy (Eastern Africa Submarin System) qui permet à Madagascar d’être raccordé depuis 2010 au reste du monde. Tous les deux reposant sur la fibre optique.

Le « backbone national », c’est 3 000 km de câbles souterrains reliant les principales agglomérations du pays…
Opérationnel depuis 2008, il a permis aux principales entreprises et administrations du pays de passer enfin à la révolution du haut débit. Aujourd’hui, de nombreux secteurs économiques profitent de cette nouvelle technologie, comme les banques, les compagnies pétrolières ou les sociétés minières. Avec la fibre optique, les coupures de réseau à répétition et les liaisons qui traînent appartiennent véritablement au passé, soit un gain évident en temps et en productivité pour l’ensemble des professionnels.

Avec le câble international sous-marin Eassy, le pari était tout aussi audacieux…
Il s’agit d’un projet regroupant 27 pays de l’Afrique australe, de l’Est et de l’océan Indien, et d’ailleurs l’un des plus grands chantiers en cours dans le monde. La fierté du groupe Telma – et de tout le pays à travers lui – est d’être l’un des cinq principaux contributeurs régionaux à ce projet estimé à 260 millions de dollars. Cela est très symbolique de l’espoir que Madagascar fonde sur les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) pour s’ouvrir la voie du développement. Aujourd’hui, grâce à tous ces chantiers, le pays a une capacité sans égal dans la région en terme de bande passante. Ajoutée à cela sa position géostratégique, il est clair qu’il a tous les atouts pour devenir un jour un tigre de l’océan Indien. En tout cas,Telma est fier de lui en avoir donné les moyens…

Le taux de pénétration à Madagascar de l’internet n’était encore que de 2,1 % en 2008, bien en deçà des moyennes de la zone Afrique-océan Indien. Cela ne contredit-il pas votre optimisme ?
Nous ne désespérons pas de parvenir à rendre les services de téléphonie et d’internet accessible à tous. Bien sûr, il y a des spécificités locales, comme l’extrême pauvreté et l’illettrisme, qui ne peuvent que retarder le processus. Pour autant, notre politique commerciale va clairement dans le sens de l’ouverture au plus grand nombre. C’est ainsi que la clé Telma est délivrée gratuitement aux utilisateurs en guise d’incitation. De la même façon, nous organisons avec nos camions des « foires internet » dans les villages, pour montrer aux populations rurales tous les avantages de la connexion. Et partout où nous passons, nous constatons que les nouvelles technologies sont porteuses d’espoir et d’enthousiasme.

Le système de « mobile money » Mvola est sans doute l’une des applications les plus marquantes de ces dernières années…
Telma a été le premier opérateur à se lancer, dès avril 2010, dans le transfert d’argent par téléphone mobile, en s’associant avec la BFV-SG. C’est un vrai porte-monnaie sur soi, permettant de retirer de l’argent en toute sécurité, d’en envoyer à ses proches, mais aussi d’acheter du crédit de communication, de payer ses factures, voire ses cotisations CNaPS. Ce sont plus de 400 millions d’ariary qui sont transférés chaque jour à travers le pays par Mvola, preuve qu’il répondait réellement à une attente dans une population dont moins de 3 % est titulaire d’un compte en banque, faute de revenus suffisants. C’est par la diffusion de tels produits, rendant concrètement la vie meilleure, que nous nous sentons pleinement dans notre vocation : celle d’une société socialement et économiquement responsable, dévoué au bien-être de tous

BIO

Nommé depuis trois ans à la direction commerciale de Telma, plus précisément en charge des ventes directes (entreprises et réseau des boutiques), Benoit Vorilhon, 31 ans, ingénieur de formation, est convaincu que si l’homme a vocation à communiquer, il a aussi et surtout vocation au bonheur. L’un dans l’autre, cela donne ce vaste habillage d’internet à haut débit et de technologie 3G+ que Telma a largement contribué à faire exister à Madagascar et à intégrer à nos vies. Né avec les nouvelles technologies de l’information et de la communication, ayant contribué à leur diffusion dans des pays aussi différents que la Suisse ou l’Égypte pour le compte de grands opérateurs téléphoniques, ce jeune trentenaire, papa d’un garçon de 4 ans et d’une fillette de 2 ans, est en tout cas convaincu que le développement de la grande île est bel et bien au bout du fil… 

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