Free fight : Les combattants de la liberté
6 décembre 2016 - Archives Grand Angle commentaires   //   1538 Views   //   N°: 83

Coups de poings, coups de pieds, combat au sol… le free fight est un phénomène qui prend de l’ampleur à Madagascar. Bien qu’il ait mauvaise réputation dans le monde du sport, notamment en France, certains pays le considèrent plus comme un sport que comme un acte de violence.

Un boxer essaye de maîtriser son adversaire au sol par une prise que l’on appelle « guillotine. »

Un des combattants se prépare avant son entrée sur scène. Deux de ses coéquipiers sont en train de mettre ses bandages et échauffer ses poignets.

Interdite en France, le free fight ou combat libre, plus communément appelé MMA (Mixed martial arts ou arts martiaux mixtes) est un sport de combat réputé aux États-Unis, au Japon ou en Grande-Bretagne. À Madagascar, il commence à y avoir beaucoup d’adeptes comme Toavina Andriamisaina, 26 ans, qui a réalisé son premier combat lors du Road of fighters, un combat interclubs qui s’est déroulé en juin dernier. « J’ai toujours adoré les sports de contacts. Comme j’habite dans les bas quartiers à Manjakaray, un des quartiers chauds de Tana, il faut savoir se défendre. Je précise que ce n’est pas pour attaquer mais comme l’insécurité sévit dans la ville, il est important d’assurer ses arrières. »

Un combattant qui reçoit les dernières consignes de son coach avant d’entrer sur le ring. C’est son premier combat « hors catégorie ». Il ne porte plus de protections.

Ce combattant vient d’être battu par son adversaire qui a le même poids que lui.

À peine huit mois après avoir intégré le club Free Fight Madagascar, Toavina se retrouve sur le ring en combattant chez les moins de 60 kg. « J’ai participé à ce tournoi parce que le coach a remarqué que j’avais un bon niveau. Bien sûr, j’ai eu peur. Je me suis entraîné pendant trois mois, le dernier mois était intensif et dur mais ça a payé. J’ai gagné au bout de seize secondes de combat. » Le free fight trouve son origine au Brésil dans les années 1930. Il est appelé « vale tudo », expression signifiant « tout est permis » due à Helio Gracie. Le free fight s’exporte ensuite aux États-Unis dans les années 1990 où est organisé le premier championnat l’Ultimate Fighting Championship ou UFC. Il regroupe plusieurs sports de combat comme la lutte, le jiu jitsu brésilien, la boxe ou encore le judo, proche également du moraingy, la lutte traditionnelle malgache pratiqué dans le nord-ouest du pays.

Ramboazafy Prosper, alias Zoky Prosy, coach de free fight et de boxe depuis sept ans, nous en rappelle les principes. « Ce sport mixe les coups de poings, les coups de pieds et le combat au sol. Par contre, les coups en-dessous de la ceinture et les morsures sont strictement interdits.

L’étirement d’un des boxers. On voit sa détermination et sa souffrance dans son regard.

Le coach prépare physiquement et mentalement son boxer. Le public autour est prêt pour regarder le combat.

Chez les débutants comme Toavina, les protections sont importantes, le protège tibia, le protège-dent, les gants et le casque. » Malgré ses consignes de sécurité, le free fight pourrait en dégoûter plus d’un en raison de son caractère violent et parfois mortel comme dans certains combats internationaux. Mais Toavina s’en défend. Il prône la non-violence et trouve des aspects positifs surtout au niveau physique. « Je fais du free fight également parce que j’ai des problèmes respiratoires. Avant, dès que je montais les escaliers, j’étais essoufflé. Aujourd’hui, je me sens mieux. J’ai également moins peur, j’affronte les choses différemment. Ça forge mon mental ! »

C’est également le cas pour Aline Raharisoa, un des femmes du club qui exerce le free fight depuis près d’un an. « Pour moi, c’est utile pour mon corps et c’est surtout pour éliminer le stress. En tant que femme, je ne me sens pas à part, nos entraînements sont pareils. Il faut juste avoir beaucoup d’endurance et de cardio. » Avec le coach Zoky Prosy, les entraînements se déroulent tous les jours sauf le dimanche. Ses élèves sont au front pendant deux heures et demie. « Le matin, nous courons et nous faisons les étirements pendant une heure et demie.

L’après-midi, place à la pratique pendant une heure. C’est là où ils apprennent à placer les coups. » Légal à Madagascar, le free fight est parfois un business juteux lors de combats illégaux qui se déroulent dans certaines soirées. Mais ça, c’est un autre combat !

COMMENTAIRES
Identifiez-vous ou inscrivez-vous pour commenter.
Fermer