Ils font bouger les lignes
20 septembre 2018 - In & Out commentaires   //   317 Views   //   N°: 104

La Coloc du Terrier : Ça va chauffer !

Après avoir lancé un appel à chantier solidaire sur les réseaux sociaux en juillet dernier, Mat Li, Marion, Vanii Suki, Victor et Jay ont ouvert les portes de La Coloc du Terrier, une éco-colocation située à Antsahabe, pour entamer la construction de chauffe-eaux solaires à partir de cannettes de bières (oui, ça existe !). À cet effet, 23 bénévoles venant notamment du Réseau climat océan Indien, de l’Is’Art Galerie et de l’ONG CliMates leur ont prêté mains fortes.

« Nous utilisons des canettes que nous assemblons en colonnes grâce à de la silicone. Nous assurons l’étanchéité des jointures avec du plastique manchonné. Le système est ensuite peint en noir et posé à l’intérieur d’une caisse en bois surmontée d’une vitre. Les rayons du soleil se chargent de faire chauffer l’eau qui circule dans les cannettes. » Fabriqués uniquement à partir de matériaux recyclés, ces chauffe-eaux écolo n’ont rien à envier aux chauffe-eaux classiques, d’autant plus qu’ils ne consomment pas le moindre kilowatt d’électricité. Si ce n’est pas beau ça ! À travers la réalisation de tels projets, La Coloc du Terrier veut prouver que vivre en ville de façon plus respectueuse de l’environnement est possible. Dans les mois à venir, les membres du Terrier prévoient de s’atteler à la fabrication d’un « frigo du désert » qui fonctionne sans électricité et de lancer une chaîne YouTube pour partager leurs activités.

P’tit Baba : Baba cool

En 2016, Ranaivoson Fy Tia Koloina a participé avec son projet P’tit Baba aux Young Women Leadership Program organisé par l’ONG Youth First. Deux ans plus tard, la jeune femme a réussi son challenge : P’tit Baba n’est plus un projet mais une entreprise de production et de commercialisation de produits alimentaires pour enfants. « À Mada, la moitié des enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition chronique car la plupart consomment des aliments faibles en apports nutritionnels. » Avec l’aide d’une équipe de nutritionnistes, elle a conçu des petits pots pour bébés destinés aux enfants de 6 mois à 5 ans, à base de banane, d’ananas et de moringa. « Le moringa ou ananambo est un allié indispensable pour lutter contre la malnutrition car il est multivitaminé et riche en protéines. » Grâce à son entreprise, Koloina offre un débouché aux produits des agriculteurs de Faratsiho, à Antsirabe, qui l’approvisionnent en fruits.

Pour ce qui est du moringa, elle collabore avec Moringala, une société de transformation d’ananambo basée à Diego Suarez. Koloina emploie six personnes au sein de son entreprise mais envisage d’engager plus de main d’œuvre pour pouvoir augmenter son rendement et atteindre une production à plus grande échelle. À l’heure actuelle, P’tit Baba prépare le lancement d’une gamme de céréale pour bébés. À vos cuillères !

Mikasa : Cookies aux grillons… trop bon !

« D’après les statistiques, d’ici 2050, il n’y aura plus de bœufs à Madagascar. » Face à ce constat, Nantenainarisoa Faniry Seheno et son équipe ont décidé d’œuvrer à travers la plate-forme Mikasa, membre du mouvement mondial SUN (Scaling Up for Nutrition), pour proposer une alternative tout en améliorant l’état nutritionnel de la population malgache. Ils ont ainsi mené des études conjointes avec des entités comme Madagascar Biodiversity Center (MBC), le Centre National de Recherche en Environnement (CNRE) et le concept Miary pour développer des aliments facilitant l’incorporation des coproduits agricoles, halieutiques,

mais aussi des insectes comestibles dans l’alimentation des Malgaches. Cette équipe composée d’entomologistes, de biochimistes et d’agronomes vous fera goûter à des spécialités pas comme les autres ! « Les insectes et les coproduits halieutiques comme les écailles et les arêtes de poisson sont très riches en protéine et peuvent remplacer la viande rouge et la volaille. Nous savons que les gens sont réticents à l’idée d’en manger. C’est pour cela que nous avons conçu des dérivés de ces produits. » Les cookies aux criquets ou aux grillons et les snacks à base d’écailles de poissons et de têtes de crevettes de la plate-forme Mikasa feront leurs débuts lors de la FIER Mada qui se tiendra du 1er au 5 août au Village Voara Andohatapenaka.

Maro Madagascar : Artisanat solidaire

Les produits chinois inondent actuellement le marché local au détriment des produits « vita malagasy ». Ce constat a conduit Fidy Rakotojaona a fondé Maro Madagascar, un collectif regroupant des passionnés d’artisanat qui a pour vocation de soutenir le développement des artistes et artisans locaux tout en aidant les jeunes issus des milieux défavorisés ou sans emploi. À travers son collectif, Fidy Rakotojaona veut donner leur chance aux jeunes en difficulté en les initiant à la confection et à la création de produits artisanaux que ce soit dans le domaine de la maroquinerie, de la boiserie, de la métallurgie ou de la vannerie. « Je suis directeur au sein du centre Akany Fanantenana à Andoharanofotsy qui s’occupe d’environ 350 élèves. Ces jeunes n’ont aucune perspective d’avenir et c’est ce qui m’a incité à créer Maro. L’atelier veut les former afin qu’ils puissent trouver un débouché dans le futur. »

Maro Madagascar forme également des personnes issues des associations Grandir Dignement, qui se charge de la réinsertion sociale des mineurs en détention, et d’Ankohonana Sahirana Arenina (ASA), pour la réinsertion des familles en grande précarité. En dehors de l’aspect social de son collectif, Fidy Rakotojaona veut aussi donner un coup de pouce à l’économie du pays en incitant les Malgaches à consommer local même si pour l’instant la majorité de sa clientèle est étrangère.

Pages réalisées par #MioraRandriamboavonjy

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