Finoana Fanantenana Fitiavana : La difficile lutte contre le Sida
15 décembre 2016 - Associations commentaires   //   750 Views   //   N°: 83

Le relâchement des actions de sensibilisation était au départ annoncé comme étant la raison de la hausse du taux de prévalence du VIH dans la région Diana. Mais bien que les objectifs posés en matière de sensibilisation aient été atteints voire dépassés, il s’avère que la situation ne s’améliore pas.

Des personnes porteuses du VIH/Sida ne se soignent pas et ne se font pas suivre médicalement ; les jeunes gens ne croient pas en l’existence de la maladie et ne prennent pas de précautions ; des pratiques mettent particulièrement en danger les femmes enceintes car elles les exposent au VIH. De plus, les malades quittent les associations qu’ils considèrent inutiles depuis que celles-ci ne reçoivent plus de financement. En 2014, sur 17 004 individus dépistés, 65 se sont avérés séropositifs. Pour le premier semestre de 2015, 91 étaient séropositifs sur les 7 949 dépistés. 65 cas sur les 91 enregistrés ont été détectés dans le district d’Antsiranana I.

La maladie touche surtout les jeunes d’entre 17 et 35 ans.

Toutes les classes et structures sociales sont touchées. En fin d’année 2015, une explication de cette hausse a été avancée par le médecin responsable de la lutte et le chef du service de santé du district d’Antsiranana. « Comme les communications et les actions de sensibilisation sur le SIDA se sont faites rares, l’attention de la population s’est relâchée », affirment-ils. Les sensibilisations ont repris. Le projet de riposte au VIH et aux IST (Infections sexuellement transmissibles) à Madagascar avait pour but de contenir de la prévalence du VIH en deçà de 1 %, et d’améliorer la qualité de vie et le bien-être des personnes vivant avec le VIH. Les objectifs de mise en place d’équipes mobiles de proximité pour le counseling et le test de dépistage en stratégie mobile auprès des groupes à haut risque ont été atteints à 99 %. En ce qui concerne la distribution des préservatifs masculins et féminins ainsi que les dosettes de gels lubrifiants, le nombre de cible a été dépassé, car il était fixé à 520 544 et 674 510 ont été distribués.

Pourtant, la prévalence du VIH persiste et ne cesse d’augmenter. Beaucoup de membres de la Fifafi (Finoana Fanantenana Fitiavana) ont quitté cette association qui soutient les personnes porteuses du virus au niveau psycho-social. Teviky Adelaïde, vice-présidente de l’association Fifafi Diana affirme que les malades s’isolent volontairement. « Ils se disent condamnés et s’attendent à une mort imminente. Les malades ne savent pas qu’il y a des médicaments qui peuvent les aider à vivre normalement et plus longtemps. Cette ignorance se retrouve par ailleurs renforcée par la peur de consulter un médecin ou un centre médical. »

Un autre membre de l’association explique : « il y a ceux qui ne croient pas qu’ils ont la maladie, d’autres sont convaincus que la médecine traditionnelle les guérira. L’association comptait auparavant (il y a huit ou dix ans) 38 membres ; maintenant nous ne sommes plus que 13 parce qu’il n’y a pas de nouveaux adhérents, bon nombre des anciens membres sont décédés. » En raison de ce déni et de cette orientation vers les médecines alternatives, beaucoup des porteurs du VIH ne se font pas suivre médicalement. Le taux des personnes atteintes du virus, mais perdues de vue atteint les 18 %. L’association Fifafi entend y remédier en rassurant les personnes porteuses du VIH à travers des émissions radiophoniques.

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