Sainte-Marie : L’île aux orchidées
6 juillet 2012 - Escales commentaires   //   15 Views   //   N°: 30

Il y a au moins trois « îles Sainte-Marie ». Sa côte Est et sa pointe Nord recèlent des trésors trop souvent ignorés. Une île à redécouvrir. 

La partie sud de l’île Sainte-Marie a été, très longtemps, la seule véritablement connue et proposée aux touristes et visiteurs. L’essentiel des hôtels s’est initialement regroupé aux alentours du petit aérodrome « tropical » qui s’étire entre lagons et cocoteraies. Il faut reconnaître que la pointe méridionale de l’île possède un joyau avec son Île aux Nattes, petit Éden à la nature exubérante ourlée de lagons aux eaux turquoise.

La vraie « île Sainte-Marie » est, peut-être, ailleurs. Par exemple au centre de l’île, au coeur du massif forestier d’Ikalalao que l’on aborde à hauteur de la cascade de Maromandia qui sait faire le bonheur des lavandières et des enfants. Cette forêt secondaire très bien reconstituée s’étale sur un relief très vallonné et sa traversée réclame quelques atouts physiques. Les caméléons abondent : du Brochesia minima, le plus petit, au caméléon de Parson, le deuxième plus gros au monde. Perroquets et perruches s’y rencontrent fréquemment.

Tels des aventuriers découvrant une terre sauvage, on rejoint au terme de cette randonnée, la côte Est de l’« île aux orchidées » et ses rivages de l’océan Indien. La baie d’Ampanihy et son immense mangrove méritent d’être parcourue en pirogue traditionnelle sous les imposantes frondaisons de trois espèces de palétuviers.

Toujours en pirogue, il est possible à travers d’étroits canaux parsemés d’une belle végétation et depuis cette côte Est jalonnée d’infinies plages de sable blanc, d’atteindre la baie des Forbans et le fameux cimetière des pirates. Nous sommes alors aux portes de la « capitale » de Sainte-Marie, Ambodifotatra dont le port s’anime régulièrement à l’arrivée ou au départ des bateaux qui relient la grande terre à hauteur de Soanierana Ivongo.

En remontant la piste qui mène vers le nord, l’on accède à des contrées de plus en plus sauvages. Les villages s’espacent laissant place à une végétation dense où ravinala et plantes à parfum (girofle, cannelle, niaouli, vanille, citriodora…) et essences rares (palissandre, bois de rose, ébène…) règnent en maître. Aucune trace de « civilisation » et le sentiment d’être seul au monde, immergé dans une nature totalement préservée. À l’extrême nord, sur la côte Ouest, de magnifiques petites criques rocheuses qui abritent jalousement des plages de sable fin bordées de cocotiers et filaos, constituent le point d’orgue de paysages à couper le souffle. Côté est, ce sont des piscines naturelles totalement isolées qui représentent l’attrait majeur.

L’île Sainte-Marie ravit, à coup sûr, tous les amoureux d’une nature préservée mais aussi ceux qui apprécient de pouvoir côtoyer une population dont la nonchalance n’a d’égal que la gentillesse. Quand on rappelle que balades et rencontres s’effectuent dans les senteurs d’épices, on comprend le pincement au coeur que l’on ressent au moment de quitter cette île incomparable. 

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