Raboussa : « Ceux qui roulent en 4×4 et les mendiants ne se parleront jamais »
6 juin 2019 - Cultures commentaires   //   426 Views   //   N°: 113

Après deux décennies dans le rap, Raboussa reste fidèle à lui-même. Ses textes engagés et ses mélodies recherchées n’ont pas pris une ride auprès de ses fans. Il a trouvé le combo parfait qui lui a permis de sortir cinq albums.

Comme pour beaucoup, Raboussa est tombé tout petit dans la musique. Issu d’une famille de musiciens et de chanteurs, il a toujours eu un micro à la main. Apprendre à jouer des instruments, ce n’était pas son fort. « Ce qui m’attire, c’est d’être chanteur ! », lance-t-il.

Il écrit et commence à découvrir le rap en écoutant les premiers groupes malgaches comme Da Hopp. Il décide de s’essayer et ça marche plutôt bien. La machine est lancée. À ses débuts en 1997 et jusqu’à maintenant, ses chansons sont toujours d’actualité et résonnent dans le coeur de ses fans. L’une des raisons, son amour inconditionnel pour la mélodie.

« J’écoute beaucoup de jazz, de reggae, de rock. Je ne conçois pas faire de la musique, et donc du rap, s’il n’y a pas de mélodie. Il faut faire plaisir aux oreilles. » Si, au départ, il faisait lui-même la programmation de ses instru’, petit à petit, il a fait appel à des DJ et des beatmakers comme DJ Deem, son DJ officiel, Taks de Da Hopp, Davy, ancien membre du groupe 18.3 ou encore Doxy. Mais les idées principales viennent de lui.

L’autre raison, ce sont ces textes qui dépeignent les réalités sociales. Pour le rappeur, les artistes sont des intermédiaires entre les classes sociales. Il le prouve dans son titre Otran’lah iany za (Je suis comme toi) issu de son quatrième album Revinay (Nos rêves) en 2016 : « Ceux qui roulent en 4×4 et les mendiants ne se parleront jamais. Mais en écoutant mes textes, ils peuvent prendre conscience d’être pareils malgré leur différence. »

Comme un sociologue, il observe tout et les traduit en mots. « Contrairement aux chansons de variété où une phrase est répétée plusieurs fois, dans le rap, c’est le texte donc le message qui est le plus important. » Dans Mpandresy ambony mpandresy (Gagnant au-dessus du gagnant), un de ses titres phares, il décrit sa vie d’adolescent, l’insouciance, le besoin de liberté… « Mes parents m’ont dit que ma musique ne me mènerait nulle part. Mais finalement, en travaillant, en donnant le meilleur de soi, on réussit. C’est ce qu’il y a dans la tête que se trouve notre véritable richesse. » Bien qu’il soit un artiste engagé, Raboussa n’hésite pas à parler d’amour car tout le monde en a besoin. « Comme je le dis toujours, l’amour est plus fort que la violence. »

Grâce à ses textes et ses mélodies, le rappeur a su s’imposer dans le milieu du rap pendant une vingtaine d’années. Il a gardé son authenticité du début, sans tomber dans le commercial. « Le milieu du rap a beaucoup évolué. À notre époque, nous nous sommes battus pour que le rap soit diffusé à la radio ou à la télé. Aujourd’hui, avec les réseaux sociaux, tout va très vite. Par contre, c’est devenu trop commercial. » Néanmoins, Raboussa reste concentré sur sa musique.

Même s’il n’est pas souvent sur scène, il trouve toujours du plaisir à faire deux ou trois concerts dans l’année. On le retrouvera d’ailleurs sur la scène du no comment® Festival le 21 juin à Antsahavola. Il sera accompagné de la chanteuse Fy, de son DJ et de Dasy & Friends. « Nous mélangerons de l’acoustique et du deejaying. Sinon, nous sommes en studio pour enregistrer un nouveau titre. » À suivre.

Contact
Raboussa :
034 02 237 37

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