Madame Ernestine : l’âme des vieux meubles
28 janvier 2012 - Déco commentaires   //   620 Views   //   N°: 24

Depuis trente ans, Mme Ernestine, aujourd’hui aidée de ses deux filles, restaure des meubles anciens afin de leur redonner une seconde vie. Une passion pour les beaux objets nécessitant aussi de sérieuses connaissances en ébénisterie traditionnelle.

Dans leur petit atelier d’Ankazomanga, nous retrouvons Mme Ernestine et ses deux filles. Autour d’elles, des commodes sans âge, des tables de toilette, des armoires, des fauteuils de style créole, des méridiennes, des guéridons… Des pièces uniques qui ne demandent qu’à retrouver une seconde vie entre leurs mains. « Aujourd’hui, les gens se rendent de plus en plus compte qu’ils ont des trésors cachés chez eux. Ils nous ramènent leurs meubles anciens qu’ils ont souvent reçus en héritage. Certains datent des années 1930, voire d’avant », explique Hortense, la fille aînée.

Déménagement, eau, choc, feu… le meuble le plus solide ne survit pas indéfiniment aux intempéries et c’est justement tout le travail de la restauration que de le remettre en état, tout en lui conservant son cachet et son authenticité. Un travail qui demande beaucoup d’attention (et de passion) à travers ses étapes obligées : le nettoyage, le ponçage, le passage de la cire, sans oublier le capitonnage pour les fauteuils et les canapés.

« Aucun meuble ne se ressemble et n’est abîmé de la même façon. La première chose à faire est de se documenter sur son style, sa date de fabrication et la manière dont il a été conçu », relève Ernestine. Outre un maniement précis des outils et une connaissance parfaite des méthodes utilisées, le restaurateur de meubles doit donc parfaitement maîtriser l’histoire de l’art et des styles mobiliers. Son objectif : le respect absolu de la patine du vieux bois employé, qu’il s’agisse d’un meuble ancien laqué, ciré ou peint. Tout cela nécessite évidemment de sérieuses connaissances en ébénisterie, car comment refaire un pied de lit d’époque ou une marqueterie si l’on n’est pas capable de les réaliser en neuf ?

Les restaurations de Mme Ernestine et ses filles sont, sur ce point, d’une telle qualité qu’il n’est pas rare que des hôtels ou des restaurants fassent appel à elles pour refaire leur décoration.

A l’occasion, les filles de Mme Ernestine sillonnent les campagnes à la recherche de vieux meubles. Les trésors enfouis au fond des villages valent largement le détour. C’est ainsi qu’elles en arrivent à restaurer une trentaine de meubles par mois, tous modèles confondus, en sachant qu’il leur faut une bonne semaine de travail pour refaire un salon complet. Les prix varient selon l’ampleur de la tâche, mais aussi l’âge du meuble et son style. Un fauteuil Club des années 30, par exemple, redevenu très à la mode ces derniers temps, peut s’acquérir pour à peine 200 000 Ar. Moins cher que du neuf et avec une âme en plus…

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