Lettres de Lémurie, Appel à textes
15 mai 2017 - Cultures commentaires   //   198 Views   //   N°: 88

« … Il y a un autre monde dehors qui est à nous aussi »
Harlem, Eddy Harris

Voici que le rêve recommence…
Sur les marches du Salon du livre des Comores – océan Indien, en mars dernier, en présence d’écrivains de toutes nos îles, autant dire de Lémurie, est née l’idée de mettre ensemble nos énergies pour sortir de nos insularités.

Les éditions Dodo vole proposent une revue littéraire ouverte à tout le continent. A l’instar du Nouveau roman, de la Beat Generation ou autre littérature haïtienne, aspirent à se révéler les Lettres de Lémurie. Notre devise pourrait être formulée ainsi : Tant que ça grimpe, c’est un bon chemin ;-)

Le pari est résolument littéraire et deux principes guident la publication :
- les auteurs reconnus aident à faire connaître les moins connus (auxquels on réserve au moins un quart de la place) ;
- toutes les langues lémuriennes, malagasy, shikomori, shimaore, anglais, créole réunionnais, seychellois ou mauricien sont acceptées avec une traduction française.

Qu’est-ce que la Lémurie ?
Un vaste continent aurait émergé autrefois dans notre région, « en forme de croissant, qui s’étendait de l’océan Indien à la Patagonie, partant du sud de Ceylan, englobant les Mascareignes et Madagascar, passant au-delà le cap de Bonne-Espérance […] » (Jules Hermann, Les Révélations du Grand Océan, 1927, Livre V, réédité par Le Corridor bleu, St-Pierre, La Réunion, 2015).

Tectonique des plaques, dérive des continents, cataclysme gigantesque advenant, ne subsistent aujourd’hui que Madagascar, les Comores, les Seychelles et les Mascareignes. Le nom vient bien évidemment des lémuriens que l’on ne trouve plus qu’à Madagascar. La paléontologie relie en effet la survivance à Madagascar des lémuriens, ancêtres de l’homme, à l’isolat créé par la dislocation de ce continent préhistorique.

Emmanuel Richon, avec Lemuria, le continent disparu de l’océan Indien (édition Mauritiana, 2009), recense les pièces du puzzle qui ont construit le mythe depuis le zoologiste Philip L. Sclater (1829-1913), qui lança l’hypothèse du continent englouti, au taxonomiste darwinien Ernst Haeckel (1834-1919), inventeur également du mot « écologie » et qui trouva dans la Lémurie le chaînon manquant de nos origines ; puis, bien entendu, Jules Hermann (1845-1924), le visionnaire de St-Pierre.

Ce Réunionnais est le premier à considérer la Lémurie comme le continent originel, le berceau oublié de l’humanité. Il cherche à vérifier cette hypothèse dans la linguistique. Il veut remonter à la source de toutes les langues, la langue lémurienne, et la découvre dans le malagasy !

Par cette forte charge symbolique, l’inversion de la perspective coloniale en faisant de nos îles du bout du monde l’origine, la Lémurie, ce continent mythique dépositaire d’un rêve d’une humanité lémurifique, c’est-à-dire à notre propre (dé)mesure et selon nos préjugés, ouvre une voie royale à notre imaginaire et inspirent plus d’un auteur : de Robert Edward Hart (1891-1954) à Xhi et M’aa, en passant par Malcolm de Chazal (1902-1981), Jacques Rabemananjara (1913-2005) ou Saindoune Ben Ali.

Avec Lettres de Lémurie, nous souhaitons contribuer à mettre en l’air les écrivains de notre région, de ce continent littéraire qui ne demande qu’à émerger. Nous attendons vos textes, nouvelles, extraits de roman, poésie, pièces dramatiques, de 10 000 à 20 000 caractères, … chez dodovole@yahoo.fr avant le 31 octobre 2017.

Lémurifiquement vôtre,

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