Behind the mask : Bas les masques !
29 juin 2016 - Cultures Musiques commentaires   //   1842 Views   //   N°: 78

Tels des pantins électriques sortis de nulle part, les metaleux de Behind the Mask envoient du lourd, du très lourd. Riffs incandescents, paroles incendiaires, ce n’est pas parce qu’on ne montre pas sa gueule qu’on n’a rien à dire ! 

Dans la série je me fais une tête de comics et je vous tire une langue longue comme un bifteck, je demande les Kiss. Euh non, ça ça commence à dater, bon pour les opérés de la prostate ! Alors les Slipknot ? Groupe Nu Metal hypermaquillos des années 2000 que même le Joker dans Batman, à côté, ça fait vieille meringue. Ouais mais bon, ce sont des Ricains, pas original ! Ne reste plus que Behind The Mask (BTM), groupe 100 % metalcore et 100 % PVD (pays en voie de développement), ce qui ne court pas les rues, vous l’avouerez !

Même ce bon vieux metalhead d’Austin qui anime le premier site web de rock africain Audio Inferno en a manqué d’en avaler ses cornes : « Quoi, vous voulez dire que ces gars viennent vraiment de Madagascar ? » Eh oui, mon pote, et même de Toamasina, ville qui n’est pourtant pas connue pour sa scène rock, en tout cas bien moins qu’Antsirabe ou Fianar. Disons-le tout net, ces petits Mickey ont peut-être des tronches incroyables mais tapent vraiment comme des sourds. Influences Carnifex et Parkway Drive, si vous voyez le tableau Du gros metal qui fouette mâtiné de punk hardcore à vous faire exploser la cire au fond des oreilles ! Aux grattes Lambo Sty et Lambo Sis, à la basse Lambo Kadradraka, à la grosse caisse Lambo Tromba (un vrai sorcier celui-là !), plus la voix pleine de death growls et de vocalises improbables de Lambo Ala. En voilà des Lambo, me direz-vous, pire que chez les Schtroumpfs ! En fait, lambo signifie « porc », au cas où vous auriez des velléités de les inviter à votre table !

« On porte des masques car on a envie d’être connus pour notre musique, pas pour nos petites gueules. On déteste le starsystem et tous les mercantiles qui tournent autour. » Voilà qui est dit ! Le groupe a vu le jour en novembre 2015 et aligne déjà deux singles retentissants : The Message, sorti en janvier, et le tout récent Who’s The Evil One. Le premier est une descente en règle du « mal malgache », à savoir la corruption à tous les étages. « Tous ces politiciens sont des foutus menteurs, ce n’est que par l’entraide qu’on pourra s’en sortir. » Le tout appuyé de riffs tirés au bazooka et de gesticulations de pantins désaxés propres à vous donner envie d’un petit moshing (danse brutale héritée du punk). Pour Who’s the Evil One (Qui est le Mal ?), la grande affaire est plutôt de régler leur compte aux zonards qui persistent à réduire le metal au satanisme. « Aux bien-pensants qui nous jugent sur l’apparence et nous traitent de satanistes, nous répondons : le mal est plutôt de votre côté, regardez donc la société que vous nous avez faite ! » Autant dire qu’ils n’y vont pas par le dos de la cuillère et que leur premier LP en préparation – titre annoncé The Revolution – risque d’en hérisser plus d’un. Step to Heaven, Samar, Apost, Angaroa, Noctural… le rock malgache est décidément en pleine ébullition. Puissent les faiseurs de fric et détourneurs de talents habituels ne pas saboter, une fois de plus, ce grand mouvement vita gasy !

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