GALASAM : Héros des temps modernes
14 décembre 2024 // Littérature // 9119 vues // Nc : 179

Si les États-Unis ont Captain America, Madagascar présente désormais Galasam, son tout premier super-héros local. Créé par Basta et illustré par Christopher Scar, Galasam mêle habilement traditions malgaches et enjeux contemporains. Disponible depuis le 23 septembre, ce comic made in Madagascar se destine aussi bien aux fans de bandes dessinées qu'à ceux cherchant une figure héroïque enracinée dans la culture malgache.

Tout d'abord, « GALASAM » est l'anagramme de « MALAGASY », un clin d'œil évident aux origines culturelles du héros. Ce super-héros a vu le jour grâce au rêve de Maharavo Benjamina, alias Basta. « Dans mon rêve, j'étais Galasam » explique l'auteur. « Au début, je pensais en faire un roman, mais les images étaient si vivantes dans ma tête que j'ai réalisée qu'un comic serait le format idéal ». L'histoire de Galasam suit Lalaina Razandribemila, un chauffeur de taxi désabusé, enlisé dans la routine et dans l'alcool. Rien dans sa vie ne semble prometteur jusqu'au jour où un accident va tout changer. Sauvé de manière miraculeuse, il est recueilli par un mystérieux vieillard qui lui révèle l'impensable : Lalaina a été choisi par Zanahary, l'entité suprême malgache, pour protéger son peuple grâce à des pouvoirs surnaturels. À travers un voyage initiatique intense, Lalaina, d'abord réticent et perdu, se découvre un destin bien plus grand qu'il n'aurait jamais imaginé.

Fort de son imagination débordante, Basta a travaillé sans relâche sur cette BD pendant huit ans. « Ce projet a commencé il y a vraiment longtemps ! Nous avons déjà écrit toute l'histoire, jusqu'au cinquième arc » confie-t-il.

Cependant, le chemin n'a pas été sans embûches. Le principal obstacle ? Trouver une maison d'édition. « Partout où nous sommes allés, les éditeurs étaient soit réticents parce qu'ils ne voyaient pas vraiment le potentiel de l'histoire, soient ils cherchaient à imposer leur style d'illustration » . Heureusement, la Maison d'édition Jupiter a immédiatement cru au projet, permettant la sortie de la première édition du premier arc. L'univers de Galasam est profondément ancré dans l'héritage culturel malgache. « Nous avons ravivé des mythes et légendes anciennes malgaches dans un contexte moderne. Vous rencontrerez des personnages légendaires malgaches, mais dans notre époque » explique-t-il. Pour Basta et Christopher Scar, l’objectif est de rassembler les Malgaches autour de leur identité. « Beaucoup de Malgaches ne connaissent plus vraiment leur culture ! Par exemple, ils ne savent pas ce qu'est le Zanahary ou l'importance des razana (ancêtres). On retrouvera tout cela dans les aventures de Galasam » poursuit Basta.

Le personnage de Galasam incarne cette identité. Il possède des pouvoirs uniques, symboles de l'héritage malgache : il peut transformer les projectiles en eau, invoquer la foudre en référence à Ambatondrazaka, ou encore bénéficier de la force des Barea. Bien qu'il ne vole pas, ses pas gigantesques rappellent le personnage légendaire de Rapeto. « GALASAM, c'est le super-héros qui nous fera réfléchir sur nos problèmes actuels : famine, pauvreté, insécurité… Qu'ont fait nos razana à l'époque ? Il incarne l'espoir, celui qui trouvera les solutions à ces dilemmes ». En outre, GALASAM n'est pas seulement un super-héros. Il est un pont entre deux générations : celle qui a grandi avec les légendes malgaches, et celle qui vibre pour les comics modernes. « Nous sommes tous, en quelque sorte, un peu Galasam » conclut Basta.

Depuis toujours, Basta a été passionné par la création, que ce soit à travers l'écriture de poèmes ou le développement de sa propre marque de vêtements. Son amour pour la narration l'a conduit à imaginer un univers unique. Il a d'ailleurs fait ses études au lycée avec Christopher Scar. « J'étais un geek qui ne s'assumait pas au lycée. Christopher, lui, l'assumait pleinement et il était déjà passionné de dessin. Il faisait des bandes dessinées à l'époque » raconte Basta.

La suite de l’histoire de Galasam est attendue pour le mois de décembre, et sera disponible chez Espace Loisirs Antaninarenina ou en livraison via la Maison d’édition Jupiter. « Nous envisageons également de produire un long-métrage 3D de GALASAM » confie Basta. Cependant, ce projet ambitieux représente un défi financier de taille, car les fonds proviennent exclusivement de leur poche. « C'est un travail ardu, d'autant plus que nous devons réécrire la narration pour l'adapter au format du film » ajoute-t-il.

Cédric Ramandiamanana

Contact Basta : 034 23 680 00

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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