Des livres à lire au moins une fois
23 mars 2025 // Littérature // 5969 vues // Nc : 182

Avec l’offre incommensurable de livres à travers le monde, il y a de quoi s’emmêler les feuilles et les couvertures. Et si le lecteur avisé a déjà ses goûts, ses marques et ses auteurs fétiches, il est bien de passer en revue les plus «grandes œuvres» de la littérature, non pas pour crâner d’un «oui, tu as vu j’ai lu untel», mais en ce que ces œuvres ont de fondamental. Voici donc pour vous quelques auteurs qu’il faudra absolument lire au moins une fois.

Dostoïevski et Tolstoï, les monstres sacrés
Ce sont là deux noms qui suffiraient à faire trembler l’édifice de la littérature entière par l’ampleur de leur œuvre, leur profondeur abyssale, sans parler de la majesté de leur style respectif. Si vous n’êtes pas convaincu, lisez seulement cette phrase qui débute Anna Karénine de Tolstoï, l’incipit le plus puissant, le plus beau jamais écrit. «Tous les bonheurs se ressemblent mais chaque infortune a sa physionomie particulière». Une phrase qui résume l’un des deux meilleurs romans jamais écrits. Le deuxième étant Les démons de Dostoïevski, mais cette fois plutôt pour l’équilibre improbable d’un Léviathan mis en page par un esprit sans commune mesure. Car ce dernier roman est un roman de l’impossible. Il tient à la fois de la magie et du talent. Il commence d’ailleurs par une excuse de son auteur, annonçant que son œuvre lui aura échappé. Il y a en effet, entre les lignes de ce roman, des propos qui posent de manière indubitable l’absurdité de la vie et la nécessité donc du suicide, des propos corrosifs, dangereux, mais qui vont servir à l’auteur de poser avec force combien la raison peut nous conduire au «mal» en nuisant à l’homme dans son intégrité.
Ces deux livres sont ainsi des séismes, des livres que vous devrez absolument lire et qui changeront radicalement votre façon de voir le monde, votre manière de vivre, votre manière même de respirer.

Le Zarathoustra, une pensée de la force
S’il y a une pensée d’une puissance phénoménale dans l’histoire de la philosophie et des lettres en général, c’est bien celle de Nietzsche. Une pensée qui s’élève au rang d’une poésie raffinée et incisive dans une œuvre qui marquera d’une empreinte indélébile l’histoire. Cet ouvrage, le philosophe allemand l’intitulera Ainsi parlait Zarathoustra. Une manière biblique au final, mais qui annonce la ruine du christianisme en Occident dans une formule restée dans les annales à jamais. «Dieu est mort […] et c’est nous qui l’avons tué». Car Nietzsche ne recule devant aucune provocation. Sa pensée est un coup de poing. Tout y passe. Toute vertu, toute sagesse pour laisser au fond du verre la vie seulement, son acceptation ? Plutôt sa réjouissance dans tous les moments, mais plus encore devant l’adversité. Ce qui fait du Zarathoustra une ressource inestimable, le long d’une existence qui ne saurait bien longtemps se tenir tranquille.

Un condensé de toute la littérature
La littérature ne s’est jamais occupée d’un sujet au final et c’est l’homme et sa condition. Dostoïevki, Tolstoï et Nietzsche résument parfaitement dans ces œuvres ce souci de l’humain. Un souci qui se retrouvera partout dans une quête incessante du sens, retrouvé, perdu, créé, oublié, déchiré, jusqu’au vertige de la littérature contemporaine où la désintégration de la langue porte en elle un sens souvent plus profond que l’esthétique seule. En somme, ces trois auteurs et leurs trois ouvrages ci-dessus constituent une parfaite introduction à la littérature et son univers.

Les critiques d'Elie Ramanankavana

Poète / Curateur d'Art / Critique d'art et de littérature/Journaliste.

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Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

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