Danse à quatre ! par MC
26 octobre 2024 // Gaysy // 2058 vues // Nc : 177

Lors des Jeux des Îles de l'an dernier, j'ai eu l'opportunité de travailler comme serveur dans un hôtel de luxe à Tana. Cette occasion m'a permis de gagner un peu d'argent, dont j'avais besoin. Le salaire était satisfaisant, surtout avec les pourboires attendus. J'ai rencontré beaucoup de gens, mais j'avais une préférence pour les athlètes venant de La Réunion. Une équipe séjournait à l'hôtel, et je considérais avoir de la chance de servir ces jeunes hommes athlétiques, grands, à la peau légèrement rosée, et toujours en sueur après l'effort.

Un soir, après une longue journée de travail, j'ai remarqué trois jeunes hommes de cette équipe encore attablés dans le restaurant. Leur conversation semblait animée, et je craignais qu'ils ne partent pas de sitôt. L'un d'eux me fit signe, et je me dirigeai vers leur table avec mon carnet pour prendre leur commande. En me rapprochant, je sentis que quelque chose se tramait ; ils se turent soudainement en me voyant. «Que puis-je vous servir, messieurs? ». «Un autre expresso, s'il vous plaît » répondit celui qui m'avait appelé, tandis que les deux autres échangeaient des regards complices. Après avoir servi l'expresso, le même garçon me demanda si j'avais quelque chose de prévu après mon service. Je répondis que je finissais bientôt et que j'avais hâte de rentrer. «Un de vos collègues m'a dit que vous étiez danseur ». Je hochai la tête, curieux de savoir ce qu'il voulait. «Apprenez-moi quelques pas de danse. Je vous paierai », proposa-t-il en sortant une généreuse liasse de billets de sa poche. Hésitant, mais intrigué, j'acceptai l'offre. « Notre suite est idéale pour cela », ajouta l'un d'eux.

Après avoir terminé mon service, je montai à leur suite. L'un des hommes, torse-nu et aux cheveux en dreadlocks, m'ouvrit la porte et m'invita à entrer. Les deux autres étaient invisibles, mais le bruit de la douche se faisait entendre. Puis, le beau jeune homme aux dreadlocks s'approcha et m'embrassa soudainement. Choqué, mais sans réaction, je m'abandonnais à la situation. Il interpréta ma réaction comme un accord et fit un geste de la main.

Tout à coup, je sentis quelqu'un d'autre derrière moi, confirmant la présence de la troisième personne. Celui qui m'avait suggéré le cours de danse est sorti de la douche, lâchant la serviette qui enroulait son corps musclé. « Pourquoi ne pas danser à quatre ? » proposa-t-il. Sans rien dire, je hochai la tête, prêt à répondre à leurs désirs. J'ai obéi à leurs directives et nous avons passé la nuit ensemble, une expérience inattendue. Le lendemain, alors que les deux autres dormaient, celui qui m'avait embarqué dans cette aventure était déjà debout. Il me remit le paquet de billets en me disant que c'était pour le cours de danse et que je n'avais pas le droit de refuser. J'acquiesçais encore et repris mon travail, puis, après chaque service à l'hôtel, on se retrouvait tous pour notre « cours de danse ».

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
Et là, désolé pour les commerçants, aucune carte bancaire ne fait l’affaire.

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