Danse à quatre ! par MC
26 octobre 2024 // Gaysy // 2438 vues // Nc : 177

Lors des Jeux des Îles de l'an dernier, j'ai eu l'opportunité de travailler comme serveur dans un hôtel de luxe à Tana. Cette occasion m'a permis de gagner un peu d'argent, dont j'avais besoin. Le salaire était satisfaisant, surtout avec les pourboires attendus. J'ai rencontré beaucoup de gens, mais j'avais une préférence pour les athlètes venant de La Réunion. Une équipe séjournait à l'hôtel, et je considérais avoir de la chance de servir ces jeunes hommes athlétiques, grands, à la peau légèrement rosée, et toujours en sueur après l'effort.

Un soir, après une longue journée de travail, j'ai remarqué trois jeunes hommes de cette équipe encore attablés dans le restaurant. Leur conversation semblait animée, et je craignais qu'ils ne partent pas de sitôt. L'un d'eux me fit signe, et je me dirigeai vers leur table avec mon carnet pour prendre leur commande. En me rapprochant, je sentis que quelque chose se tramait ; ils se turent soudainement en me voyant. «Que puis-je vous servir, messieurs? ». «Un autre expresso, s'il vous plaît » répondit celui qui m'avait appelé, tandis que les deux autres échangeaient des regards complices. Après avoir servi l'expresso, le même garçon me demanda si j'avais quelque chose de prévu après mon service. Je répondis que je finissais bientôt et que j'avais hâte de rentrer. «Un de vos collègues m'a dit que vous étiez danseur ». Je hochai la tête, curieux de savoir ce qu'il voulait. «Apprenez-moi quelques pas de danse. Je vous paierai », proposa-t-il en sortant une généreuse liasse de billets de sa poche. Hésitant, mais intrigué, j'acceptai l'offre. « Notre suite est idéale pour cela », ajouta l'un d'eux.

Après avoir terminé mon service, je montai à leur suite. L'un des hommes, torse-nu et aux cheveux en dreadlocks, m'ouvrit la porte et m'invita à entrer. Les deux autres étaient invisibles, mais le bruit de la douche se faisait entendre. Puis, le beau jeune homme aux dreadlocks s'approcha et m'embrassa soudainement. Choqué, mais sans réaction, je m'abandonnais à la situation. Il interpréta ma réaction comme un accord et fit un geste de la main.

Tout à coup, je sentis quelqu'un d'autre derrière moi, confirmant la présence de la troisième personne. Celui qui m'avait suggéré le cours de danse est sorti de la douche, lâchant la serviette qui enroulait son corps musclé. « Pourquoi ne pas danser à quatre ? » proposa-t-il. Sans rien dire, je hochai la tête, prêt à répondre à leurs désirs. J'ai obéi à leurs directives et nous avons passé la nuit ensemble, une expérience inattendue. Le lendemain, alors que les deux autres dormaient, celui qui m'avait embarqué dans cette aventure était déjà debout. Il me remit le paquet de billets en me disant que c'était pour le cours de danse et que je n'avais pas le droit de refuser. J'acquiesçais encore et repris mon travail, puis, après chaque service à l'hôtel, on se retrouvait tous pour notre « cours de danse ».

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Pierrot Men : Le regard d'une vie

Lire

6 juillet 2026

Pierrot Men : Le regard d'une vie

À l'heure où les écrans débordent de couleurs saturées et d'images consommées en quelques secondes, Pierrot Men rappelle qu'une photographie peut enco...

Edito
no comment - Tout feu, tout jeune

Lire le magazine

Tout feu, tout jeune

Le 12 août, on célèbre la Journée mondiale de la jeunesse. À Madagascar, cette journée a de quoi occuper un stade entier — les moins de 25 ans représentent plus de 60% de la population. Autrement dit, les jeunes ne sont pas l'avenir de Madagascar. Ils sont déjà le présent, et ils ont l'air pressés. Dans l'entrepreneuriat, ils sont de plus en plus nombreux à se lancer, à créer, à risquer — souvent sans filet, souvent sans aide, mais toujours avec cette énergie un peu folle qui fait qu'on se demande s'ils dorment vraiment la nuit. En culture, les nouvelles sont encore meilleures. Aina Rasamoelina vient de décrocher le Prix RFI Instrumental Afrique. Miangaly Elia rafle le Prix Paritana 2026. Madagascar rayonne, et ce sont des mains jeunes qui tiennent la torche. Alors oui, on pourrait s'arrêter là, applaudir et rentrer chez soi satisfait. Mais ce serait passer à côté d'une chose essentielle. La fougue, ça brûle fort — et parfois, ça brûle vite. Une flamme sans direction peut éclairer autant qu'elle peut consumer. C'est là que les aînés entrent en scène — pas pour reprendre le gouvernail, mais pour montrer où sont les récifs. Les jeunes ont la force, les vieux ont l'expérience, comme on dit. Ce n'est pas un combat de générations — c'est une question d'équipage. Partagez vos réussites, mais aussi vos échecs. Surtout vos échecs, d'ailleurs — ils enseignent mieux que n'importe quel manuel. À Madagascar, la barque avance. Il faut juste s'assurer que tout le monde rame dans le même sens.

No comment Tv

Interview - Razafindrakoto Fidel - Juillet 2026 - NC 198

Découvrez Razafindrakoto Fidel, fabricant de charrettes dans le no comment® NC 198 – juillet 2026.
Au PK 42 de la RN1, entre Antananarivo et Itasy, les étincelles jaillissent derrière un petit atelier ouvert sur la route. Razafindrakoto Fidel y façonne des charrettes métalliques et des équipements agricoles destinés aux campagnes malgaches. Héritier d'un savoir-faire familial, il perpétue un métier discret mais essentiel.

Focus

Sookany Trophy

Sookany Trophy, du 17 au 19 juillet à Antsiranana

no comment - Sookany Trophy

Voir