K-Mëc : Mister Coktail
8 février 2022 // Gastronomie // 5458 vues // Nc : 145

Véritable chimiste de la boisson festive, K-Mëc n’hésite pas à expérimenter les mélanges les plus improbables pour satisfaire les palais. Pour lui, la création est infinie et… sans modération !

Bartender ou mixologue ?
Les deux, mon colonel (sorbet citron arrosé de vodka pour les connaisseurs, ndlr). Le bartender est celui qui maîtrise l’art du service, le mixologue celui qui crée les recettes et moi je fais les deux. J’ai chez moi un laboratoire équipé de plusieurs variétés d’alcools, de spiritueux, d’épices et de contenants en tout genre. La mixologie, c’est de la chimie, pour bien maîtriser le truc, il ne faut pas hésiter faire le voyage alcoolique… je m’explique ! Il faut goûter à tout car chaque alcool a sa particularité selon sa région, son pays d’origine… Perso, je fais beaucoup de recherches, beaucoup de lectures, je m’adapte aux produits mais aussi à mon environnement et à la demande des clients.

Tes meilleurs cocktails ?
Il y a quelques temps, j’ai participé à un événement All Cool,Look all (Alcool Local) pour représenter les 18 tribus de Madagascar en cocktails. Je me suis documenté sur chaque tribu.

Parexemple, pour les Betsileo, j’ai choisi la corne de zébu commecontenant et j’ai utilisé l’Ambodivoara (rhum artisanal) commebase. Parmi mes autres créations, on retrouve le Litchi Sour, le Banana Split, le Akka… Il en faut pour tous les goûts. Certains adorent les cocktails plutôt salés, crémeux ou à base de persil, de ciboulettes… Personnellement, je les aime amers.

Quelle formation as-tu suivi ?
J’ai fait trois ans en hôtellerie à l’école Sir Gaëtan Duval à l’île Maurice. J’ai choisi la filière Food and Beverage avec spécialisation en bartending. Entre temps, j’ai enchaîné les petits boulots comme plongeur dans un Food Court ou serveur dans un restaurant chinois, le Shandong. Dans cet établissement il y avait un barman qui est décédé peu de temps après et on m’a proposé de lui succéder comme Bar Manager. J’y ai également rencontré un mixologue et j’ai donc appris à composer, à connaître les densités et les spécificités des rhums etdes autres boissons. Quand le Shandong a fermé, j’ai fait la rencontre d’un maître d’hôtel qui m’a proposé de travailler avec luiau Palms Hotel à Quatre-Bornes, au sein du Sky on 12 Loungeau niveau du rooftop. À l’époque, ce n’était pas encoretrès connu. On m’a donné carte blanche pour créer dessignatures cocktails.

Litchi sour
© Photo : Fabio Thierry Andriamiarintsoa

Le retour à Madagascar ?
Je suis revenu en 2018. Je cherchais un endroit pour fairedu jonglage et on m’a indiqué l’Aléa des Possibles de VirginieLavenant. Elle devait inaugurer un chapiteau de cirque en collaboration avec l’Is’art Galerie, l’actuelle Teinturerie à Ampasanimalo, et elle m’a demandé de proposer mes cocktails. Malheureusement, je n’en ai vendu que deux ce jour-là. Mais Cécile, de l’Is’art Galerie de l’époque, m’a proposé de travailler avec eux et defaire évoluer le côté restauration et bar du Comptoir des artistes, j’y suis toujours. J’ai aussi créé un bar mobile pour mieux faire connaître le métier qui n’est pas très valorisé chez nous.

Tes projets ?
De même qu’il y a des festivals de musique ou de danse, je vais organiser un festival des cocktails à la Teinturerie. Ce sera un grand laboratoire, j’y serais avec toutes les personnes qui ont collaboré avec moi, celles que j’ai formées. Ce sera une première à Madagascar. Je voudrais aussi participer au WorldClass, une compétition internationale de bartending. L’océan Indien est toujours représenté par La Réunion et l’île Maurice, pourquoi pas Madagascar ?


Propos recueillis par Aina Zo Raberanto

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
Et là, désolé pour les commerçants, aucune carte bancaire ne fait l’affaire.

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