K-Mëc : Mister Coktail
8 février 2022 // Gastronomie // 7167 vues // Nc : 145

Véritable chimiste de la boisson festive, K-Mëc n’hésite pas à expérimenter les mélanges les plus improbables pour satisfaire les palais. Pour lui, la création est infinie et… sans modération !

Bartender ou mixologue ?
Les deux, mon colonel (sorbet citron arrosé de vodka pour les connaisseurs, ndlr). Le bartender est celui qui maîtrise l’art du service, le mixologue celui qui crée les recettes et moi je fais les deux. J’ai chez moi un laboratoire équipé de plusieurs variétés d’alcools, de spiritueux, d’épices et de contenants en tout genre. La mixologie, c’est de la chimie, pour bien maîtriser le truc, il ne faut pas hésiter faire le voyage alcoolique… je m’explique ! Il faut goûter à tout car chaque alcool a sa particularité selon sa région, son pays d’origine… Perso, je fais beaucoup de recherches, beaucoup de lectures, je m’adapte aux produits mais aussi à mon environnement et à la demande des clients.

Tes meilleurs cocktails ?
Il y a quelques temps, j’ai participé à un événement All Cool,Look all (Alcool Local) pour représenter les 18 tribus de Madagascar en cocktails. Je me suis documenté sur chaque tribu.

Parexemple, pour les Betsileo, j’ai choisi la corne de zébu commecontenant et j’ai utilisé l’Ambodivoara (rhum artisanal) commebase. Parmi mes autres créations, on retrouve le Litchi Sour, le Banana Split, le Akka… Il en faut pour tous les goûts. Certains adorent les cocktails plutôt salés, crémeux ou à base de persil, de ciboulettes… Personnellement, je les aime amers.

Quelle formation as-tu suivi ?
J’ai fait trois ans en hôtellerie à l’école Sir Gaëtan Duval à l’île Maurice. J’ai choisi la filière Food and Beverage avec spécialisation en bartending. Entre temps, j’ai enchaîné les petits boulots comme plongeur dans un Food Court ou serveur dans un restaurant chinois, le Shandong. Dans cet établissement il y avait un barman qui est décédé peu de temps après et on m’a proposé de lui succéder comme Bar Manager. J’y ai également rencontré un mixologue et j’ai donc appris à composer, à connaître les densités et les spécificités des rhums etdes autres boissons. Quand le Shandong a fermé, j’ai fait la rencontre d’un maître d’hôtel qui m’a proposé de travailler avec luiau Palms Hotel à Quatre-Bornes, au sein du Sky on 12 Loungeau niveau du rooftop. À l’époque, ce n’était pas encoretrès connu. On m’a donné carte blanche pour créer dessignatures cocktails.

Litchi sour
© Photo : Fabio Thierry Andriamiarintsoa

Le retour à Madagascar ?
Je suis revenu en 2018. Je cherchais un endroit pour fairedu jonglage et on m’a indiqué l’Aléa des Possibles de VirginieLavenant. Elle devait inaugurer un chapiteau de cirque en collaboration avec l’Is’art Galerie, l’actuelle Teinturerie à Ampasanimalo, et elle m’a demandé de proposer mes cocktails. Malheureusement, je n’en ai vendu que deux ce jour-là. Mais Cécile, de l’Is’art Galerie de l’époque, m’a proposé de travailler avec eux et defaire évoluer le côté restauration et bar du Comptoir des artistes, j’y suis toujours. J’ai aussi créé un bar mobile pour mieux faire connaître le métier qui n’est pas très valorisé chez nous.

Tes projets ?
De même qu’il y a des festivals de musique ou de danse, je vais organiser un festival des cocktails à la Teinturerie. Ce sera un grand laboratoire, j’y serais avec toutes les personnes qui ont collaboré avec moi, celles que j’ai formées. Ce sera une première à Madagascar. Je voudrais aussi participer au WorldClass, une compétition internationale de bartending. L’océan Indien est toujours représenté par La Réunion et l’île Maurice, pourquoi pas Madagascar ?


Propos recueillis par Aina Zo Raberanto

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Pierrot Men : Le regard d'une vie

Lire

6 juillet 2026

Pierrot Men : Le regard d'une vie

À l'heure où les écrans débordent de couleurs saturées et d'images consommées en quelques secondes, Pierrot Men rappelle qu'une photographie peut enco...

Edito
no comment - Tout feu, tout jeune

Lire le magazine

Tout feu, tout jeune

Le 12 août, on célèbre la Journée mondiale de la jeunesse. À Madagascar, cette journée a de quoi occuper un stade entier — les moins de 25 ans représentent plus de 60% de la population. Autrement dit, les jeunes ne sont pas l'avenir de Madagascar. Ils sont déjà le présent, et ils ont l'air pressés. Dans l'entrepreneuriat, ils sont de plus en plus nombreux à se lancer, à créer, à risquer — souvent sans filet, souvent sans aide, mais toujours avec cette énergie un peu folle qui fait qu'on se demande s'ils dorment vraiment la nuit. En culture, les nouvelles sont encore meilleures. Aina Rasamoelina vient de décrocher le Prix RFI Instrumental Afrique. Miangaly Elia rafle le Prix Paritana 2026. Madagascar rayonne, et ce sont des mains jeunes qui tiennent la torche. Alors oui, on pourrait s'arrêter là, applaudir et rentrer chez soi satisfait. Mais ce serait passer à côté d'une chose essentielle. La fougue, ça brûle fort — et parfois, ça brûle vite. Une flamme sans direction peut éclairer autant qu'elle peut consumer. C'est là que les aînés entrent en scène — pas pour reprendre le gouvernail, mais pour montrer où sont les récifs. Les jeunes ont la force, les vieux ont l'expérience, comme on dit. Ce n'est pas un combat de générations — c'est une question d'équipage. Partagez vos réussites, mais aussi vos échecs. Surtout vos échecs, d'ailleurs — ils enseignent mieux que n'importe quel manuel. À Madagascar, la barque avance. Il faut juste s'assurer que tout le monde rame dans le même sens.

No comment Tv

Interview - Razafindrakoto Fidel - Juillet 2026 - NC 198

Découvrez Razafindrakoto Fidel, fabricant de charrettes dans le no comment® NC 198 – juillet 2026.
Au PK 42 de la RN1, entre Antananarivo et Itasy, les étincelles jaillissent derrière un petit atelier ouvert sur la route. Razafindrakoto Fidel y façonne des charrettes métalliques et des équipements agricoles destinés aux campagnes malgaches. Héritier d'un savoir-faire familial, il perpétue un métier discret mais essentiel.

Focus

Sookany Trophy

Sookany Trophy, du 17 au 19 juillet à Antsiranana

no comment - Sookany Trophy

Voir