Caméléon Center Conservation : Discrets, colorés… et menacés
11 octobre 2025 // Nature // 2573 vues // Nc : 189

Quand un passionné d’herpétofaune depuis son enfance décide de se consacrer aux caméléons, ça donne le Caméléon Center Conservation. Sébastien Métrailler a fondé, en 2022, la première organisation non gouvernementale exclusivement dédiée à l’étude et à la conservation des reptiles. Basée en Suisse, elle lutte avec plus d’une vingtaine de partenaires institutionnels pour la survie de ces petits et grands joyaux de la nature. A savoir que les derniers maîtres du camouflage sont en sursis

Le caméléon, menacé de partout ?
Le caméléon reflète la qualité de son environnement. Il est considéré comme une espèce parapluie, sa protection bénéficie indirectement à de nombreuses autres espèces partageant le même habitat. Il fait face à la perte et à la fragmentation de l’habitat par la déforestation, l’agriculture sur brûlis ou l’urbanisation, mais certaines espèces, inféodées aux forêts brumeuses d’altitude, sont aussi très vulnérables au changement climatique. À cela s’ajoutent la capture ou la destruction d’individus à cause du commerce international – légal ou pas – et certaines croyances locales. Dans la réserve de Vohimana, nous avons recensé 12 espèces, et sur l’ensemble de nos trois projets malgaches, nous en étudions actuellement 20, représentant 782 individus inventoriés. Parmi elles, quatre sont en danger d’extinction selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) : le Calumma furcifer, le Calumma gallus, le Brookesia ramanantsoai, le Furcifer nicosiai, et une espèce est quasi menacée et en fort déclin, le Calumma parsonii, plus grand caméléon du monde.

Comment menez-vous ces actions de conservation ?
En nous reposant sur trois axes : améliorer les connaissances scientifiques pour comprendre les besoins écologiques et physiologiques de chaque espèce et anticiper leur réaction aux changements environnementaux, protéger l’habitat via la sensibilisation et des actions locales, et développer des programmes d’élevage conservatoire in situ des espèces les plus menacées en collaborant avec les structures zoologiques européennes pour avoir une “assurance-vie” génétique. À Madagascar, notre premier grand terrain d’action a été la réserve de Vohimana, en partenariat avec l’ONG locale L’Homme et l’Environnement et le Parc zoologique de Paris – Muséum national d’Histoire naturelle. Nous y avons développé des protocoles scientifiques et des méthodes de collaboration étroite avec les guides locaux. Ce sont aujourd’hui un modèle pour nos nouvelles missions ailleurs, dont le massif du Makay et la forêt d’Iaroka depuis cette année.

Complémentarité en conservation…
Sur le terrain, nos chercheurs européens réalisent souvent à quel point les guides locaux sont de véritables experts de leur environnement. La rencontre entre l’instinct et l’expérience empirique des guides et l’apport méthodologique et scientifique des chercheurs internationaux pour une même cause crée des moments de collaboration intenses et chargés d’émotion : nos équipes ont déjà parcouru plus de 1000 km à pied dans les forêts malgaches. La science recense actuellement 234 espèces de caméléons qui vivent presque exclusivement à Madagascar et en Afrique continentale. Nous cherchons à déployer nos projets de terrain dans ces régions et, en ce moment, nous travaillons sur la mise en œuvre d’un projet au Maroc où le caméléon commun est l’objet d’une surexploitation et d’une collecte non contrôlée sur l’ensemble de sa zone de répartition méditerranéenne. Chacun peut contribuer à la conservation, même à distance : un don, un partage d’information, un partenariat… chaque geste compte.

Propos recueillis par Rova Andriantsileferintsoa

Facebook : Caméléon Center Conservation
Contact : www.cameleoncenterconservation.org

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Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

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