François Beudard « Une revue de vulgarisation scientifique sur la biodiversité »
23 mai 2024 // Nature // 4148 vues // Nc : 171

Mettre en avant la richesse de la biodiversité de l’océan Indien, c’est l’un des objectifs principaux de la revue Gecko. Le premier numéro est sorti au mois de septembre 2023 avec un contenu riche qui servira d’outil de vulgarisation scientifiques et d’échanges selon François Beudard, directeur de l’Association des Naturalistes de Mayotte.

Comment est née la Revue Gecko ?
L'association pour laquelle je travaille, les Naturalistes de Mayotte, avait créé une première revue qui s'appelait Univers Maoré, il y a une vingtaine d’années. Elle était basée uniquement sur Mayotte, mais faisait déjà la vulgarisation de l'information scientifique pour un public plus grand, plus large à travers des images et les contributions de scientifiques de la zone de Mayotte pour améliorer les connaissances sur la faune, la flore, l'aménagement...
Grâce au programme Varuna Biodiversité de l’AFD (Agence Française de développement) et Expertise France, nous avons pu relancer une nouvelle revue de vulgarisation scientifique de connaissances et d’actions qui sont menées dans les territoires francophones du sud-ouest de l’océan Indien : Les Seychelles, Madagascar, l’Île Maurice, les Rodrigues, La Réunion, Les Comores et Mayotte.

Cette revue a pour vocation de mobiliser les acteurs de terrain, les chercheurs, les naturalistes, les passionnés de la biodiversité pour apporter leurs témoignages, leurs connaissances, leurs recherches sur la biodiversité sur leur territoire.

Pourquoi cette urgence de relancer une revue scientifique sur la biodiversité, plus particulièrement, celle de l’océan Indien ?
Aujourd’hui, malheureusement, l’aménagement du territoire et les pratiques agricoles culturales ne prennent pas toujours en compte la biodiversité, le respect du patrimoine naturel, des territoires et de tous les services qu’ils peuvent nous apporter en termes de santé, d’alimentation, en tourisme, éco-tourisme…La vision pour nos enfants et nos petits-enfants est parfois ternie par des projets et des actions néfastes pour la biodiversité. Il nous paraissait important de produire localement quelque chose qui nous rassemble. Nous avons beaucoup de choses en commun à partager avec les territoires du sud-ouest de l’océan Indien. Cela nous semblait important de pouvoir partager les bonnes comme les mauvaises pratiques, les expériences et les témoignages. Montrer aussi des personnes qui militent et qui luttent pour protéger ou faire connaître la biodiversité du sud-ouest de l’océan Indien.

Justement, comment se présente cette revue ?  
Elle se présente sous plusieurs formats. Nous avons prévu d’éditer une revue papier de 64 pages tous les semestres. Le premier numéro est sorti, le second le sera en avril 2024 et portera sur les mangroves de l’océan Indien avec un dossier conséquent sur les mangroves de Madagascar. La revue se décline également à travers un site web qui présente les articles, que ce soit de la revue imprimée ou d’autres articles que nous allons produire. Nous partageons également un certain nombre d’éléments à travers nos réseaux sociaux et nous sommes en train de mettre en place une plateforme de webinaire qui nous permettra de faire appel à un contributeur, un chercheur, un acteur ou une personne travaillant sur les thématiques de la biodiversité dans l’océan Indien. Il pourra présenter ses travaux pour un public cible varié comme des étudiants, des jeunes, des lycéens…

Quelques mots sur l’Association des Naturalistes de Mayotte ?
C’est une association de protection de la nature créée en 1999. Elle est mobilisée sur le territoire de Mayotte, mais depuis quelques temps, elle s’ouvre à la coopération régionale, notamment la mise en place d’un programme d’actions pour la préservation des Dugong (espèce de mammifère marin herbivore proche des lamantins, NDLR) de l’océan Indien. Nous menons également des actions sur les tortues marines qui voyagent autour de nos îles.

Mangroves de Mayotte.
© Photo : Germain Rolland
Flamants roses de Madagascar.
© Photo : Didier Beudard
Tortue des Seychelles.

Les projets ?
Nous sommes en pleine maturation du projet Gecko, la mise en place du webinaire, élargir notre lectorat… Nous travaillons déjà sur le 3ème numéro dont le dossier central portera sur une autre problématique internationale, mais qui touche en particulier les territoires insulaires du sud-ouest de l’océan Indien. L’idée étant de travailler petit à petit pour pérenniser la publication de cette nouvelle revue, qui espérons-le, permettra de sensibiliser, de conscientiser et d’apporter des pistes de solutions ou des partenariats aux acteurs, chercheurs et décideurs de la zone sud-ouest de l’océan Indien.

Propos recueillis par Aina Zo Raberanto
Contact : https://revue-gecko.com/

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Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

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