Lova Rina Raharinaivo : « Le nombre de femmes scientifiques malgaches augmente »
7 février 2023 // Nature // 5474 vues // Nc : 156 - 157

Elle fait partie des 20 chercheuses africaines qui ont été récompensées par le « Prix Jeunes Talents Afrique subsaharienne L’Oréal-UNESCO Pour les Femmes et la Science », le 1er décembre dernier, à Abidjan (Côte d'Ivoire). Ses travaux sur la pollution plastique et ses alternatives à Madagascar ont convaincu le jury.

Comment avez-vous été sélectionnée pour le « Prix Jeune Talent » de la Fondation L’Oréal-Unesco ?
Comme son nom l’indique, le programme régional Jeunes Talents Afrique subsaharienne L’Oréal-UNESCO pour les Femmes et la Science vise à promouvoir la participation des Africaines (doctorantes et post-doctorantes) dans tous les domaines de la science. Je suis, pour ma part, doctorante en sciences de la vie et de l’environnement. Comme pour les 19 autres « jeunes talents » récompensés par l’édition 2022, ma candidature a été retenue parmi 425 dossiers qui émanaient de 48 pays de la région. La Fondation a tenu compte à la fois, comme l’indique le règlement, de la « qualité du document de candidature » et de l’« excellence scientifique des travaux de recherche ».

Pourquoi avoir choisi le domaine scientifique ?
J’ai toujours admiré les gens en blouse blanche dans les laboratoires. J’ai fait mes études à Toliara ,et c’est après mon baccalauréat série D que j’ai décidé de devenir scientifique. Après mon DEA en océanologie appliquée, obtenue en 2018 à l’Institut halieutique et des sciences marines (IHSM) de Toliara, j’ai travaillé dans le cadre d plusieurs projets en collaboration avec IHSM, l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et OCEA Consult’, organisme consultant en environnement aquatique. Et maintenant, je suis en train de réaliser mon doctorat.

Pouvez-vous nous résumer votre thème de recherche ?
Mon projet « Bioplastiques et algoculture villageoise à Madagascar » vise à démontrer que l’algoculture est une activité génératrice de revenus pour les villageois. À partir algues, on peut fabriquer des sacs bioplastiques, donc biodégradables, mais également produire des carraghénanes, un additif abondamment employé comme épaississant et gélifiant par l'industrie alimentaire.

Les bioplastiques sont aussi une alternative à la pollution plastique ?
On est en train de calculer avec précision la quantité de matières plastiques qui s’accumulent dans les habitats et les organismes marins, elle est énorme ! En raison de leur abondance et de leur durabilité, ces déchets menacent à la fois la biodiversité marine et l'homme. La mort des animaux marins par étranglement dû aux plastiques est connue, mais la présence de fragments microscopiques de plastique en mer présente aussi des risques. L'ingestion de microplastiques a des effets sur les animaux qui les absorbent tout comme chez l’homme qui consomme ces derniers.

Que vous apporte concrètement ce prix, en plus de la dotation de 10 000 euros pour les doctorantes et de 15 000 euros pour les post-doctorantes ?
Chaque candidate sélectionnée obtient plus de visibilité et de support dans la réalisation de ses recherches, avec également un séjour de formation sur le leadership, la négociation, l’éthique de la recherche, etc. Pour moi, c’est à la fois une réussite personnelle et une fierté comme femme africaine. La science n’a pas de genre et je suis heureuse de constater que le nombre de femmes scientifiques malgaches a augmenté ces derniers temps. Cela signifie que plus de femmes s’intéressent à la science, et c’est très encourageant, même si trop peu encore poursuivent jusqu’au doctorat et à l’habilitation à diriger des recherches.

Propos recueillis par Aina Zo Raberanto

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Pierrot Men : Le regard d'une vie

Lire

6 juillet 2026

Pierrot Men : Le regard d'une vie

À l'heure où les écrans débordent de couleurs saturées et d'images consommées en quelques secondes, Pierrot Men rappelle qu'une photographie peut enco...

Edito
no comment - Juillet, enfin !

Lire le magazine

Juillet, enfin !

Juillet est là. Et avec lui, cette douce illusion collective qu'on appelle « les vacances ». Douce pour certains, seulement. Parce que pendant que quelques chanceux plient bagages et filent vers les côtes, une bonne partie de Madagascar retient son souffle. Les bacheliers scrutent leur téléphone comme si les résultats allaient tomber par notification divine. Les étudiants enfilent leur première veste de stagiaire — bienvenue dans le monde réel, c'est moins glamour que prévu. Les parents, eux, découvrent avec une joie mitigée que des enfants à la maison toute la journée, c'est bruyant, c'est gourmand, et ça chamaille pour un rien. Quant aux entrepreneurs, ils ont flairé l'aubaine : juillet, c'est la saison des idées — et des chiffres à gonfler. Bref, les vacances, ce grand repos tant attendu, ressemblent pour beaucoup à un sprint déguisé en pause. Heureusement, nocomment est là. Ce mois-ci, on vous embarque à travers Madagascar — ses sorties, ses escales, ses bonnes adresses, ses cultures et ses petites merveilles qui ne font pas de bruit mais méritent qu'on en parle. Parce que s'évader, parfois, ça commence par une bonne lecture.

No comment Tv

Interview - Tahiry David Animator - Juin 2026 - NC 197

Découvrez Tahiry David Animator, un animateur 2D-3D dans le no comment® NC 197 – juin 2026.
Tahiry David Rasolofoson, plus connu sous le pseudo Tahiry David Animator, est un animateur 2D-3D malgache. Lauréat de l'AnimJam 2026 à l'IFM Analakely, il fabrique des mondes entiers à partir d'un ordinateur, de nuits blanches et d'un sens aigu du chaos cartoon. Entre humour absurde et références pop malgaches, il impose peu à peu sa signature dans l'univers de l'animation.

Focus

Mondiale des services traiteurs

Elimination continental pour la Mondiale des services traiteurs

no comment - Mondiale des services traiteurs

Voir