Véronique de Mazotoa by Zoe (Tana)
18 mai 2023 // Gastronomie // 6891 vues // Nc : 160

Situé à Isoraka, Mazotoa by Zoe est la nouvelle adresse pour déguster une cuisine française façon bistronomique. Des plats préparés avec soin par Véronique.

Depuis 2007, Véronique est passé par tous les échelons en cuisine. Elle débute par un stage de quelques mois au Carlton à Anosy pour se familiariser avec le milieu sous la houlette de Chef Elise à l’époque. « Je dirais qu’elle est mon mentor. Elle n’a pas hésité à me dévoiler tous les petits secrets en cuisine. C’est grâce à elle que je suis là aujourd’hui. » Au bout de six mois de stage, elle est recrutée en tant que cuisinière et monte en grade, demi chef et chef de partie. Après neuf ans, elle quitte les cuisines du Carlton pour s’installer au Canela à Antsahavola où elle y reste pendant cinq ans et fait ensuite partie des cuisines du restaurant La Compagnie des Voyageurs à Ivandry. Depuis décembre 2022, elle gère de main de maître les fourneaux de Mazoto by Zoe. « Ici, on me surnomme la reine des entrées. J’aime particulièrement travailler les plats froids même si je peux gérer les plats chauds et la pâtisserie. J’aime les légumes, leurs couleurs, leurs goûts, je passe du temps à penser au visuel… Pour mes inspirations, je fais des recherches sur internet et je regarde beaucoup les émissions culinaires. »

Présentez-nous votre style ?
Un style simple basé sur une cuisine de tradition loin des nouveaux codes culinaires. Des produits simples, sans prétention, sans nom à rallonge, sans décoration. Une assiette simple, une cuisine de saveurs, une cuisine de grand-mère, une cuisine familiale du dimanche.

Quels sont vos produits de prédilection ?
Les produits du terroir français sous le label AOC (Appellation d’Origine Contrôlée)  et AOP (Appellation d’Origine Protégée) et de qualité.

Quels sont les ingrédients récurrents dans vos plats ?
Le beurre et la crème fraiche. Et bien sûr, l’amour de la cuisine, la passion, les essentiels de ce métier.

Le plat qui vous rend coucou ?
Un bon hachis Parmentier servie avec une bonne salade verte et un verre de vin rouge.

Votre boisson préférée ?
J’en ai plutôt deux ! L’eau gazeuse et le vin rouge qu’on consomme avec modération.

À quelle fréquence modifiez-vous votre carte ?
Nous changeons la carte suivant les produits de saison mais nous ajoutons souvent des suggestions.

Comment vous y prenez-vous pour créer un plat ?
Toutes les créations me viennent par flash la nuit !

Quelle est votre actualité ?
Le lancement d’une carte pâtisserie revisitée. Et notre brunch tous les dimanches de 9 ha 16h.

Propositions gourmandes par Véronique de Mazotoa By Zoe

Burger Mazotoa
Brochettes de camarons sauce citronnée
Blanquette de veau et pâtes fraîches maison
Trilogie de mousses aux chocolats

Recettes du mois

Filet de kangourou façon Rossini
Ecrasé de patate douce au cumin et noisette  Compotée de fruits rouges et de piment d’Espelette AOP

Ingrédients

Un filet de 120 grammes de kangourou
Une tranche de foies gras de préférence fait maison
Des fruits rouges (framboises, fraises, groseilles, mûres)
Patate douces 
Cumin 

Beurre
Noisette
Cognac
Sel 
Poivre
Piment  d’Espelette
Concassé de noisette

Mode de préparation

Mettre la patate douce dans une casserole sans l’éplucher. Démarrer la cuisson à froid et mettre du gros sel. Pendant ce temps, mettre une noisette de beure dans une poêle bien chaude et y mettre les fruits rouges avec un peu de miel. Une fois cuit, préparer un bol bien glacé et mixer les fruits.
Ensuite, les passer au chinois afin d’ôter les pépins et réserver au frais. Une fois la patate douce cuite, l’écraser a la main mais ne surtout pas utiliser un appareil électrique sinon la purée sera collante. Rajouter du beurre, du sel et du piment d’Espelette et maintenir au chaud au four.
Chauffer une poêle, jeter une noisette de beurre, de l’ail écrasé, du thym, du romarin et mettre le filet de kangourou. Le faire saisir à feu vif et verser le cognac flambé. (Il est préférable de le manger saignant afin d’optimiser toutes les saveurs) Pour le dressage, prendre une assiette, y monter la purée à l’aide d’un cercle, parsemer des noisettes sur le dessus.
Sur un côté de l’assiette, disposer le filet de zébu et y déposer la tranche de foies gras.
Prendre une cuillère et disposer dans l’assiette le coulis de fruit bien  froid pour obtenir un résultat chaud/froid. Servir de suite.

Propos recueillis par Aina Zo Raberanto

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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