E-sport : Rien de mieux qu’un bon baston
9 avril 2021 // Media & Add-0n // 8082 vues // Nc : 135

Lorsqu’on parle d’esport ou e-sport, on pourrait dire qu’il existe l’Afrique et le reste du monde. Pourquoi ? Question de popularité des jeux présents sur la scène compétitive. Madagascar en est un parfait exemple, le monde e-sportif dénotant avec les plus grandes arènes internationales.

Petit « disclaimer » pour ne pas heurter les âmes sensibles : dire ici que la scène malgache ne ressemble pas au reste du monde n’est en rien une critique ou une tentative de la dévaluer. Il s’agit ici de mettre en avant des différences notables, basées sur les actions des acteurs les plus populaires de l’esport, et sur la représentation des jeux lors des événements les plus populaires. Le fait que les deux soient différentes ne veut pas dire que l’une soit meilleure que l’autre, mais uniquement qu’il existe des tendances dans la consommation et la gestion du milieu compétitif.

Lorsqu’on regarde les jeux compétitifs les plus populaires chez les professionnels, on retrouve les habituels League of Legends, CS:GO, Dota 2, FIFA ou encore Hearthstone. À l’exception de FIFA (et dans une certaine mesure Dota 2), tous nécessitent un accès à internet pour pouvoir pratiquer. Or, internet est encore loin d’être démocratisé à Madagascar. Encore moins la qualité de connexion nécessaire à faire tourner des événements de grandes envergures à l’image des LCS (League of Legends Championship Series). Ce n’est pas pour rien que les jeux cités plus haut, bien que joués, sont loin de faire l’unanimité du côté des compétiteurs nationaux.

Les jeux compétitifs attirant le plus joueurs sont bien différents du haut du panier mondial, puisqu’il s’agit des jeux de combat, à l’exception encore une fois de FIFA et PES, des jeux de football, de par la popularité du sport physique. Alors oui, les « versus fighting » sont populaires à l’international. EVO et Combo Breaker sont autant d’événements qu’on ne peut ignorer. Mais ils n’atteignent pas le niveau d’audience des ténors du milieu.

Le récent Arc Rising Tournament et les divers manifestations esportives dans les grandes villes du pays ont prouvé l’attrait pour le genre. Attrait qui s’explique en grande partie par la simplicité à entrer dans le milieu, qui s’accorde à la difficulté pour arriver au sommet. Pour y jouer, pas besoin d’un internet fibre optique et tout le bazar, ni d’un PC à un million de FPS (exagération bien sûr). Une console et des potes suffisent pour débuter, et les meilleurs Malgaches se lancent petit à petit à partir des salles de jeux jusqu’aux arènes nationales. Les plus grands investiront dans d’autres matériels comme des joysticks, mais, dans les faits, ce n’est pas indispensables. Mais atteindre le top niveau demande de l’entraînement, donc du temps et une facilité d’accès aux infrastructures. Ce que les jeux de combat permettent. Ce genre a l’avenir le plus prometteur à Madagascar, et ce n’est pas pour rien que la communauté est la plus active.

L’organisation d’un tournoi demande moins de moyens matériels. Des parties uniques courtes, permettant une flexibilité dans l’organisation d’événements (BO 1 à 10) en 1v1 contrairement aux 5v5 d’un MOBA (Multiplayer Online Battle Arena, arène de bataille en ligne multijoueur), du matériel disponible à coût réduit avec le prix des consoles inférieur à celui des PC et des salles de jeux aux tarifs compétitifs, une communauté de joueurs solide grâce à une notoriété construite sur des années avec, par exemple, les jeux Tekken ou le studio Arc System Works… La Fighting Games Community règne en maître sur l’esport malgache. Une communauté qui ne cesse de grandir, qui vise maintenant le feu des projecteurs internationaux. Mais quel que soit notre jeu de prédilection, l’objectif final est de faire briller l’e-sport.


Propos recueillis par  Eymeric Radilofe

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
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