Ny Anjara Rafalimanana : Une école de foot 100 % féminine
7 mars 2022 // Loisirs & J’ai essayé // 6427 vues // Nc : 146

Elle est la fondatrice de Yfomac Initiatives, la première école de foot exclusivement féminine à Madagascar. Son objectif : briser les barrières dans le monde du sport et permettre aux filles de réveiller leur potentiel.

Elle marche sur les crampons de son grand-père, Ralibera, le fondateur du Young Football Madera Club (Yfomac), en 1984. Un club de première division masculine dans la région d’Itasy qui fut repris par son père en 2011. Puis, il y a trois ans, Ny Anjara a choisi de changer la vision du club en le transformant en école de foot féminin. « C’était pour répondre à des problématiques que j’avais vécues quand j’étais petite. À 9 ans, j’étais dans un club de garçons et je n’avais pas les mêmes opportunités qu’eux. Ils étaient toujours titulaires, ils avaient un maximum de temps de jeu, nous les filles, rien. Avec ce club, je veux donner plus d’opportunités aux filles, car je sais qu’elles sont nombreuses à adorer ce sport à Madagascar. » L’école a déjà accueilli près de 300 joueuses, de toutes catégories d’âge et de classes sociales, comme Tania, 20 ans, gardienne de but ou Zita, 17 ans, milieu récupératrice.

Malgré un fonctionnement par autofinancement, l’école arrive à mettre en place une organisation rigoureuse. « Les filles qui peuvent payer les cotisations le font et celles qui ne peuvent pas sont des boursières. L’argent n’est pas une finalité. Peu importe leur classe sociale, elles doivent avoir les mêmes opportunités et être solidaires. » Bien que l’école soit exclusivement féminine, elle garde les mêmes valeurs que celles du club à ses débuts, à savoir l’éducation, le respect, l’entraide, l’esprit de compétition. Le football féminin malgache étant pauvre en compétitions, Yfomac Initiatives a organisé la première compétition WFF (Week-end Football Féminin) en 2020 pour les catégories U13. « Malgré une élimination en demi-finale, les filles n’ont pas baissé les bras. De plus, une dizaine de clubs ont été créées à la suite de cette compétition. » En 2021, l’école renouvelle l’expérience et participe à la première compétition officielle pour la catégorie U17 : un championnat de la section d’Antsimondrano, sous l’égide de la Ligue régionale d’Analamanga et de la Fédération malgache de football, qu’elles ont remporté !  « C’était une très bonne surprise. La plupart de nos filles sont des débutantes et nous avons gagné contre des adversaires qui sont dans le monde du foot depuis longtemps. »

Face à l’engouement pour le foot féminin, un autre tournoi a été organisé en décembre dernier, alors que le WFF est devenu Women Empowerment Football Féminin pour les catégories U17 et les seniors. Plus que du sport, le foot permet aux filles de prendre confiance en elles, d’apprendre à jouer en équipe et de s’intégrer. L’école propose aussi des ateliers de créativité en dehors des entraînements et des programmes de formation en leadership et en développement personnel pour les plus grandes. « J’ai envie de casser le stéréotype que si tu joues au foot, c’est que tu manques de matière grise. J’inculque aux filles une mentalité de leader avec la volonté d’aller loin. » Et justement pour son école, Ny Anjara vise loin. Elle veut transformer Yfomac Initiatives en entreprise sociale pour éviter l’autofinancement et permettre à l’école de s’étendre. L’objectif, donner une plus grande opportunité aux filles, surtout dans les zones rurales, et créer de l’emploi pour les anciennes joueuses malgaches. « Malheureusement, ce n’est pas évident de trouver des partenaires. J’ai l’impression que le foot féminin n’intéresse pas. Mais je reste confiante et je me bats pour atteindre nos objectifs. »  


Aina Zo Raberanto

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
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