Yaoudah Tihandragnahary : L’accessoire est essentiel
9 mars 2022 // Mode & Design // 8684 vues // Nc : 146

À travers sa marque Maforal, Yaoudah Tiandragnahary magnifie les mille et un tissus africains et malgaches qu’elle réactualise. Et si elle aime se perdre dans l’accessoire (sacs, bijoux, chaussures) c’est toujours avec le goût bien ancré en elle de l’essentiel.

Oser être soi-même, c’est le message que Yaoudah Tiandragnahary veut transmettre à travers sa marque Maforal pour Madagascar For All, créée en 2017. Une fusion entre la culture malgache et africaine qui se traduit dans l’utilisation de matières premières comme le soga (coton écru), le wax (coton ciré), le bazin (coton teinté), le lambahoany (coton imprimé) ou le cuir. Maforal propose ainsi des vêtements personnalisés qui sublime celles qui les portent. Que ce soit les coupes, les matières ou les couleurs, chaque pièce est pensée en fonction de celle à qui le vêtement est destiné. « Je privilégie la relation personnalisée. Il faut que je sache qui elle est et à quelle occasion elle va porter le vêtement. » La créatrice déplore que la mode d’aujourd’hui soit si uniforme et pour se démarquer, elle s’inspire de tout un tas de choses qu’elle glane dans la rue ou dans les films.

Jamais à court d’idées et toujours prête à pas à se lancer des défis, elle a participé en 2018 à la première édition du Global Startup Week-end Woman Madagascar. Avecdeux autres femmes, un projet de création de produits de maquillage spécialement conçue pour les peaux métissées et noires est né, sans pour autant délaisser la mode. Pour apporter sa touche personnelle, Yaoudah donne un nom à chacune de ses pièces. Par exemple, Manjaka (puissant) est une sorte de veste longue fleurie et très vive. « Ce modèle peut être associé à différents styles. On peut le mettre avec un pantalon, une robe ou une jupe, selon l’humeur de la personne. » La passion pour le fil et l’aiguille, Yaoudah l’a reçue toute petite de sa mère, couturière. Et depuis quelques temps, elle revendique le surcyclage (upcycling), le top en matière de recyclage puisqu’il s’agit de créer du neuf avec du vieux, sans pour autant transformer ou déconstruire la matière première que l'on utilise.

Elle s’y est engagée par obligation, car à cause de la pandémie, certaines matières premières n’ont pas pu être acheminées normalement et elle a donc dû se tourner vers le recyclage des chutes de tissus. « J’ai failli tomber dans la dépression, j’avais peur de perdre mes clients. Mais je me suis dit qu’il fallait accepter la situation et ne pas baisser les bras. Ces obstacles t’aident à grandir et à toujours trouver une solution : la preuve. » De ces événements est née sa collection Manonga (Aller de l’avant) composée d’une dizaine de pièces. « Pour les porter, il faut avoir un esprit combatif et être persévérant. » En plus des vêtements, Yaoudah crée des accessoires : sacs, chaussures et bijoux. « L’accessoire est l’extension du vêtements, il prolonge aussi la personnalité de qui le porte, en cela il est essentiel »


Aina Zo Raberanto

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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