TedX Youth : En mode génération business
20 juillet 2025 // In & Out // 4739 vues // Nc : 186

Cinq ans d'absence. Une parenthèse virtuelle en pleine pandémie. Et puis, fin mai, dans un souffle un peu timide mais bien décidé, TEDxYouth est revenu à Madagascar. Une jeune lycéenne, Zahra Yavarhoussen, forte d’être détentrice de licence officielle délivrée par TED, se trouve derrière cette renaissance.

Autour d’elle, une équipe soudée de six jeunes, tous âgés de 15 à 18 ans, déterminés à porter haut les couleurs de cet événement international pensé par et pour les jeunes. Le public ciblé ? De 13 à 25 ans, avec ce même appétit pour les trajectoires qui sortent du cadre, les parcours qui éclairent les possibles — bref, les histoires « qui valent la peine d’être partagées », comme le veut la formule consacrée.

Le thème de cette première édition post-confinement : « Inspirer ». Vaste mot. À Madagascar, ce sont dix intervenants, pour la plupart issus du monde entrepreneurial, qui ont accepté de prendre le micro. Une orientation qui, sans doute malgré elle, a dessiné une certaine idée de la réussite : celle qui passe par la création d’entreprise, l’ascension sociale, la performance individuelle. « On a contacté des artistes, des photographes, des créatifs… mais beaucoup ont annulé. Seuls les entrepreneurs ont tenu à prendre la parole », nuance Zahra.

Le résultat ? un programme très « business », certes riche, mais un peu lisse, un peu homogène. Un reflet, peut-être, d’une génération qui associe encore l’inspiration à la réussite visible, monétisable, mesurable. Mais ce n’est qu’un début. La licence, renouvelable en novembre, pourrait ouvrir sur une deuxième édition plus inattendue. L’équipe y croit. Elle prévoit de lancer des appels à candidatures ouverts, pour faire surgir des voix qu’on n’attend pas, des récits moins calibrés, moins « LinkedIn », plus vivants, plus vulnérables aussi. Parce que s’inspirer, parfois, c’est juste entendre quelqu’un dire tout haut ce qu’on n’osait même pas penser tout bas.

Mpihary Razafindrabezandrina

Instagram : tedx.analamanga

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Le 12 août, on célèbre la Journée mondiale de la jeunesse. À Madagascar, cette journée a de quoi occuper un stade entier — les moins de 25 ans représentent plus de 60% de la population. Autrement dit, les jeunes ne sont pas l'avenir de Madagascar. Ils sont déjà le présent, et ils ont l'air pressés. Dans l'entrepreneuriat, ils sont de plus en plus nombreux à se lancer, à créer, à risquer — souvent sans filet, souvent sans aide, mais toujours avec cette énergie un peu folle qui fait qu'on se demande s'ils dorment vraiment la nuit. En culture, les nouvelles sont encore meilleures. Aina Rasamoelina vient de décrocher le Prix RFI Instrumental Afrique. Miangaly Elia rafle le Prix Paritana 2026. Madagascar rayonne, et ce sont des mains jeunes qui tiennent la torche. Alors oui, on pourrait s'arrêter là, applaudir et rentrer chez soi satisfait. Mais ce serait passer à côté d'une chose essentielle. La fougue, ça brûle fort — et parfois, ça brûle vite. Une flamme sans direction peut éclairer autant qu'elle peut consumer. C'est là que les aînés entrent en scène — pas pour reprendre le gouvernail, mais pour montrer où sont les récifs. Les jeunes ont la force, les vieux ont l'expérience, comme on dit. Ce n'est pas un combat de générations — c'est une question d'équipage. Partagez vos réussites, mais aussi vos échecs. Surtout vos échecs, d'ailleurs — ils enseignent mieux que n'importe quel manuel. À Madagascar, la barque avance. Il faut juste s'assurer que tout le monde rame dans le même sens.

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