Tinerji : Au service de l’eau
8 août 2025 // In & Out // 4038 vues // Nc : 187

Alors que l’accès à l’eau reste un problème chronique à Madagascar, six jeunes fraîchement diplômés ont décidé de creuser la question. Leur entreprise, Tinerji, créée en 2024 et formellement enregistrée début 2025, opère dans le domaine sensible et stratégique de l’adduction d’eau. Une initiative rare dans un secteur dominé par des acteurs historiques.

« Proposer des solutions à un problème récurrent », martèle Johary Andrianjanahary, gérant de la société. Avec ses associés issus de la Polytechnique de Vontovorona, il choisit de s’attaquer à un marché complexe, hautement technique, et largement verrouillé. « Notre ambition est de lancer quelque chose d’utile, mais surtout de vital. L’accès à l’eau potable reste un défi pour la majorité des Malgaches », précise ce jeune entrepreneur qui a vu, étudié et parfois vécu les pénuries.

À peine diplômés, les six fondateurs s’attaquent donc à un marché dominé par quelques mastodontes — sociétés anciennes aux réseaux bien tissés. Tinerji ne prétend pas les détrôner. Du moins, pas tout de suite. « La compétition sera rude, c’est certain. Mais nous avons un avantage : notre volonté d’apporter de l’eau là où il n’y en a pas », souligne Nomena Rabenantoandro, co-gérant. L’équipe revendique sa jeunesse comme une force, nourrie de stages de terrain, d’expériences pratiques, et d’une approche ancrée dans les réalités locales. « L’eau, ce n’est pas qu’un tuyau et une pompe. C’est une chaîne d’expertises : hydrogéologie, forage, traitement, distribution. Et surtout, une compréhension fine du terrain », résume le co-gérant.

Grâce à ces immersions, les fondateurs ont identifié les dysfonctionnements récurrents du secteur. « Ce ne sont pas les ressources qui manquent, mais la volonté d’aller les chercher et de savoir les exploiter », estime le gérant, soulignant que les ressources hydriques existent à Madagascar. Même dans le Sud, où l’aridité est devenue une sorte de fatalité nationale, l’eau dort parfois à quelques mètres sous terre. Encore faut-il savoir où creuser. Et pouvoir le faire. Les équipements coûtent cher, les études préliminaires encore plus. « Nous avons investi de notre poche, fait des emprunts, et parfois, nous louons le matériel. Ce n’est pas idéal, mais c’est viable pour démarrer », détaille le co-gérant.

Aujourd’hui, les premiers clients sont là. Des exploitants agricoles, des sociétés immobilières, des entreprises du BTP. Tinerji ne vise pas seulement les grandes villes, même si son siège est à Antananarivo. Le potentiel, disent-ils, est partout. L’enjeu n’est pas seulement économique. Pour ces jeunes, il est social, territorial, humain. En voilà une génération qui creuse juste.

Solofo Ranaivo

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Décembre arrive et, comme chaque année, Madagascar se réveille culturellement.
Soudainement, les salles de spectacle se remplissent, les artistes sortent du bois, les concerts s’enchaînent. C’est la saison des festivités de Noël mêlant sacré et profane, et des expositions de dernière minute. Bref, tout le monde s’active comme si l’année culturelle se jouait en un seul mois. Et franchement, il y a de quoi se poser des questions. On ne va pas se mentir : les artistes malgaches ne sont pas là uniquement pour nous divertir entre deux repas de fête. Ils bossent, ils créent, et à leur niveau, ils font tourner l’économie. Le secteur culturel et créatif représentait environ dix pour cent du PIB national et ferait vivre plus de deux millions de personnes. Pas mal pour un domaine qu’on considère encore trop souvent comme un simple passe-temps sympathique, non ?
Alors oui, ce bouillonnement de décembre fait plaisir. On apprécie ces moments où la création explose, où les talents se révèlent, où la culture devient enfin visible. Mais justement, pourquoi faut-il attendre décembre pour que cela se produise ? Pourquoi cette concentration frénétique sur quelques semaines, alors que les artistes travaillent toute l’année ? Des mouvements sont actuellement en gestation pour revendiquer leur statut d’acteurs économiques essentiels et pour que l’on accorde à nos créateurs une place réelle dans la machine économique du pays. La culture malgache vaut bien mieux qu’un feu d’artifice annuel. Elle mérite qu’on lui accorde l’attention qu’elle réclame douze mois sur douze.

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