Fad se tape le questionnaire Pivot
1 octobre 2021 // Arts Plastiques // 5699 vues // Nc : 141

Le peintre et dessinateur Fad répond du tac au tac au fameux questionnaire de Bernard Pivot. Dix questions pour aller au fond des choses, pas plus !

Votre mot préféré ?
Compassion. Rien ne va sans cela !

Le mot que vous détestez ?
Racisme, une des principales sources de conflit.

Votre drogue favorite ?
Le dessin et la peinture. Ils ne m’ont jamais quitté jusqu’ici.

Le son, le bruit que vous aimez ?
Le bruit de la nature. C’est apaisant.

Le son, le bruit que vous détestez ?
Les chuchotements malhonnêtes !

Votre juron, gros mot ou blasphème favori ?
Je n’ai pas l’habitude de jurer.

Homme ou femme pour illustrer un nouveau billet de banque ?
Une femmme et pourquoi pas une rasta ?

Le métier que vous n'auriez pas aimé faire ?
Policier. Un métier qui rend souvent les gens malhonnêtes

La plante, l'arbre ou l'animal dans lequel vous aimeriez être réincarnée ?
Un baobab pour sa longévité.

Si Dieu existe, qu'aimeriez-vous, après votre mort, l'entendre vous dire ?
Fad, tu es autorisé à entrer au Paradis !


Propos recueillis par Aina Zo Raberanto

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Le 20 mars, journée mondiale du conte, devrait être férié pour l’imaginaire. Rien que ça. Car il fut un temps — pas si lointain — où Madagascar vibrait au rythme des angano, ces récits qui, le mercredi après-midi, clouaient les enfants devant la radio ou la télévision. On n’avait pas école. On avait mieux : Trimobe, Rapeto, Ranoro. Dans les années 80, 90, et même au début des années 2000, toutes les stations ou presque avaient leur programme dédié. C’était un rendez-vous sacré. Les grandmères rassemblaient les petits-enfants autour du foyer, le soir, et les mots devenaient braises. Trimobe, ogre insatiable mais régulièrement dupé par un gamin — ou une fillette paraplégique — apprenait l’humilité à coups de ruse. Rapeto, géant malgache, déplaçait des montagnes sans tractopelle. Ranoro, sirène des eaux profondes, murmurait à l’oreille des rêveurs.Aujourd’hui ? Ces figures glissent doucement vers l’ombre. Illustres inconnus d’une génération qui connaît mieux les superhéros importés que les ogres du terroir. Les écrans n’ont pas cessé de raconter des histoires — loin de là — mais elles viennent souvent d’ailleurs, calibrées, doublées, marketées. On ne va pas jouer les passéistes professionnels, mais tout de même. Car jadis — mot dangereux, je sais — les angano travaillaient l’imaginaire comme un artisan polit une pierre brute. Ils enseignaient sans en avoir l’air. Ils faisaient peur, parfois. Rire, beaucoup. Grandir, surtout. Heureusement, depuis quelque temps, des créateurs de jeux vidéo et de films d’animation gasy réinvestissent ces figures. Avec des libertés narratives, quelques retouches ici et là, certes. Mais l’essentiel demeure : les personnages respirent encore. Alors, en ce 20 mars, la question n’est pas de savoir si le conte survivra à l’ère du scroll infini. Elle est plus simple — et plus vertigineuse : que restera-t-il de nous si nos enfants ne rêvent plus dans notre langue ?

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