Fad se tape le questionnaire Pivot
1 octobre 2021 // Arts Plastiques // 6121 vues // Nc : 141

Le peintre et dessinateur Fad répond du tac au tac au fameux questionnaire de Bernard Pivot. Dix questions pour aller au fond des choses, pas plus !

Votre mot préféré ?
Compassion. Rien ne va sans cela !

Le mot que vous détestez ?
Racisme, une des principales sources de conflit.

Votre drogue favorite ?
Le dessin et la peinture. Ils ne m’ont jamais quitté jusqu’ici.

Le son, le bruit que vous aimez ?
Le bruit de la nature. C’est apaisant.

Le son, le bruit que vous détestez ?
Les chuchotements malhonnêtes !

Votre juron, gros mot ou blasphème favori ?
Je n’ai pas l’habitude de jurer.

Homme ou femme pour illustrer un nouveau billet de banque ?
Une femmme et pourquoi pas une rasta ?

Le métier que vous n'auriez pas aimé faire ?
Policier. Un métier qui rend souvent les gens malhonnêtes

La plante, l'arbre ou l'animal dans lequel vous aimeriez être réincarnée ?
Un baobab pour sa longévité.

Si Dieu existe, qu'aimeriez-vous, après votre mort, l'entendre vous dire ?
Fad, tu es autorisé à entrer au Paradis !


Propos recueillis par Aina Zo Raberanto

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Le 1er mai, à Madagascar, certains se lèvent à l'aube pour aller… travailler. Pas par oubli du calendrier, mais par nécessité. Il y a quelque chose de presque philosophique là-dedans. Depuis des décennies, le monde entier célèbre ce jour comme une victoire arrachée de haute lutte — Chicago, 1886, le sang des ouvriers sur les pavés, la semaine de huit heures comme horizon promis. Belle histoire. Sauf qu'ici, à Antananarivo comme à Tamatave, la question n'est pas tant de combien d'heures on travaille, mais bien de combien de travaux on jongle simultanément. Prenez ce vieux Mamy. Fonctionnaire le matin, revendeur de crédit téléphonique l'après-midi, et le week-end — discret, mais régulier — petit élevage de poulets en banlieue. Trois activités, un seul homme, zéro fiche de paie qui suffise. Ce n'est pas de l'ambition, c'est de la survie érigée en système. On appelle ça « avoir plusieurs cordes à son arc », expression polie pour désigner une réalité que beaucoup connaissent sans jamais nommer.Car le vrai travail malgache, celui qui fait tourner les familles, se passe rarement sous les projecteurs des statistiques officielles. Il est informel, inventif, insaisissable. Un peu comme ce personnage de Sisyphe — mais version optimiste : Sisyphe qui, en remontant son rocher, aurait trouvé le moyen de vendre des cacahuètes sur le chemin. Alors pour ce 1er mai, fêtons le travail — tous les travaux. Celui qu'on déclare et celui qu'on tait. Celui du contrat et celui du débrouillard. Avec une pensée particulière pour tous ceux qui, aujourd'hui encore, n'auront pas le luxe de s'arrêter pour célébrer. La fête du Travail leur appartient aussi. Peut-être même surtout.Solofo Ranaivo

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