GaZnika : Transformer les déchets en énergie
26 avril 2026 // In & Out // 1092 vues // Nc : 195

À Antananarivo, les pelures de banane et les restes de riz ne finissent plus dans la poubelle : ils deviennent énergie. GaZnika, jeune startup malgache, invente un quotidien où chaque foyer ou restaurant peut cuisiner grâce à ses propres déchets organiques.

Tout a commencé avec une idée simple mais percutante. « À Madagascar, la quantité de déchets organiques est énorme. Pourquoi ne pas les transformer en gaz pour cuisiner ? » se souvient Natacha. Étudiante en génie industriel, elle a découvert le biogaz via des documentaires montrant comment certains pays produisent de l'énergie à partir de leurs déchets. L'idée prend corps lors de l'Orange Summer Challenge 2025 — quatre mois intenses, huit étudiants venus de disciplines différentes, une équipe soudée par le stress et les livrables hebdomadaires. GaZnika décroche la deuxième place au classement Afrique et Moyen-Orient. Et trouve son identité : innovante, écologique, accessible.

Le cœur du projet, c'est un bio-digesteur compact et mobile, conçu pour les foyers d'au moins cinq personnes et les restaurants. L'installation idéale : à l'extérieur, dans un jardin ou une cour — loin des contraintes des modèles traditionnels en béton enterré. Chaque jour, 1 kg de déchets organiques est introduit dans l'appareil. Après deux à trois semaines de fermentation, le biogaz devient continu. Connecté à une application mobile, le système fournit des tutoriels et conseille sur les combinaisons de déchets pour maximiser le rendement.

L'équipe est actuellement en phase de prototypage, testant chaque détail, corrigeant les défauts, affinant l'expérience utilisateur. Un nouveau prototype sera bientôt testé dans dix foyers pilotes. Le coût actuel est de 3 000 000 ariary, avec un prix de vente envisagé autour de 3 250 000 ariary — « encore flexible, il pourra évoluer selon les retours », précise Natacha. GaZnika réfléchit aussi à une version en bouteille, plus pratique que le système actuel en ballon. À moyen terme, l'équipe prévoit une mini-usine pour collecter les déchets des industries et communes, et produire du biogaz conditionné pour ceux qui n'en génèrent pas assez à domicile. Une étape qui pourrait voir le jour dans quatre à cinq ans. Les bénéfices sont multiples : réduction des déchets urbains, lutte contre la déforestation, création d'emplois. Avec près de 98 % des Malgaches dépendant encore du charbon, GaZnika propose une alternative locale et concrète. « Chaque pelletée de déchets, chaque ajustement, chaque sourire d'un utilisateur convaincu est une victoire pour nous », confie Natacha.

Lucas Rahajaniaina

Contact téléphone et Whatshapp : 0347849910
Mail : Contact.gaznikamdg@gmail.com

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Rija Ramanantoanina : « L'œuvre de toute une vie »

Lire

28 mai 2026

Rija Ramanantoanina : « L'œuvre de toute une vie »

Ce dimanche 31 mai, à 15 heures, l'amphithéâtre du Centre de Conférence International d'Ivato accueillera un événement inédit dans l'histoire de la mu...

Edito
no comment - Exister en malgache

Lire le magazine

Exister en malgache

Juin à Madagascar, c'est un mois qui déborde. La langue, l'enfant, l'indépendance — trois célébrations bousculées dans trente jours, comme si le calendrier avait, lui aussi, quelque chose à dire. Et si ce n'était pas un hasard ? Ces trois commémorations racontent, au fond, la même histoire : celle d'un peuple qui cherche, depuis 1960, à exister pleinement sur ses propres termes. Pas seulement dans les discours officiels et les défilés — dans la vie réelle, quotidienne, celle qui se joue désormais aussi sur un écran.Car le vrai terrain de la souveraineté culturelle s'est déplacé. Il est numérique, algorithmique, et aussi impitoyable. Une langue absente du web est une langue que le monde n'entend pas — et qu'il finit par oublier. Le malgache, parlé par trente millions de personnes, riche d'une histoire linguistique qui traverse les siècles et trois océans, mérite mieux que l'invisibilité numérique. L'initiative Wikiteny — atelier consacré à l'enrichissement des contenus en malgache sur internet — est allée dans ce sens. Ce type d'initiative doit être multiplié, amplifié, soutenu. Sans attendre.C'est là, précisément, que la langue rejoint l'économie. Une identité qui ne se raconte pas, c'est une culture qui ne se monétise pas — un savoir-faire qui reste sans vitrine. Madagascar exporte sa vanille, ses textiles, sa biodiversité unique. Mais que fait-on de l'autre richesse, l'immatérielle, celle qui ne figure dans aucune balance commerciale et qui, pourtant, vaut de l'or ? Soixante-quatre ans après l'indépendance, la vraie souveraineté se joue peut-être là : dans la capacité à dire qui nous sommes, en malgache — et à faire en sorte que le monde l'entende. Haut et fort.Solofo Ranaivo

No comment Tv

Interview - LeManana guitariste - Mai 2026 - NC 196

Découvrez LeManana guitariste dans le no comment® NC 196 – mai 2026
LeManana puise ses racines dans le beko du Sud de Madagascar pour mieux les mêler aux rythmes d'Afrique et du monde. Quinze ans après ses débuts sur scène, sa world music a déjà traversé les cinq continents. Rencontre avec un artiste qui n’a pas fini de faire voyager la musique malgache.

Focus

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada, le samedi 21 et dimanche 22 février au Tana Water Front

no comment - Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Voir