Cabinet Phaos : De la théorie à la tension
23 novembre 2025 // In & Out // 1320 vues // Nc : 190

Créé en février 2024, Phaos Consulting est un nouveau venu dans le paysage énergétique malgache. Mais en quelques mois, ce cabinet fondé par deux doctorants de la Polytechnique d’Antsiranana s’est déjà taillé une place dans un domaine dominé depuis longtemps par des géants étrangers. Leur credo : penser l’énergie autrement, avec une approche scientifique, durable et locale.

À Madagascar, le marché de l’énergie est en pleine mutation. Si les importateurs d’équipements et les entreprises de construction tirent leur épingle du jeu, le segment des études et du conseil, lui, reste encore peu exploré. C’est là que Phaos Consulting a décidé de s’installer.

« Les sociétés malgaches sont encore concentrées sur les installations techniques, le hard work. Nous, nous travaillons sur le soft work : la réflexion, la planification, la durabilité », explique Tokiniaina Razanakolona, Administrateur général. Son associé, Onja Mickael Rahelison, doctorant en réseaux électriques, de rajouter « L’énergie, ce n’est pas seulement du courant qui passe dans un câble. C’est aussi des enjeux économiques, sociaux, juridiques et environnementaux. Nous faisons en sorte que chaque projet soit optimal sur tous ces aspects. » Pour eux, un projet énergétique doit être rentable, conforme à la loi et respectueux de la communauté locale.

Les deux jeunes techniciens se sont lancés un domaine encore largement dominé par les sociétés étrangères. « Nous avons tous les deux travaillé sur des projets en Afrique et en Europe, ce qui nous a permis de comprendre comment fonctionnent les grands systèmes et surtout, faire nos preuves auprès des bailleurs et nous faire une certaine réputation auprès d’eux », précise Onja Mickael.

Apparemment, leur ambition n’a rien de théorique. En moins de quatre mois, le cabinet a déjà convaincu une quinzaine de clients, essentiellement des institutions et des organismes internationaux, et commence à étendre ses services vers d’autres pays africains.

Les deux doctorants explique que leur approche repose sur cinq piliers. « Nous réalisons des études de faisabilité, des audits, des inspections et des contrôles, mais aussi des formations professionnelles et de la mise à disposition de personnel qualifié », détaille l’Administrateur général.

Une offre intégrée, pensée pour accompagner les entreprises du diagnostic initial jusqu’à la mise en oeuvre et au suivi de performance. « Nous formons aussi les équipes de nos clients. Nous accompagnons aussi bien les techniciens que les équipes commerciales. Une entreprise qui vend du matériel électrique, par exemple, doit aussi savoir utiliser les bons arguments, les bons mots pour expliquer les bénéfices techniques à ses clients », détaille Tokiniaina.

Mais tout n’est pas qu’affaire de technique. Le cabinet milite aussi pour une meilleure réglementation nationale. Ailleurs, le secteur est régi par l’International Electrotechnical Commission (IEC), ou encore – pour le cas de la France – l’AFNOR, etc. Aujourd’hui, Madagascar ne dispose pas encore d’un cadre normatif solide dans le domaine électrique. « C’est une urgence. Environ 60 % des incendies recensés dans le pays sont liés à des problèmes électriques : produits non conformes, installations mal faites, absence de normes claires », fait savoir Tokiniaina Razanakolona.

Certes, le pays dispose d’un Bureau des Normes de Madagascar (BNM), mais l’entité a besoin de texte législatif bien établi pour être plus efficace sur le sujet. Dans un pays où la transition énergétique se heurte souvent à des défis structurels, l’ambition de Phaos est claire : créer un pont entre la recherche scientifique et les réalités économiques. Un pari audacieux, porté par deux jeunes qui croient dur comme fer que la durabilité n’est pas une utopie, mais une discipline. « La lumière ce n’est pas seulement ce qui éclaire. C’est aussi ce qui guide. Et c’est exactement ce que nous voulons faire pour le secteur énergétique malgache », dit Tokiniaina

Solofo Ranaivo

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Exposition : Dendrophile, respirer l'art des arbres

Lire

24 décembre 2025

Exposition : Dendrophile, respirer l'art des arbres

À Madagascar, la troisième édition d'Antson'ny tontolo miaina transforme la matière végétale en poésie visuelle et sculpturale. De la Flow Gallery à I...

Edito
no comment - Bonne… continuation

Lire le magazine

Bonne… continuation

Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

No comment Tv

Making of shooting mode – Décembre 2025 – NC 191

Retrouvez le making of shooting mode du 𝗻𝗼 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗲𝗻𝘁® magazine, édition décembre 2025 - NC 191
Prise de vue : Ambatobe Résidence 
Collaborations : Kostami - Tanossi – Via Milano mg – HAYA Madagascar - Akomba Garment MG
Make up : Réalisé par Samchia
Modèles : Addie, Kenny, Mitia, Natacha, Onitiana, Manoa, Santien, Mampionona
Photos : Andriamparany Ranaivozanany

Focus

African Series Of Poker

African Series Of Poker, en décembre à l’Hôtel Carlton à Anosy

no comment - African Series Of Poker

Voir