Cabinet Phaos : De la théorie à la tension
23 novembre 2025 // In & Out // 1887 vues // Nc : 190

Créé en février 2024, Phaos Consulting est un nouveau venu dans le paysage énergétique malgache. Mais en quelques mois, ce cabinet fondé par deux doctorants de la Polytechnique d’Antsiranana s’est déjà taillé une place dans un domaine dominé depuis longtemps par des géants étrangers. Leur credo : penser l’énergie autrement, avec une approche scientifique, durable et locale.

À Madagascar, le marché de l’énergie est en pleine mutation. Si les importateurs d’équipements et les entreprises de construction tirent leur épingle du jeu, le segment des études et du conseil, lui, reste encore peu exploré. C’est là que Phaos Consulting a décidé de s’installer.

« Les sociétés malgaches sont encore concentrées sur les installations techniques, le hard work. Nous, nous travaillons sur le soft work : la réflexion, la planification, la durabilité », explique Tokiniaina Razanakolona, Administrateur général. Son associé, Onja Mickael Rahelison, doctorant en réseaux électriques, de rajouter « L’énergie, ce n’est pas seulement du courant qui passe dans un câble. C’est aussi des enjeux économiques, sociaux, juridiques et environnementaux. Nous faisons en sorte que chaque projet soit optimal sur tous ces aspects. » Pour eux, un projet énergétique doit être rentable, conforme à la loi et respectueux de la communauté locale.

Les deux jeunes techniciens se sont lancés un domaine encore largement dominé par les sociétés étrangères. « Nous avons tous les deux travaillé sur des projets en Afrique et en Europe, ce qui nous a permis de comprendre comment fonctionnent les grands systèmes et surtout, faire nos preuves auprès des bailleurs et nous faire une certaine réputation auprès d’eux », précise Onja Mickael.

Apparemment, leur ambition n’a rien de théorique. En moins de quatre mois, le cabinet a déjà convaincu une quinzaine de clients, essentiellement des institutions et des organismes internationaux, et commence à étendre ses services vers d’autres pays africains.

Les deux doctorants explique que leur approche repose sur cinq piliers. « Nous réalisons des études de faisabilité, des audits, des inspections et des contrôles, mais aussi des formations professionnelles et de la mise à disposition de personnel qualifié », détaille l’Administrateur général.

Une offre intégrée, pensée pour accompagner les entreprises du diagnostic initial jusqu’à la mise en oeuvre et au suivi de performance. « Nous formons aussi les équipes de nos clients. Nous accompagnons aussi bien les techniciens que les équipes commerciales. Une entreprise qui vend du matériel électrique, par exemple, doit aussi savoir utiliser les bons arguments, les bons mots pour expliquer les bénéfices techniques à ses clients », détaille Tokiniaina.

Mais tout n’est pas qu’affaire de technique. Le cabinet milite aussi pour une meilleure réglementation nationale. Ailleurs, le secteur est régi par l’International Electrotechnical Commission (IEC), ou encore – pour le cas de la France – l’AFNOR, etc. Aujourd’hui, Madagascar ne dispose pas encore d’un cadre normatif solide dans le domaine électrique. « C’est une urgence. Environ 60 % des incendies recensés dans le pays sont liés à des problèmes électriques : produits non conformes, installations mal faites, absence de normes claires », fait savoir Tokiniaina Razanakolona.

Certes, le pays dispose d’un Bureau des Normes de Madagascar (BNM), mais l’entité a besoin de texte législatif bien établi pour être plus efficace sur le sujet. Dans un pays où la transition énergétique se heurte souvent à des défis structurels, l’ambition de Phaos est claire : créer un pont entre la recherche scientifique et les réalités économiques. Un pari audacieux, porté par deux jeunes qui croient dur comme fer que la durabilité n’est pas une utopie, mais une discipline. « La lumière ce n’est pas seulement ce qui éclaire. C’est aussi ce qui guide. Et c’est exactement ce que nous voulons faire pour le secteur énergétique malgache », dit Tokiniaina

Solofo Ranaivo

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
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