Aéroport d’Antalaha : SAVA reprend son envol
22 mars 2026 // In & Out // 31 vues // Nc : 194

Fermé aux vols réguliers depuis 2015, l’aéroport d’Antalaha reprend enfin du service. Une relance attendue, stratégique pour le tourisme et l’économie de la SAVA, longtemps pénalisés par un enclavement routier chronique.

Il aura fallu onze années. Onze longues années durant lesquelles Antalaha, capitale officieuse de la vanille, regardait passer les opportunités au loin, faute d’avions pour l’y relier. Depuis 2015, plus aucune desserte régulière n’atterrissait à Antsirabato. Or, dans une région où les routes sont dans un état déplorable — pistes ravinées, tronçons quasi impraticables en saison des pluies — l’absence d’alternative aérienne a pesé lourd. Sur les opérateurs touristiques, les exportateurs et surtout sur les investisseurs. « Sur toute la chaîne de valeur locale », comme l’expliquent si bien les opérateurs économiques locaux. La réouverture officielle de l’aérogare, le 22 janvier 2026, marque donc bien plus qu’un simple retour de vols. « C’est un signal économique. Un message adressé aux filières clés — vanille, agriculture, pêche — mais aussi aux voyageurs en quête d’un Est encore sauvage, entre Sambava, Maroantsetra et Sainte-Marie », l’a souligné Jean Germain Randrianirina, Directeur Général de l’Aéroport de Madagascar, ADEMA.

Les travaux, menés par ADEMA, ont permis de moderniser le bâtiment aéroportuaire, d’améliorer nettement le confort des passagers et d’aménager une salle VIP — détail qui n’en est pas un lorsqu’on ambitionne d’attirer investisseurs et tours opérateurs. Un milliard d’ariary a été investi pour cette première phase. L’aérogare rénovée, d’une superficie d’environ 875 m², répond désormais aux normes actuelles de sécurité et d’accueil, avec des espaces distincts pour l’embarquement et l’arrivée. Mais le véritable enjeu se joue sur le tarmac. Quatre milliards d’ariary supplémentaires sont annoncés pour la rénovation et l’élargissement de la piste, afin d’accueillir des appareils de type Boeing 737-800 Max. Les études géotechniques devraient s’achever dans trois mois, prélude à des travaux décisifs. Car sans piste adaptée, pas de montée en gamme possible.

En attendant, les premières dessertes Est–Nord, opérées par Madagascar Airlines, réduisent drastiquement les temps de trajet : Toamasina–Antalaha en 1 h 15, Sambava–Maroantsetra en 35 minutes. Une révolution logistique dans une région où le temps, jusqu’ici, se mesurait en jours de route. L’ambition est claire : l’aéroport d’Antsirabato pourrait devenir, à terme, le premier aéroport international de la région SAVA. Si cette trajectoire se confirme, Antalaha ne sera plus une périphérie oubliée, mais une porte d’entrée stratégique sur le Nord-Est malgache. Et dans le tourisme comme dans l’économie, tout commence toujours par une porte qui s’ouvre.

Solofo Ranaivo

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Le 20 mars, journée mondiale du conte, devrait être férié pour l’imaginaire. Rien que ça. Car il fut un temps — pas si lointain — où Madagascar vibrait au rythme des angano, ces récits qui, le mercredi après-midi, clouaient les enfants devant la radio ou la télévision. On n’avait pas école. On avait mieux : Trimobe, Rapeto, Ranoro. Dans les années 80, 90, et même au début des années 2000, toutes les stations ou presque avaient leur programme dédié. C’était un rendez-vous sacré. Les grandmères rassemblaient les petits-enfants autour du foyer, le soir, et les mots devenaient braises. Trimobe, ogre insatiable mais régulièrement dupé par un gamin — ou une fillette paraplégique — apprenait l’humilité à coups de ruse. Rapeto, géant malgache, déplaçait des montagnes sans tractopelle. Ranoro, sirène des eaux profondes, murmurait à l’oreille des rêveurs.Aujourd’hui ? Ces figures glissent doucement vers l’ombre. Illustres inconnus d’une génération qui connaît mieux les superhéros importés que les ogres du terroir. Les écrans n’ont pas cessé de raconter des histoires — loin de là — mais elles viennent souvent d’ailleurs, calibrées, doublées, marketées. On ne va pas jouer les passéistes professionnels, mais tout de même. Car jadis — mot dangereux, je sais — les angano travaillaient l’imaginaire comme un artisan polit une pierre brute. Ils enseignaient sans en avoir l’air. Ils faisaient peur, parfois. Rire, beaucoup. Grandir, surtout. Heureusement, depuis quelque temps, des créateurs de jeux vidéo et de films d’animation gasy réinvestissent ces figures. Avec des libertés narratives, quelques retouches ici et là, certes. Mais l’essentiel demeure : les personnages respirent encore. Alors, en ce 20 mars, la question n’est pas de savoir si le conte survivra à l’ère du scroll infini. Elle est plus simple — et plus vertigineuse : que restera-t-il de nous si nos enfants ne rêvent plus dans notre langue ?

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