Parts d'êtres : Le poème sort du placard
6 septembre 2026 // Littérature // 260 vues // Nc : 200

Colonel dans l'armée, médecin militaire, et poète depuis la Terminale. Haingonirina Joëlle Horace vient de publier en auto-édition « Parts d'êtres », un recueil d'une quinzaine de poèmes en prose sur l'amour — dans tous ses états, sous tous ses angles. Une voix sensible qui commande le jour et murmure la nuit.

Elle est colonel aujourd'hui, mais certains poèmes du recueil sont nés sur les bancs du lycée. Depuis la Terminale, Joëlle écrit partout où l'inspiration la surprend — marges de journaux, feuilles déjà utilisées, emballages, mouchoirs. « Parfois, cinq minutes suffisent pour écrire un poème », confie-t-elle. Une musique apparaît dans sa tête, les mots suivent, et il faut les attraper avant qu'ils ne s'échappent. Tout finit dans un grand classeur, soigneusement conservé comme un journal intime — une archive de fragments que trente ans de vie ont fini par remplir. « Parts d'êtres » est tiré à 200 exemplaires, publié officiellement le 18 juillet à l'école Les Colibris. Pensé au départ pour les jeunes, il trouve finalement ses lecteurs à plusieurs générations.

Le titre dit déjà beaucoup. « Parts » évoque le fragment, le morceau de vie qu'on laisse chez les autres. Il y a aussi, glissé dedans, le verbe partir — un voyage intérieur. Une quinzaine de poèmes en prose composent ce parcours, guidé par un papillon, symbole de transformation et de renouveau.

L'amour y revient sous toutes ses formes — amour d'un père pour sa fille, d'une mère pour son enfant, attachement, absence, rencontre, tristesse. « Le thème de l'amour revient sous toutes ses formes », explique-t-elle avec sourire. Quelques pages volontairement blanches attendent les traces du lecteur — une invitation à compléter le recueil de sa propre écriture, à y glisser sa propre part d'être.

Pour prolonger la conversation entre les mots et les images, Joëlle s'est tournée vers Ianja Rakotovazaha — médecin militaire lui aussi, et portraitiste. Découvert sur Facebook, il a d'abord lu les textes avant de créer les illustrations, acceptant de sortir de son registre habituel. Kemba Ranavela a également contribué à cette collaboration. L'image devient ainsi plus qu'un décor — elle accompagne les émotions et prolonge l'univers des poèmes. Le recueil est vendu directement par les auteurs à 50 000 ariary. « Je ne connais pas vraiment les étapes pour le proposer en librairie », reconnaît Joëlle. Le passage en distribution reste à construire. Mais le classeur, lui, peut enfin respirer — d'autres poèmes sont déjà prêts.

Lucas Rahajaniaina

Facebook : Haingonirina Joëlle Horace
Contact : 0343278967/0328411814
Photos : Andry Randrianarisoa

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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