Ny Jinja : Oh jolie, jolie pop !
1 juillet 2021 // Musique // 10933 vues // Nc : 138

Le contraire de tortues Ninja ces petits gars de Ny Jinja (oui, je sais…) Rien dans la frime, dans l’excès gesticulatoire, tout dans la grâce et la simplicité. Au total, de l’indie pop un poil vintage, un poil lollipop, marquée d’une étonnante maturité pour une formation aussi jeune.

Simplicité. C’est ce qui définit le mieux la musique de ce groupe créé il y a à peine un an. Mais simplicité ne veut pas forcément dire dénué de personnalité. Malgré leur jeunesse, leur musique est empreinte d’une grande maturité, pas du tout des amateurs comme en témoignent la douzaine de titres à leur actif. Formé par Fetra (chant) et Tsito (guitare basse), le groupe est rejoint par Hents (guitare électrique), Taratra (guitare acoustique) et Andriatiana (clavier). Chaque membre du quintet a déjà sa propre expérience, comme Taratra qui a obtenu une bourse d’excellence en musique classique ou Hents qui vient du métal.

En raison de ces origines très éclectiques, chacun est en mesure d’apporter sa petite touche sans expressément se revendiquer label indie pop, même si le concept du Do it Yourself (fais-le-toi-même) est mis en avant. Clips, textes, arrangements, tout est fait à la maison… D’ailleurs, le duo originel s’était constitué dans une chambre baptisée Trano Kely (petite maison). « Nous avons notre propre identité musicale, mais nous écoutons beaucoup de choses comme du rap, du metal, du jazz… cela tient sûrement une place dans notre inconscient créatif », relève Fetra.

Le groupe privilégie les thématiques universels, l’amour, l’amitié ou simplement les rapports humains, sans tomber dans le côté fleur bleue « Dans Tomany  (Pleurs), c’est l’histoire d’un gars qui aime une fille qui se fout de lui. C’est inspiré de mon histoire personnelle, mais j’imagine qu’il y en a plein comme ça !   » Si Fetra écrit la majorité des titres, les arrangements sont réalisés de manière collective, toujours dans cet esprit minimaliste. Pas de fioritures, pas de prouesses techniques, juste ce qu’il faut de légèreté et de mélancolie, et le public ne s’y trompe pas, on adhère facilement à cette esthétique. Comme le groupe est loin d’avoir atteint son véritable potentiel, c’est avec profit qu’il a suivi en juin une résidence artistique avec le soutien de Isa Ray Consulting, un label qui a pour objectif d’accompagner les artistes. « C’a été bénéfique pour chacun d’entre nous, pour mieux se connaître, pour savoir dans quelle direction aller et affiner un peu plus notre musique. Pour ma part, c’a été une expérience enrichissante, je n’ai jamais vécu cela dans les autres groupes où je suis passé », fait valoir Hents. Grâce à cette résidence, de nombreux projets sont en gestation mais le plus urgent pour nous est de retrouver le public en multipliant les concerts. Ny Jinja, retenez bien ce nom.


Propos recueillis par Aina Zo Raberanto

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Rap francophone : Gazo et La Fouine se partagent le Stade Barea

Lire

16 mars 2026

Rap francophone : Gazo et La Fouine se partagent le Stade Barea

Le rap francophone s’apprête à faire vibrer Antananarivo. Le 10 avril prochain, le Stade Barea Mahamasina accueillera une affiche qui réunit deux figu...

Edito
no comment - Conte de fake

Lire le magazine

Conte de fake

Le 20 mars, journée mondiale du conte, devrait être férié pour l’imaginaire. Rien que ça. Car il fut un temps — pas si lointain — où Madagascar vibrait au rythme des angano, ces récits qui, le mercredi après-midi, clouaient les enfants devant la radio ou la télévision. On n’avait pas école. On avait mieux : Trimobe, Rapeto, Ranoro. Dans les années 80, 90, et même au début des années 2000, toutes les stations ou presque avaient leur programme dédié. C’était un rendez-vous sacré. Les grandmères rassemblaient les petits-enfants autour du foyer, le soir, et les mots devenaient braises. Trimobe, ogre insatiable mais régulièrement dupé par un gamin — ou une fillette paraplégique — apprenait l’humilité à coups de ruse. Rapeto, géant malgache, déplaçait des montagnes sans tractopelle. Ranoro, sirène des eaux profondes, murmurait à l’oreille des rêveurs.Aujourd’hui ? Ces figures glissent doucement vers l’ombre. Illustres inconnus d’une génération qui connaît mieux les superhéros importés que les ogres du terroir. Les écrans n’ont pas cessé de raconter des histoires — loin de là — mais elles viennent souvent d’ailleurs, calibrées, doublées, marketées. On ne va pas jouer les passéistes professionnels, mais tout de même. Car jadis — mot dangereux, je sais — les angano travaillaient l’imaginaire comme un artisan polit une pierre brute. Ils enseignaient sans en avoir l’air. Ils faisaient peur, parfois. Rire, beaucoup. Grandir, surtout. Heureusement, depuis quelque temps, des créateurs de jeux vidéo et de films d’animation gasy réinvestissent ces figures. Avec des libertés narratives, quelques retouches ici et là, certes. Mais l’essentiel demeure : les personnages respirent encore. Alors, en ce 20 mars, la question n’est pas de savoir si le conte survivra à l’ère du scroll infini. Elle est plus simple — et plus vertigineuse : que restera-t-il de nous si nos enfants ne rêvent plus dans notre langue ?

No comment Tv

Interview - ILLICIT SOUL - Février 2026 - NC 193

Découvrez ILLICIT SOUL, groupe de musique, dans le no comment® NC 193 - février 2026.
Depuis 2024, Meji, Fat Killah, HMan, trois producteurs de musique, font tourner Illicit Soul comme on ferait tourner un vinyle rare. Un crew avec le flair pour dénicher les talents malgaches, une idée forte, presque clandestine, et un concept sans équivalent. Un goût de Rhum Vanille, corsé mais maîtrisé.

Focus

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada, le samedi 21 et dimanche 22 février au Tana Water Front

no comment - Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Voir