4-Maso : S’en prendre plein les yeux et les oreilles
11 février 2024 // Musique // 10449 vues // Nc : 169

Ils sont quatre : le père, Toubih, la mère, Fanja, et les deux frères, Yusha et AR’Aina. Ils ont aménagé leur maison à Antananarivo pour y faire régulièrement leur répétition, d’où est né officiellement, en 2020, le groupe « 4-maso ». Un rythme assez spécial et un genre hors du commun sous le nom « GAS » : le groupe donne un accord particulier à la rythmique et à la basse, sans laisser le côté vocal. Un mélange de plusieurs styles, la petite famille n’a aucune chance de passer inaperçue.

Ils sont quatre : quatre visions qui fusent en un concept à la 4-maso, une vingtaine de créations, et moins d’une centaine de titres reprises. Toubih à la basse, Fanja au vocal, Yusha à la guitare, et AR’Aina au clavier : 4-maso ne s’arme pas que de lunettes. C’est une petite famille qui veut ramener la valeur de la musique par des chansons à message. D’un style peu commun, le groupe mélange plusieurs genres pour arriver à un style – ou selon leurs mots – « un moyen d’expression » unique. Le groove, la basse, mais surtout le vocal sont leur point fort. Toubih, le père de famille, également directeur artistique du groupe, confie : « On a cette sensation qu’il y a plusieurs instruments, mais en fait, nous ne sommes que trois à l’instrumental, et une, Fanja, au vocal. » Chaque morceau créé part d’un processus bien authentique : tout est écrit, travaillé puis retravaillé avec les propositions de chaque membre pour avoir le GAS. Si le nom sonne comme « gasy », il est différent du style traditionnel : « Gadona ankafizin’ny Sofinay – la musique que notre oreille apprécie. Nous retravaillons encore et encore nos morceaux pour trouver ce que nos oreilles, et notre âme, aiment. »

De messages et d’idées, le groupe n’en manque pas. 4-maso est bien une référence à leurs lunettes, et un moyen de relever ce terme presque toujours péjoratif. Plus poussé, le nom renvoie à leur nombre, à « cat-maso », comme « yeux de chat », et à la valeur de la vision pour faire face au passé et au futur. « Cat-maso comme les yeux de chat, parce que ces animaux voient et trouvent toujours leur chemin dans le noir, et nous nous sommes dit qu’on était comme cela, on ne pouvait pas se perdre, même dans le noir. De même, le nom renvoie à la vision : c’est ce qui nous permet de voir ce qu’il se passe dans la société, et d’éclairer notre esprit. Dans ce sens, les « maso » apportent la lumière. » De l’apparence à l’idée, le groupe sait livrer son regard dans chaque détail et toutes les chansons. Kapoaka ou Solune sont deux de leurs tubes. Des titres inspirés de la culture malgache, mais surtout, qui vont à contre-courant. « Je suis le genre de personne qui aime aller à contre-courant. Je préfère toujours parler de ce dont personne ne parle. » Le groupe espère remettre sur les rails le côté « messager » de la musique.

Par contre, pas d’album en vue pour le groupe. Mais une meilleure stratégie : se tourner vers le digital. « Nous avons quelques prises à faire, et après chaque prise, nous les mettrons sur les différentes plateformes d’écoute et les réseaux sociaux » annonce Toubih. En pleine revue sur la saison 2023, la famille pré- pare sa nouvelle année en contemplant les dernières années de présence scé- nique. Depuis le confinement en 2020, temps triplement favorable pour les répétitions, la famille a déposé sa marque sur les réseaux et les scènes. Chacun a débuté à l’école de musique pour atteindre un niveau hors du commun alors que Yusha, l’aîné a 23 ans et AR’Aina, le cadet, 17 ans. 4-maso, c’est aussi un groupe d’acapella. Depuis 2023, la famille s’est créé l’envie de revivre le festival « Team Kalo Acapella ». D’instrumental ou de vocal, chaque membre est un passionné depuis petit, et surtout, chaque moment passé en famille devient du pur bonheur au rythme des échanges.

Propos recueillis par  Rova Andriantsileferintsoa

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Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

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