4-Maso : S’en prendre plein les yeux et les oreilles
11 février 2024 // Musique // 11678 vues // Nc : 169

Ils sont quatre : le père, Toubih, la mère, Fanja, et les deux frères, Yusha et AR’Aina. Ils ont aménagé leur maison à Antananarivo pour y faire régulièrement leur répétition, d’où est né officiellement, en 2020, le groupe « 4-maso ». Un rythme assez spécial et un genre hors du commun sous le nom « GAS » : le groupe donne un accord particulier à la rythmique et à la basse, sans laisser le côté vocal. Un mélange de plusieurs styles, la petite famille n’a aucune chance de passer inaperçue.

Ils sont quatre : quatre visions qui fusent en un concept à la 4-maso, une vingtaine de créations, et moins d’une centaine de titres reprises. Toubih à la basse, Fanja au vocal, Yusha à la guitare, et AR’Aina au clavier : 4-maso ne s’arme pas que de lunettes. C’est une petite famille qui veut ramener la valeur de la musique par des chansons à message. D’un style peu commun, le groupe mélange plusieurs genres pour arriver à un style – ou selon leurs mots – « un moyen d’expression » unique. Le groove, la basse, mais surtout le vocal sont leur point fort. Toubih, le père de famille, également directeur artistique du groupe, confie : « On a cette sensation qu’il y a plusieurs instruments, mais en fait, nous ne sommes que trois à l’instrumental, et une, Fanja, au vocal. » Chaque morceau créé part d’un processus bien authentique : tout est écrit, travaillé puis retravaillé avec les propositions de chaque membre pour avoir le GAS. Si le nom sonne comme « gasy », il est différent du style traditionnel : « Gadona ankafizin’ny Sofinay – la musique que notre oreille apprécie. Nous retravaillons encore et encore nos morceaux pour trouver ce que nos oreilles, et notre âme, aiment. »

De messages et d’idées, le groupe n’en manque pas. 4-maso est bien une référence à leurs lunettes, et un moyen de relever ce terme presque toujours péjoratif. Plus poussé, le nom renvoie à leur nombre, à « cat-maso », comme « yeux de chat », et à la valeur de la vision pour faire face au passé et au futur. « Cat-maso comme les yeux de chat, parce que ces animaux voient et trouvent toujours leur chemin dans le noir, et nous nous sommes dit qu’on était comme cela, on ne pouvait pas se perdre, même dans le noir. De même, le nom renvoie à la vision : c’est ce qui nous permet de voir ce qu’il se passe dans la société, et d’éclairer notre esprit. Dans ce sens, les « maso » apportent la lumière. » De l’apparence à l’idée, le groupe sait livrer son regard dans chaque détail et toutes les chansons. Kapoaka ou Solune sont deux de leurs tubes. Des titres inspirés de la culture malgache, mais surtout, qui vont à contre-courant. « Je suis le genre de personne qui aime aller à contre-courant. Je préfère toujours parler de ce dont personne ne parle. » Le groupe espère remettre sur les rails le côté « messager » de la musique.

Par contre, pas d’album en vue pour le groupe. Mais une meilleure stratégie : se tourner vers le digital. « Nous avons quelques prises à faire, et après chaque prise, nous les mettrons sur les différentes plateformes d’écoute et les réseaux sociaux » annonce Toubih. En pleine revue sur la saison 2023, la famille pré- pare sa nouvelle année en contemplant les dernières années de présence scé- nique. Depuis le confinement en 2020, temps triplement favorable pour les répétitions, la famille a déposé sa marque sur les réseaux et les scènes. Chacun a débuté à l’école de musique pour atteindre un niveau hors du commun alors que Yusha, l’aîné a 23 ans et AR’Aina, le cadet, 17 ans. 4-maso, c’est aussi un groupe d’acapella. Depuis 2023, la famille s’est créé l’envie de revivre le festival « Team Kalo Acapella ». D’instrumental ou de vocal, chaque membre est un passionné depuis petit, et surtout, chaque moment passé en famille devient du pur bonheur au rythme des échanges.

Propos recueillis par  Rova Andriantsileferintsoa

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
Et là, désolé pour les commerçants, aucune carte bancaire ne fait l’affaire.

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