Ny Jinja : Oh jolie, jolie pop !
1 juillet 2021 // Musique // 10644 vues // Nc : 138

Le contraire de tortues Ninja ces petits gars de Ny Jinja (oui, je sais…) Rien dans la frime, dans l’excès gesticulatoire, tout dans la grâce et la simplicité. Au total, de l’indie pop un poil vintage, un poil lollipop, marquée d’une étonnante maturité pour une formation aussi jeune.

Simplicité. C’est ce qui définit le mieux la musique de ce groupe créé il y a à peine un an. Mais simplicité ne veut pas forcément dire dénué de personnalité. Malgré leur jeunesse, leur musique est empreinte d’une grande maturité, pas du tout des amateurs comme en témoignent la douzaine de titres à leur actif. Formé par Fetra (chant) et Tsito (guitare basse), le groupe est rejoint par Hents (guitare électrique), Taratra (guitare acoustique) et Andriatiana (clavier). Chaque membre du quintet a déjà sa propre expérience, comme Taratra qui a obtenu une bourse d’excellence en musique classique ou Hents qui vient du métal.

En raison de ces origines très éclectiques, chacun est en mesure d’apporter sa petite touche sans expressément se revendiquer label indie pop, même si le concept du Do it Yourself (fais-le-toi-même) est mis en avant. Clips, textes, arrangements, tout est fait à la maison… D’ailleurs, le duo originel s’était constitué dans une chambre baptisée Trano Kely (petite maison). « Nous avons notre propre identité musicale, mais nous écoutons beaucoup de choses comme du rap, du metal, du jazz… cela tient sûrement une place dans notre inconscient créatif », relève Fetra.

Le groupe privilégie les thématiques universels, l’amour, l’amitié ou simplement les rapports humains, sans tomber dans le côté fleur bleue « Dans Tomany  (Pleurs), c’est l’histoire d’un gars qui aime une fille qui se fout de lui. C’est inspiré de mon histoire personnelle, mais j’imagine qu’il y en a plein comme ça !   » Si Fetra écrit la majorité des titres, les arrangements sont réalisés de manière collective, toujours dans cet esprit minimaliste. Pas de fioritures, pas de prouesses techniques, juste ce qu’il faut de légèreté et de mélancolie, et le public ne s’y trompe pas, on adhère facilement à cette esthétique. Comme le groupe est loin d’avoir atteint son véritable potentiel, c’est avec profit qu’il a suivi en juin une résidence artistique avec le soutien de Isa Ray Consulting, un label qui a pour objectif d’accompagner les artistes. « C’a été bénéfique pour chacun d’entre nous, pour mieux se connaître, pour savoir dans quelle direction aller et affiner un peu plus notre musique. Pour ma part, c’a été une expérience enrichissante, je n’ai jamais vécu cela dans les autres groupes où je suis passé », fait valoir Hents. Grâce à cette résidence, de nombreux projets sont en gestation mais le plus urgent pour nous est de retrouver le public en multipliant les concerts. Ny Jinja, retenez bien ce nom.


Propos recueillis par Aina Zo Raberanto

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
Et là, désolé pour les commerçants, aucune carte bancaire ne fait l’affaire.

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