Joyce Mena : Nenga, retour vers le passé
10 mars 2024 // Musique // 14179 vues // Nc : 170

Entre rage et douceur, elle se dévoile. Dix ans la séparent de ses débuts : de « Tsis Tsis Koz » à « Alamako », Joyce Mena a gagné en maturité, et elle en parle dans son album Nenga, dès ce mois de mars. De ses rêves à la réalité, Annie Sarah Joyce Rakotondrainibe se dévoile sur 11 titres dont la plupart racontent ses années silencieuses.

Débuts fracassants : 2014, « Tsis Tsis Koz » est alors à la bouche de toutes les jeunes filles de l’Île. Du rap comme on en a peu l’habitude d’entendre, la carrière de Joyce Mena Makoa se propulse, en l’espace d’un tube. Tout s’enchaîne, tout le monde la connaît, tout le monde veut la voir, alors qu’elle commence, encore jeune. Les années passent, Joyce Mena Makoa devient Joyce Mena, 25 titres au compteur, et plus de ressources. Elle revient avec l’album Nenga, ses peurs et son passé dévoilés à ses plus grands fans. « Nenga est un mot en Betsimisaraka qui signifie « le passé » : l’album raconte mon parcours de l’adolescence à aujourd’hui, et s’inspire énormément de mon histoire personnelle, même s’il y a également un peu de fiction. » De « Hilefa » à « Alamako », Joyce Mena livre sa rage et son amour à travers le rap et bien plus, de là tire-t-elle sa « double personnalité ». « J’ai cette sorte de double personnalité : il y a la Joyce rageuse, et celle un peu plus soft, qui demande aussi à s’affirmer, d’où mes chansons Hilefa ou Sitrany za mandeha Tamatave ». Elle n’est pas que des mots, oui elle aime chanter, mais aussi, par un parcours drapé de maturité.

Maturité qui lui vient après un moment d’arrêt. Si quelques années ont marqué un silence de la chanteuse, les leçons qu’elle en tire sont devenues sa nouvelle force. De son premier titre à succès à aujourd’hui, la direction qu’a prise l’artiste a connu son revirement : « Je trouve que je n’ai pas encore su gérer les conséquences de ce que j’ai vécu à l’époque, et j’ai dû passer par des moments difficiles qui m’ont mené vers une toute nouvelle direction au niveau créatif et par le sens artistique. Je suis plus mature maintenant, car je sais où je veux aller. » C’est avec cette histoire, ses hauts et bas, qu’elle porte son nouvel album, au lancement qu’elle a prévu depuis plusieurs années, et qui se voit concrétisé cette année. « Je voudrais sortir cet album dans les normes, avec une tournée partout à Madagascar, et cela, j’y tiens particulièrement. » À bien lutter, Joyce Mena a su croire et continuer, au gré du contexte culturel du pays, une vie d’artiste qui a connu ses revers, mais à laquelle elle s’est tenue. Elle revient en force, aujourd’hui, pour livrer ses combats et inspirer.

Elle marque son retour avec « Alamako. » Une vidéo tournée dans les rues d’Analakely, avec une chanson qui inspire le clap malgache. « Même en pause, le processus ne s’arrête pas. Je me souviens que j’étais à la maison, et qu’il y avait du chirac instrumental qui passait – c’était assez célèbre aux States en 2017 – je l’ai entendu, et je me disais qu’il donnait un sens d’Alamako. Le refrain en est ressorti, puis je l’ai emmené chez Denise et nous l’avons travaillé ensemble. » De ce côté rageur, Joyce Mena a su faire un retour digne d’une star. Portée dans sa carrière par Shyn et Denise à ses débuts, et forgée à la partie beat par Tida Kenny, elle monte en force, en toute grâce et toute furie. « À tous les artistes, j’espère qu’on ne va pas se laisser faire : on peut changer l’environnement et les trucs négatifs en quelque chose de beau. » Inébranlable et déterminée, elle laisse son empreinte avec la force de mots « Tsisy resy tsy miady », à celui qui combat vient la victoire !

Propos recueillis par  Rova Andriantsileferintsoa
Facebook : Joyce Mena
Contact : +261 34 91 799 65

Laisser un commentaire
no comment
no comment - TiVi5MONDE : L’animation malgache conquiert le monde

Lire

8 avril 2026

TiVi5MONDE : L’animation malgache conquiert le monde

Quand les héros malgaches prennent vie sur vos écrans. Depuis le 10 mars, près de 500 000 foyers abonnés à Canal+ dans l’océan Indien découvrent gratu...

Edito
no comment - Notre janvier à nous

Lire le magazine

Notre janvier à nous

Il y a quelque chose d'assez beau dans l'idée de commencer l'année en mars. Quand le reste du monde a déjà oublié ses résolutions de janvier, nous, nous prenons le temps — celui du calendrier lunaire, celui des ancêtres. Ce n'est pas du retard. C'est une autre façon de mesurer le temps.
Cette année, quelque chose a changé. Ou plutôt : quelque chose est en train de revenir. De plus en plus de Malgaches — jeunes surtout, ce qui n'est pas anodin — se retournent vers leurs racines, cherchent à comprendre ce que signifie réellement l'Alahamadibe, posent des questions que leurs parents n'avaient pas forcément posées. Cette prise de conscience mérite qu'on s'y arrête. On ne peut avancer qu'en sachant d'où l'on vient. C'est vrai pour les individus.
C'est vrai pour les peuples. Alors, en ce début d’année en plein mois de mars, permettez-nous de vous adresser nos voeux les plus sincères. Mitomboa hasina — que votre valeur sacrée grandisse. Samia tsara, samia soa — que tous soient en bonne santé, que tous aillent bien. Que cette nouvelle année soit plus lumineuse que la précédente, plus douce, plus féconde. Que ceux qui cherchent leurs racines les trouvent — et qu'ils y puisent, non pas une nostalgie stérile, mais une force tranquille pour aller de l'avant. Taombaovao 2026. Une page blanche. À vous de l'écrire.

No comment Tv

Interview - Oliva de Chris'Art - Mars 2026 - NC 194

Découvrez Oliva de Chris'Art, créatrice artisanale, dans le no comment® NC 194 - mars 2026
Tasses, bocaux, cafetières… Chez Chris'Art, les objets du quotidien deviennent des œuvres à part entière. Sur chaque pièce peinte à la main, des scènes de vie malgaches — entre ville et campagne — racontent l'île au fil des pinceaux.

Focus

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada, le samedi 21 et dimanche 22 février au Tana Water Front

no comment - Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Voir