Marie Malvasio : Artiste organique
3 octobre 2022 // Arts Plastiques // 7821 vues // Nc : 153

Connue sous le nom de norma, Marie Malvasio définit son style comme « intuitif et expérimental ». Folie, société du gâchis, art africain, métissage, ses thèmes de prédilection sont puisés au plus profond de son vécu.

La peinture comme thérapie ?
Le fait d’avoir été enfant unique et en plus extrêmement timide, a fait que j’ai appris à m’occuper dans ma petite bulle fantastique.
En même temps, avoir un père qui peignait, bricolait, savait donner vie à tout ce qu’il touchait m’a sûrement influencée. 
Déjà, à la maternelle, j’adorais les activités manuelles.

Un style plutôt organique ?
Après  mon  bac,  j’ai  intégré  une  fac  à  Montpellier  pour  une licence en arts plastiques, mais le système d’apprentissage ne m’a pas satisfaite. L’année d’après, je décide de partir à la Réunion pour m’inscrire à l’École supérieure des beaux-arts. J’ai été prise, mais les aléas de la vie m’ont redirigée vers un service civique. En 2018, je suis rentrée à Mada où, de fil en aiguille, j’ai investi la scène artistique. Bref, j’ai surtout appris en autodidacte et par les rencontres sur mon chemin.

Vous vous définissez comme artiste organique, c’est-à-dire ?
J’ai longtemps eu du mal à décrire mon style étant donné que je suis un peu touche-à-tout et que j’explore en permanence. C’est un ami qui m’a qualifié  d’« organique »  et  ça me paraît très approprié. Tantôt abstrait, tantôt figuratif, entre les deux, c’est davantage vers la recherche de formes, de couleurs, de mouvements et de textures que je me tourne. Dans les couleurs, c’est une question de période et de contrastes. Tout ce qui tourne autour de la nature nourrit ma vision ainsi que l’art africain, une influence qui me vient de mon père. Mon style est plus organique, intuitif et expérimental. Être une femme, être métisse, l’environnement qui m’entoure, mes joies et mes peines, tout cela nourrit mon travail.

Votre première exposition portait sur la schizophrénie…
Avec  Schizophréni’art en octobre 2020, au Craam à Ankatso,  je  voulais  passer  un  cap  libérateur.  Briser  un tabou et sensibiliser les esprits dans un pays où les maladies mentales sont encore diabolisées. Ma mère souffre de schizophrénie et j’ai rencontré d’autres personnes atteintes de cette pathologie. Cela a changé ma vision des choses. J’ai longtemps voulu en parler. J’avais ce besoin d’extérioriser cette partie de mon vécu.

Une artiste engagée ?
Humain où vas-tu ?, présentée à l’Alliance française à Andavamamba en mars 2021, était une exposition collective, avec quatre artistes sensibles au recyclage. L’idée était de représenter la société de surconsommation, uniquement à travers des matériaux de récupération. Mes prochaines expositions seront de la même veine, mais davantage branchées nature.


Propos recueillis par Aina Zo Raberanto

Force sensible
Aquarelle et fusain sur papier.
21 x 29,7 cm
L’énigmatique
Acrylique et pastels à l’huile sur toile.
70 x 40 cm
Moments de calme ici et ailleurs
Extraits de photographies mobiles.
Les murmures de l’eau
Acrylique et pastels à l’huile sur papier.
21 x 29,7 cm
Laisser un commentaire
no comment
no comment - Evénement : Vide-Grenier by ViD'EO séduit le public

Lire

5 octobre 2026

Evénement : Vide-Grenier by ViD'EO séduit le public

Nirina Poiron, co-fondatrice de ViD'EO — plateforme malgache de vente et d'achat d'articles de seconde main entre particuliers, inspirée du modèle Vin...

Edito
no comment - Naturellement intelligents

Lire le magazine

Naturellement intelligents

Ce mois d'octobre, pendant que certains débattent encore de savoir si l'IA va « prendre leur travail », des lycéens malgaches de 13 à 17 ans sont à Séoul pour le First Global Challenge, prêts à en découdre avec les meilleurs cerveaux robotiques de 190 pays. En novembre, la Team CERISE de l'Ecole Nationale Informatique de Fianarantsoa reprend l'avion pour le Robotex International, catégorie Lego Sumo 3kg open — des sumos en lego, précision utile, même si le principe reste le même que l'original japonais. Et pendant ce temps, nos geeks locaux s'attaquent à des IA from scratch, c'est-à-dire construites de zéro, sans filet, sans modèle préfabriqué. Même les mpanandro — nos astrologues traditionnels gardiens du Fanandroana depuis des siècles — ont désormais un interlocuteur numérique avec OANA, une application qui veut rendre l'astrologie malgache accessible à tous sans déposséder les maîtres du calendrier. On appellera ça la modernité avec respect des anciens. Ou de l'audace bien élevée.Mais voilà — et c'est là que le professeur en nous reprend la parole — une machine qui pense vite ne pense pas forcément juste. L'IA est un marteau formidable, à condition de ne pas s'en servir pour planter des vis. Elle assiste, amplifie, accélère — elle ne remplace pas le jugement, la nuance, ni cette petite chose qu'on appelle l'expérience. Confier son devoir, son diagnostic ou sa stratégie d'entreprise à un algorithme sans en vérifier la cohérence, c'est un peu comme demander à un GPS de choisir votre métier. Nos jeunes qui construisent leurs robots et leurs IA de zéro l'ont compris avant beaucoup d'adultes — la vraie intelligence artificielle commence par une vraie intelligence naturelle.

No comment Tv

Interview - Ravo Raboanarison - Août 2026 - NC 199

Découvrez Ravo Raboanarison, violoniste, dans le no comment® NC 200 – septembre 2026
La scène du classique et du jazz connaît Ravo Raboanarison — notamment pour avoir tenu le premier violon au sein du Quatuor & Squad. Mais depuis quelques temps, cet archet-là ne se laisse plus enfermer dans un seul registre. Vingt-trois ans de pratique, et une conviction qui s'est imposée progressivement : le violon peut aller bien au-delà du classique.

Focus

Salon de l'auto 2026

Salon de l'auto 2026 au CCI Ivato

no comment - Salon de l'auto 2026

Voir