Marie Malvasio : Artiste organique
3 octobre 2022 // Arts Plastiques // 4878 vues // Nc : 153

Connue sous le nom de norma, Marie Malvasio définit son style comme « intuitif et expérimental ». Folie, société du gâchis, art africain, métissage, ses thèmes de prédilection sont puisés au plus profond de son vécu.

La peinture comme thérapie ?
Le fait d’avoir été enfant unique et en plus extrêmement timide, a fait que j’ai appris à m’occuper dans ma petite bulle fantastique.
En même temps, avoir un père qui peignait, bricolait, savait donner vie à tout ce qu’il touchait m’a sûrement influencée. 
Déjà, à la maternelle, j’adorais les activités manuelles.

Un style plutôt organique ?
Après  mon  bac,  j’ai  intégré  une  fac  à  Montpellier  pour  une licence en arts plastiques, mais le système d’apprentissage ne m’a pas satisfaite. L’année d’après, je décide de partir à la Réunion pour m’inscrire à l’École supérieure des beaux-arts. J’ai été prise, mais les aléas de la vie m’ont redirigée vers un service civique. En 2018, je suis rentrée à Mada où, de fil en aiguille, j’ai investi la scène artistique. Bref, j’ai surtout appris en autodidacte et par les rencontres sur mon chemin.

Vous vous définissez comme artiste organique, c’est-à-dire ?
J’ai longtemps eu du mal à décrire mon style étant donné que je suis un peu touche-à-tout et que j’explore en permanence. C’est un ami qui m’a qualifié  d’« organique »  et  ça me paraît très approprié. Tantôt abstrait, tantôt figuratif, entre les deux, c’est davantage vers la recherche de formes, de couleurs, de mouvements et de textures que je me tourne. Dans les couleurs, c’est une question de période et de contrastes. Tout ce qui tourne autour de la nature nourrit ma vision ainsi que l’art africain, une influence qui me vient de mon père. Mon style est plus organique, intuitif et expérimental. Être une femme, être métisse, l’environnement qui m’entoure, mes joies et mes peines, tout cela nourrit mon travail.

Votre première exposition portait sur la schizophrénie…
Avec  Schizophréni’art en octobre 2020, au Craam à Ankatso,  je  voulais  passer  un  cap  libérateur.  Briser  un tabou et sensibiliser les esprits dans un pays où les maladies mentales sont encore diabolisées. Ma mère souffre de schizophrénie et j’ai rencontré d’autres personnes atteintes de cette pathologie. Cela a changé ma vision des choses. J’ai longtemps voulu en parler. J’avais ce besoin d’extérioriser cette partie de mon vécu.

Une artiste engagée ?
Humain où vas-tu ?, présentée à l’Alliance française à Andavamamba en mars 2021, était une exposition collective, avec quatre artistes sensibles au recyclage. L’idée était de représenter la société de surconsommation, uniquement à travers des matériaux de récupération. Mes prochaines expositions seront de la même veine, mais davantage branchées nature.


Propos recueillis par Aina Zo Raberanto

Force sensible
Aquarelle et fusain sur papier.
21 x 29,7 cm
L’énigmatique
Acrylique et pastels à l’huile sur toile.
70 x 40 cm
Moments de calme ici et ailleurs
Extraits de photographies mobiles.
Les murmures de l’eau
Acrylique et pastels à l’huile sur papier.
21 x 29,7 cm
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Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

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Prise de vue : Ambatobe Résidence 
Collaborations : Kostami - Tanossi – Via Milano mg – HAYA Madagascar - Akomba Garment MG
Make up : Réalisé par Samchia
Modèles : Addie, Kenny, Mitia, Natacha, Onitiana, Manoa, Santien, Mampionona
Photos : Andriamparany Ranaivozanany

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