Koloina Sandrinah : Sans artifice
4 mai 2026 // Musique // 5349 vues // Nc : 196

Elle n'a pas eu besoin de grand-chose. Une guitare, une voix, et ce silence particulier qui s'installe quand quelqu'un chante vraiment. Le 15 mars 2026, à Saint-Witz, Koloina Sandrinah a remporté le Voices & Show – Singing Competition 2026. Madagascar, une fois de plus, s'est fait entendre là où on ne l'attendait pas forcément.

Une victoire haut la main. Dans un concours où chaque artiste dispose de quelques minutes pour convaincre un jury rodé aux effets de manche, Koloina a choisi la simplicité. « Juste guitare-voix, sans artifice », dit-elle. Et c'est précisément ça qui a fait la différence — cette nudité artistique que peu osent, et que moins encore maîtrisent. Et pourtant, son histoire d’amour avec la musique commence timidement dans l’air du quartier d’Ambohibao, Antananarivo. « Je vivais déjà la musique partout… dans la rue, sur scène, en studio, même dans les moments les plus simples », confie-t-elle. Sa mère dit qu'elle chantait déjà dans le ventre. L'anecdote fait sourire, mais elle dit quelque chose de vrai : chez Koloina, la musique ne s'apprend pas.

Les années passent, les scènes changent. Institutions, églises, écoles — puis plus grand. Koloina grandit aux côtés de Mahaleo, d'Erick Manana, du Palais des Sports Mahamasina au Casino de Paris. Des compagnonnages qui forment, sans formater. Son univers musical reste résolument libre. Folk malgache, jazz, rock, pop — tout se mélange, sans hiérarchie. « La musique, c'est comme une salade de fruits. C'est le mélange des saveurs qui crée quelque chose de beau », dit-elle, philosophe. Le soir de la finale, en coulisses, pas de panique. « J'étais concentrée, déterminée, et surtout curieuse de voir ce que ça allait donner », raconte Koloina, comme pour dire que le calme est sa marque de fabrique. Sur scène, elle suspend le temps, sous les yeux d’un public ébahi.

La victoire, elle la reçoit avec la même sobriété. « C'est une belle occasion de partager mon talent et d'ouvrir de nouvelles perspectives », avait-elle dit. Représenter Madagascar à l'international — après tant d'autres qui ont tracé ce chemin, elle en mesure le poids. « C'est une immense fierté… peut-être un peu de pression aussi, mais une pression positive », confie-t-elle. Installée en France, elle écrit, compose, accumule les titres : Dada tiako, Dépasser ma limite, Ny taniko. Une discographie est en cours de construction.

Lucas Rahajaniaina

Contact facebook : Koloina Sandrinah
Photos : Koloina Sandrinah

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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