Sanni Miarantsoa : Hiragasy new school
11 janvier 2026 // Musique // 30 vues // Nc : 192

On ne l’avait pas vue venir. Une simple vidéo amateur, un chant lancé à pleine âme, et Sanni Miarantsoa s’est retrouvée propulsée des terres rouges d’Andohavary jusqu’aux fils d’actualité de tout le pays. À 20 ans, elle redonne au hiragasy une jeunesse inattendue — et rappelle que certaines traditions n’ont besoin que d’une voix juste pour renaître.

Il y a encore moins d’un an, elle était une illustre inconnue. Puis, un matin, une vidéo postée sur Facebook, mal cadrée mais vibrante, l’a propulsée sous les projecteurs et au cœur des conversations. Il s’agit de Sanni Miarantsoa, de son vrai nom Sahondranirina Mirielle. Une jeune chanteuse de la troupe Rasamoelson Andohavary, 20 ans à peine, fait du hiragasy. Dans cette vidéo, elle ne chante pas, elle habite littéralement la scène. « Je viens de la campagne, le hiragasy fait partie du quotidien ici. C’est un héritage », glisse-t-elle simplement, comme si cette maîtrise quasi instinctive n’était qu’une évidence familiale. En effet, Sanni a grandi dans ce terreau-là : les kabary du dimanche, les répétitions avant les fêtes, les récits que l’on apprend avant même de savoir les expliquer. « Le hiragasy s’inscrit dans une continuité familiale. Je veux le continuer parce que j’aime vraiment ça », ajoute la jeune qui ne s’attendait guère à devenir aussi connue. Cette reconnaissance lui donne de l’assurance, et aussi et surtout une responsabilité nouvelle : celle de porter quelque chose de plus grand qu’elle.

Le contraste, chez elle, est saisissant. Sur scène : les longues robes, les étoffes éclatantes, la démarche codifiée des mpihiragasy. Dans la vie, on la voit en t-shirt large, bermuda, snapback vissé sur la tête, baskets aux pieds. Une gamine des années 2020 qui scrolle TikTok comme tout le monde et qui, pourtant, chante un art vieux de plusieurs siècles. « Chaque fois que je chante, j’ai envie de chercher quelque chose de meilleur », dit-elle, avec ce sérieux inattendu chez quelqu’un qui s’habille si décontracté. La jeune génération court vers le RnB, le trap… Mais pas elle. Elle regarde tout cela sans mépris, avec curiosité même. « Il y aura peut-être des mélanges un jour… Tant que ça ne s’éloigne pas des bases », affirme-t-elle. En gardienne, Sanni martèle que le hiragasy n’est pas qu’un genre : c’est une fonction. « Certes, c’est mon métier, mon gagne-pain. Mais il y a aussi un devoir de transmettre, raconter etréserver. Chaque kabary, chaque danse porte un message », rappelle-t-elle avec un sérieux presque adulte.

Lucas Rahajaniaina

Facebook : Sanni Miarantsoa

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Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

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