Hery Kabôsy : Une énergie particulière
2 novembre 2021 // Musique // 12655 vues // Nc : 142

« Il y a quelque chose de magique dans le kabôsy », affirme Hery Kabôsy qui en a fait son patronyme et son instrument de prédilection. Bien qu’il soit multi-instrumentiste, c’est cette guitare rustique typiquement malgache qui lui permet de mieux valoriser son identité.

Hery Kabôsy est le « sideman » (accompagnateur) de beaucoup d’artistes malgaches notamment Lego avec lequel il est parti un peu partout dans le monde, en Allemagne, en France, en Côte d’Ivoire au hasard des festivals et qu’il accompagne aussi sur ses albums. « Je suis également parti à La Réunion avec Bakomanga en 2016 pour la Fête de la musique. Toutes ces collaborations sont extrêmement enrichissantes mais il fallait que je propose aussi ma propre musique. » Depuis dix ans, il a son propre groupe composé de Hery Tuba à la guitare basse, Tiana, à la batterie, Ndaty aux percussions et second batteur, Tel à la trompette et Fenitra au trombone. « Une véritable osmose s’est installée entre nous, un esprit de famille, par exemple nous habitons tous la Haute-Ville.  Hery Kabôsy est comme un grand frère pour nous, il nous a transmis la passion de la musique », confie Hery Tuba.

Ensemble, ils proposent une musique éclectique mais toujours centrée sur le kabôsy comme instrument principal. Ils peuvent jouer du blues et du rock mais les rythmes traditionnels malgaches ne sont jamais loin comme le salegy, le tsapiky ou encore le vaky sôva, les chants polyphoniques des Hautes Terres, accompagnés de claquements de mains. « C’est à 13 ans que je suis monté sur scène pour la première fois, avec un kabôsy. Cet instrument dégage une énergie particulière. J’étais dans un orchestre qui s’appelait The Panthers, du côté d’Antohomadinika. À l’époque, nous ne faisions que des interprétations. À force de jouer, je suis tombé amoureux de cet instrument.  Quant au virus de la musique, il me vient sûrement de mon père qui était le chef de musique du gouvernement », raconte Hery Kabôsy.

Il privilégie le kabôsy chromatique qui lui permet d’obtenir un plus grand choix d’accords contrairement au kabôsy diatonique. « Le kabôsy se décline sous plusieurs formes et modèles, selon les régions. Cela m’oblige à faire beaucoup de recherches car il faut expérimenter toutes les façons d’en jouer. Sur le titre Rangitra, je joue comme si je griffais les cordes au lieu de les frapper comme le font plusieurs musiciens, ainsi le son est plus aigu. » Dans leurs chansons, les visées pédagogiques ne sont jamais absentes comme sur Mpisolovava qui veut sensibiliser les jeunes filles contre le tourisme sexuel. « On ne le répètera pas assez, le rôle d’un artiste c’est d’éduquer la population, surtout dans un pays comme le nôtre. »

L’un des secrets du groupe, c’est aussi sa polyvalence. Chaque membre est multi-instrumentiste et excelle surtout dans les instruments à vent. « Chacun d’entre nous peut jouer tous les instruments. C’est pour cela qu’on adore jouer en live. Il y a l’authenticité du son, le dynamisme et cette cohésion avec le public. Cela nous a manqué durant ces deux dernières années. » Pour leurs prochains concerts, la formation prépare une formule spéciale où tous les six jouerons uniquement du kabôsy…


Aina Zo Raberanto

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Mazavaloha : Eclats d’âmes

Lire

1 avril 2026

Mazavaloha : Eclats d’âmes

À Ampasanimalo, l’exposition Mazavaloha réunit trois trajectoires qui se croisent depuis plus de vingt ans et qui, aujourd’hui, s’éclairent mutuelleme...

Edito
no comment - Notre janvier à nous

Lire le magazine

Notre janvier à nous

Il y a quelque chose d'assez beau dans l'idée de commencer l'année en mars. Quand le reste du monde a déjà oublié ses résolutions de janvier, nous, nous prenons le temps — celui du calendrier lunaire, celui des ancêtres. Ce n'est pas du retard. C'est une autre façon de mesurer le temps.
Cette année, quelque chose a changé. Ou plutôt : quelque chose est en train de revenir. De plus en plus de Malgaches — jeunes surtout, ce qui n'est pas anodin — se retournent vers leurs racines, cherchent à comprendre ce que signifie réellement l'Alahamadibe, posent des questions que leurs parents n'avaient pas forcément posées. Cette prise de conscience mérite qu'on s'y arrête. On ne peut avancer qu'en sachant d'où l'on vient. C'est vrai pour les individus.
C'est vrai pour les peuples. Alors, en ce début d’année en plein mois de mars, permettez-nous de vous adresser nos voeux les plus sincères. Mitomboa hasina — que votre valeur sacrée grandisse. Samia tsara, samia soa — que tous soient en bonne santé, que tous aillent bien. Que cette nouvelle année soit plus lumineuse que la précédente, plus douce, plus féconde. Que ceux qui cherchent leurs racines les trouvent — et qu'ils y puisent, non pas une nostalgie stérile, mais une force tranquille pour aller de l'avant. Taombaovao 2026. Une page blanche. À vous de l'écrire.

No comment Tv

Interview - Oliva de Chris'Art - Mars 2026 - NC 194

Découvrez Oliva de Chris'Art, créatrice artisanale, dans le no comment® NC 194 - mars 2026
Tasses, bocaux, cafetières… Chez Chris'Art, les objets du quotidien deviennent des œuvres à part entière. Sur chaque pièce peinte à la main, des scènes de vie malgaches — entre ville et campagne — racontent l'île au fil des pinceaux.

Focus

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada, le samedi 21 et dimanche 22 février au Tana Water Front

no comment - Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Voir