Zouba K « Mon art, ma bataille »
3 décembre 2021 // Arts Plastiques // 7544 vues // Nc : 143

Il aime sculpter des visages qu’il trouve nobles et beaux, même s’ils sont difficiles à réaliser. « Mettre une âme dans un visage, c’est compliqué, c’est pour cela que beaucoup de sculpteurs ne veulent pas le faire. » Lui s’inspire notamment du Sud-Coréen Seo Young-deok qui réalise des sculptures de corps et des visages à partir de chaînes métalliques. « Je vois mon art comme une bataille, plus c’est difficile techniquement à réaliser plus c’est stimulant. » Au départ, il utilise le fil de fer mais malgré un rendu propre, il estime que c’est trop long à travailler. Pendant deux ans, il cherche une nouvelle technique en travaillant les cannettes et les cartons : le résultat ne l’emballe, cela sent trop l’amateurisme à son goût. Idem lorsqu’il revient au fil de fer en créant des œuvres plus petites donc plus faciles à vendre.

« Un jour, j’étais au plus bas, African House m’a demandé de réaliser un fauteuil en capsules. Dès que j’ai percé la première capsule, j’ai compris que c’était ça mon truc. Issue d’une famille d’artisans, je retrouve dans la capsule le côté technique et disons mathématique que j’aime beaucoup. L’avantage avec la capsule est que je peux créer une sorte de puzzle pour diviser les tâches plus facilement. Par exemple, je crée une pièce A et la personne qui travaille avec moi reproduit la même chose. Il me suffit juste ensuite de faire l’assemblage. »

Bazou s’exprime le plus souvent avec des œuvres gigantesques. Sa plus grande fierté reste sa Statue de la Liberté tout en fil de fer sans soudure de 2,30 mètres de haut. « Je pense avoir réussi à faire une pièce de musée. Je me suis impressionné moi-même ! À deux, pendant quatre mois, nous avons travaillé dessus. Entre-temps, je me suis déboîté l’épaule, j’ai fait pleins d’erreurs mais j’ai continué. Cette sculpture m’a fait pleurer de joie. » Malgré tout, la vie d’artiste n’est pas facile, il faut vivre au jour le jour. « C’est un choix de vie, ou la liberté ou la sécurité. J’ai choisi la liberté pour réaliser mon rêve, mais il faut toujours innover, ne jamais s’arrêter en chemin, se laisser aller à des facilités. » En janvier 2022, il organisera une tombola à La Teinturerie Ampasanimalo dont le premier prix sera un visage en capsules, le second, un buste et le troisième, des triangles emboîtés. « Mon art appartient à tout le monde », plaide-t-il.


Aina Zo Raberanto

Visage Capsule 2
126 / 85 / 60 cm
Fils de fer, capsules (2154)
Le nouveau monde
230 / 160 110 cm
Fil de fer, tôle
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Fin de saison

Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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