Ramia : (Re) composer avec la culture malgache
13 octobre 2024 // Arts Plastiques // 6150 vues // Nc : 177

Comment évoquer la culture malgache au milieu des dynamiques qui la tiraillent ? L’artiste plasticien Ramia y travaille avec de l’acrylique sur toile. À l’image de son tableau sans-titre qui fait la couverture du no comment® de ce mois d’octobre, son corpus d’œuvres raconte les dualités autour et à l’intérieur de cette culture à préserver.

Faire l’expérience d’un de ses tableaux, c’est retrouver une horde d’éléments disparates, des associations peu communes. Le tableau réconcilie les influences infographiques jusqu’au hainteny (poème court), en passant par la représentation figurative de personnages et les éléments plus abstraits. L’artiste explique cette bigarrure comme l’addition des différents pas sur son propre parcours. Après s’être formé à l’Ecole des Arts Décoratifs à Nice, Ramia a travaillé dans des agences de communication, une maison d’édition, avant de reprendre la peinture en pleine crise du Covid-19.
Suite à cette trajectoire entre Madagascar, la Réunion et la France, il décide de conjuguer ses acquis autour de la culture malgache. « À la Réunion, j’étais frustré de voir qu’on faisait passer des produits malgaches pour des produits réunionnais, et ceux qui viennent de l’extérieur ne savent pas. Il n’y a pas beaucoup d’éléments visibles de la culture malgache, à part les bas-reliefs zafimaniry et autres, ça reste surtout du décoratif. Je suis donc dans une démarche où je m’accroche à cette idée de préserver et d’approfondir la culture malgache ».

Alors, que disent ces tableaux de cette culture-là ? Son oralité d’abord, traduite par des caractères semi-scripturaux qui ne se prêtent pas à la lecture, à quelques exceptions. « C’est comme être dans une foule où on perçoit des sons, alors on se rend compte dans quel pays on est. Ce sont des murmures dont on n’arrive pas à comprendre les bouts, on capte juste qu’il y a du malgache, et ça m’intéresse ».

À part l’oralité, les tableaux dépeignent aussi les différentes forces qui modèlent la culture malgache: le temps et son usure, le récit eurocentré dans l’Histoire de l’art.

Petite fille brindille
Acrylique sur toile

« Ce qui me plaît beaucoup c’est ce qui a vécu. Pour que ça se voit sur la toile, je joue avec les matières. Je travaille très peu au pinceau, je travaille avec les mains, les empreintes ». Cette idée ne se voit donc pas seulement dans le rendu du travail, mais au cours du travail même. « Laisser des traces, c’est une forme d’obsession. Je joue sur les formes qui apparaissent et disparaissent. J’aime bien quand on se pose des questions devant quelque chose : est-elle en train d’apparaître ou de disparaître ? Je trouve que ça colle tout à fait avec la culture malgache, entre ce qui reste, ce qu’on essaie de préserver, l’alerte de la sirène. Il ne faut oublier le côté malgache car on en a besoin ».

Et bien sûr, qu’est-ce que la culture malgache sans les Malgaches ? Les personnages font partie des éléments essentiels sur les tableaux. La jeune femme sur l’œuvre en couverture du magazine a interpellé le peintre par sa fierté et son indépendance. Peut-on lire en elle une invitation à l’attitude que nous devrions avoir envers notre culture ?

Mpihary Razafindrabezandrina

ramia.madartiste@gmail.com

Acrylique sur toile

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
Et là, désolé pour les commerçants, aucune carte bancaire ne fait l’affaire.

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