Finoana Ratovo : « Tout part d’une réflexion et d’un raisonnement »
16 février 2025 // Arts Plastiques // 7844 vues // Nc : 181

Reconnue pour ses sculptures en fer étant issue d’une famille d’artisans ferronniers, Finoana Ratovo Andretseheno s’essaye depuis peu à la peinture. Un rêve qu’elle touche du bout des doigts et qu’elle explore à travers différentes techniques. La jeune artiste signe ainsi la couverture du no comment® magazine de ce mois de février.

« Partageons le monde » ?
Cette couverture du magazine s’intitule « Partageons le monde » sur le thème de l’ODD 10 (Objectif de Développement Durable) sur la réduction de l’inégalité. Pour moi, cela commence par le respect mutuel à travers des carrés de diverses couleurs et de textures qui représentent un foyer, une communauté, une société voire un pays. Chaque carré est espacé d’une distance égale, et c’est cette distance-là qui signifie le respect. Cette œuvre a été réalisée dans le cadre de SDGs Through Art, un collectif de 17 artistes malgaches sous l’initiative de ZeeArts fondée par Zaahirah Muthy.

De la sculpture en fer à la peinture ?
Peindre a toujours été mon rêve, mais j’ai commencé très tard. J’ai d’abord débuté avec le fer parce que c’est la matière qui était à ma disposition, devenu ma matière de prédilection. Mais peindre c’est une manière d’appuyer mes réflexions, les sujets que je traite.

Maintenant, je trouve une sensation quand je peins, que j’ai envie d’explorer un peu plus. Les sujets que je traite se retrouvent dans la peinture, la sculpture et les installations notamment l’être humain, ce qui est invisible, les liens sociaux, les impacts de ces liens…

Frontières, 2022, Photographie
Des larmes qui se tissent,
Acrylique sur toile, 2024,
100 cm x 100 cm
The Wall, sculpture en métal
et fer par assemblage, 2024,
104 cm x 88 cm x 5 cm

Ta démarche ?
Je peins beaucoup de traits, de formes géométriques, une résonnance de la matière, l’interaction de la nature et surtout des réflexions sur la logique. Je m’appuie moins sur l’intuitivité, je réfléchie toujours avant de réaliser des projets. Même si au final, cela a l’air aléatoire, tout part d’une réflexion et d’un raisonnement. Par exemple, dans mon exposition « L’invitation au temps » à la Fondation H à Ambatomena en novembre dernier, j’ai combiné la peinture et la sculpture, une grande première pour moi. Des œuvres qui parlent du temps, de la société, de la justice sociale… Les peintures sont comme un focus sur la sculpture pour appuyer le sujet. C’est un nouveau départ pour moi dans la peinture, ce qui m’a permis d’explorer d’autres techniques. Quant aux couleurs, j’utilise des couleurs primaires notamment le bleu qui représente la liberté, l’infini… Je pars aussi de la simplicité que j’adouci avec le blanc pour apporter de l’harmonie, de la joie, du réconfort même si j’aborde des thèmes assez difficiles.

Propos recueillis par Aina Zo Raberanto

FB : Ratovo Finoana Andretseheno

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Golden Rose : La beauté à la turque charme Tana

Lire

26 août 2026

Golden Rose : La beauté à la turque charme Tana

La cosmétique turque a trouvé son ambassadrice à Madagascar. Golden Rose Style and Beauty vient de rouvrir dans un espace repensé, plus vaste et plus...

Edito
no comment - Tout feu, tout jeune

Lire le magazine

Tout feu, tout jeune

Le 12 août, on célèbre la Journée mondiale de la jeunesse. À Madagascar, cette journée a de quoi occuper un stade entier — les moins de 25 ans représentent plus de 60% de la population. Autrement dit, les jeunes ne sont pas l'avenir de Madagascar. Ils sont déjà le présent, et ils ont l'air pressés. Dans l'entrepreneuriat, ils sont de plus en plus nombreux à se lancer, à créer, à risquer — souvent sans filet, souvent sans aide, mais toujours avec cette énergie un peu folle qui fait qu'on se demande s'ils dorment vraiment la nuit. En culture, les nouvelles sont encore meilleures. Aina Rasamoelina vient de décrocher le Prix RFI Instrumental Afrique. Miangaly Elia rafle le Prix Paritana 2026. Madagascar rayonne, et ce sont des mains jeunes qui tiennent la torche. Alors oui, on pourrait s'arrêter là, applaudir et rentrer chez soi satisfait. Mais ce serait passer à côté d'une chose essentielle. La fougue, ça brûle fort — et parfois, ça brûle vite. Une flamme sans direction peut éclairer autant qu'elle peut consumer. C'est là que les aînés entrent en scène — pas pour reprendre le gouvernail, mais pour montrer où sont les récifs. Les jeunes ont la force, les vieux ont l'expérience, comme on dit. Ce n'est pas un combat de générations — c'est une question d'équipage. Partagez vos réussites, mais aussi vos échecs. Surtout vos échecs, d'ailleurs — ils enseignent mieux que n'importe quel manuel. À Madagascar, la barque avance. Il faut juste s'assurer que tout le monde rame dans le même sens.

No comment Tv

Interview - L’Architecture du Goût - Août 2026 - NC 199

Découvrez L’Architecture du Goût, dans le no comment® NC 199 – août 2026.
À Antananarivo, deux univers créatifs se sont rencontrés autour d'une question simple : et si l'objet qui accompagne le repas transformait l'expérience même du goût ? L'Architecture du Goût, née de la collaboration entre le Studio ARRA et Kr.Atelier, propose une réponse aussi sensorielle que visuelle. Rencontre avec Ando Ramanantsoa et Kiady Ratovoson, les deux artistes qui redéfinissent l'art de la table.

Focus

Sookany Trophy

Sookany Trophy, du 17 au 19 juillet à Antsiranana

no comment - Sookany Trophy

Voir